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Par Gourmets&co


RestaurantsRestaurantsLes premiers restaurants japonais firent leur apparition à Paris – donc en France – à la fin des années soixante-dix. Timidement ! Aujourd’hui, ils font florès. Mais, très souvent, lorsqu’on parle avec des Japonais, ou avec des Français ayant des affinités avec l’Empire du Soleil Levant, il est patent que la cuisine japonaise au Japon, et celle qu’on qualifie comme telle en France sont très différentes.

Le succès des « Japonais » dans l’hexagone a d’abord été dû au fait que c’est une cuisine diététique, donc qui plaît aux filles soucieuses de leur ligne et aux métrosexuels. Sushi, sashimi, maki – très souvent fabriqués à la chaîne dans des centrales qui les redistribuent aux diverses enseignes – ont donc fleuri à tous les coins de rue. Puis, ces dernières années, quelques chefs audacieux ont revisité les sushis à la manière « fusion food », cette cuisine qui se joue de la géographie et de l’histoire. Sushi et maki se sont alors déclinés selon tous les poncifs du moment : au foie gras, au caviar, au homard, au curry, etc…, tant il est vrai que pour certains chefs, créativité rime parfois avec n’importe quoi. Mais gros succès auprès des « bobos » malgré des prix dopés par ces ajouts incongrus. Seule la rue Sainte-Anne, à Paris, peut s’enorgueillir de quelques « japs » authentiques. Aussi, notre curiosité a été aiguisée quand nous avons appris qu’il existait à Paris un nouveau Japonais… gastronomique. Malheureusement, malgré une bonne volonté et une application évidentes, nous sommes restés sur notre faim.

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D’abord le lieu, qui se veut intimiste et épuré. Certes sobre et élégant, très zen et bien dans la note chic de ce quartier d’affaires le midi, mais excluant la confidentialité des conversations tant les tables sont serrées. Un peu tristounet le soir, quand la lumière plus que tamisée fait plus penser à une veillée qu’à une intimité feutrée, surtout quand la salle est presque vide. Nous avons pris le grand menu dégustation et sommes tombés de Charybde en Scylla. Pour commencer, un
« chawanmushi » (œuf battu cuit à la vapeur et foie gras poêlé) : foie gras pas dénervé entouré d’un magma de blanc d’œuf. Puis un risotto de homard à l’ail navrant : un riz baignant (c’est un euphémisme) dans un bouillon insipide où nageaient des bouts de homard fadasses. Risotto ? Le sashimi qui a suivi était correct, et la feuille d’oba qui l’accompagnait impertinente. Et le « dengaku » (aubergine grillée, sauce miso) original quoique très sucré. Et puis, l’aubergine n’est-elle pas un légume estival ? Quant à la grillade de bœuf, elle a beau provenir de chez Huguenin à Rungis, le même fournisseur qu’Alain Ducasse (nous dit-on), son traitement est tellement anodin qu’on en pleurerait. Le « sunomono » (chair de crabe et radis long à la vinaigrette de riz) qui a suivi était assez rafraîchissant, mais la tempura plus que décevante avec sa pâte épaisse et ses légumes roboratifs. Quant au dessert – des macarons Landemaine – bof !
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Un voyage qui se veut sensoriel, mais qui se révèle bien décevant. Surtout pour le prix considéré (75 € par personne hors boisson). Même la sauce soja maison laisse sceptique. Enfin, si le service est assuré avec beaucoup de charme par la jeune femme du chef, une fois sur deux, on ne comprend pas son chuchotement dans un français très approximatif. Carte des vins sans émotion.
Ouvert très récemment (début 2012), laissons à Bingheng Zhang le temps de prendre ses marques. Ce jeune chef — qui est d’ailleurs chinois, et non japonais — a été formé pendant 6 ans par le chef japonais du restaurant Kai, rue du Louvre. Six ans, ça fait tout de même un bail… Grosse déception. Ne doutons pas néanmoins que cette adresse trouvera son public.

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Yoshi
11, rue Jean Giraudoux – 75116 Paris
Tél. : 01 47 20 48 94
yoshi-paris@hotmail.com
Ouvert du lundi au samedi
Menus : 29 €, 39 €et 75 €.


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