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Lazenby le magnifique

Publié le 16 avril 2012 par Hongkongfoufou

Par Hong Kong Fou-Fou

 

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James Bond n'a jamais été beaucoup évoqué dans Fury Magazine (de mémoire, on n'en a vraiment parlé qu'une seule fois, ici :  http://www.furymagazine.fr/article-33405579.html). Même s'il fait partie de la longue liste de personnages de cinéma, de bouquins, de BD, qui nous font rêver. Trop évident. Tout a déjà été dit sur l'agent 007. Mais une petite nouvelle m'a poussé à en parler aujourd'hui : dans le prochain film de la série, Bond va boire de la bière. De la Heineken. Scandale.

Je n'ai rien contre la bière, ceci dit. L'été, en fin de journée, une petite mousse bien fraîche en surveillant les braises du barbecue, c'est plutôt agréable. Mais Bond, sa boisson, c'est le Martini, pas la bière. Qu'est-ce qu'il va dire au barman ? "A la pression, pas en canette" ? Ca a quand même moins d'allure que "Shaken, not stirred"... Et ce qui m'énerve surtout, c'est que ça soit le placement de produit qui détermine le comportement du plus célèbre des agents secrets. Remarquez, en anglais, "placement de produit" se dit undercover marketing. Ca explique peut-être pourquoi cette pratique est tellement présente dans les James Bond...

Alors certes, le dernier Bond a failli ne jamais voir le jour parce que les studios n'avaient pas les fonds nécessaires. On comprend que les producteurs rechignent à s'assoir sur quelques millions de dollars. C'est vrai aussi que transformer un Bond en spot publicitaire, ce n'est pas nouveau. Mais Rolex Submariner, Aston Martin, Dom Perignon, ça a un petit côté exclusif qui sied à ce personnage hors normes. Si c'est pour lui faire boire, manger ou porter la même chose que vous et moi... C'est la porte ouverte au grand n'importe quoi... Si McDonald file du pognon, on verra dans un prochain Bond le héros en train de faire la queue pour avoir son burger ? Son supérieur hiéarchique ne sera plus appelé M, mais Mc ? Si Nintendo crache au bassinet, Bond va délaisser le casino pour jouer à Super Mario ? Si le groupe Accor y va de son petit chèque, l'abonné aux palaces ira dormir dans un Etap Hôtel ?

Il ne faut quand même pas tout se permettre avec James Bond. Il a déjà été suffisamment malmené par certains des acteurs qui ont été choisis pour l'incarner. Regardez la photo ci-dessus, où figurent les 6 Bond. La moitié n'y a pas sa place. Je me suis amusé à faire mon petit classement. Le plus mauvais, à mon avis, c'est Pierce Brosnan. Son Bond à lui, c'est "La vérité si je mens". Chemise ouverte, nuque longue et BMW. Beurk. Un peu au-dessus, Timothy Dalton. Mmouais, plutôt Averell que Timothy. Je lui trouve l'air niais. Pas un mauvais bougre, mais insignifiant. Pour moi, Bond a une aura, une présence. Quand il rentre dans une pièce, il se passe quelque chose. Les hommes regardent le bout de leurs chaussures, les femmes vérifient leur maquillage. Timothy, lui, quand il va boire un verre, le barman doit passer quinze fois devant lui avant de le remarquer et de lui prendre sa commande.

Roger Moore, ensuite. Que les choses soient claires : j'adore Roger Moore, son Lord Brett Sinclair restera l'un de mes personnages préférés de la TV. Dans "Le Saint", il mérite aussi son auréole. Mais il est trop policé pour incarner Bond. A sa décharge, c'est lui qui s'est farci le personnage dans les films de la fin des 70s/début des 80s. Pas vraiment la meilleure époque en terme de style... Le tenant du titre, Daniel Craig, est plutôt pas mal. Il a remis 007 dans le droit chemin, même si je frémis d'avance à l'idée de le voir boire une bière dans le prochain, Skyfall. Le ciel va nous tomber sur la tête, effectivement... En continuant vers le sommet, on trouve bien sûr Sean Connery. Rien à ajouter, pour 99% de la population, James Bond, c'est lui. Mais, pour moi, le meilleur des Bond, c'est George Lazenby.

Ce playboy australien émigré en Angleterre n'a incarné James Bond qu'une seule fois, dans "Au service secret de Sa Majesté" (1969), que certains critiques considèrent comme le plus mauvais des Bond. Et pourtant, ce film est excellent. Les scènes d'action sont filmées d'une façon brutale et nerveuse qu'on ne retrouvera dans aucun autre film de la série. Bond ne croûle pas sous les bidules technologiques plus ou moins délirants. Le héros du film, c'est lui, et pas une panoplie digne de l'inspecteur Gadget. Les scènes d'antologie se succèdent : la course de voitures sur glace, les poursuites en ski, l'assaut par hélicoptère du Pitz Gloria. Et il y a bien sûr Diana Rigg, en éphémère Mme Bond, et Telly Savalas en Blofeld des neiges.

Je me permets de reproduire ici les quelques lignes consacrées à George Lazenby sur le site http://www.jamesbond-fr.com :

En 1965, il devient non seulement le mannequin masculin le mieux payé d'Angleterre, mais de l'Europe entière. A l'époque des recherches pour un nouveau James Bond, George Lazenby roulait en Aston Martin et gagnait à peu près 40 000 dollars par an.
Quand Sean Connery abandonne le rôle de 007 en 1967, un ami lui propose d'auditionner. L'idée lui plaît, il est grand fan de James Bond. Il se rend chez le tailleur Anthony Sinclair où Sean Connery s'habillait et se fait faire un costume, il achète une Rolex et se fait couper les cheveux façon "Bond". Une fois prêt, il entre dans le bureau du producteur et demande à rencontrer Harry Saltzman pour un entretien sans rendez-vous. Il aurait dit : "Il paraît que vous cherchez James Bond".

Terminons cet hommage mérité par quelques photos du champion du Bond, dont l'une où, accompagné de Michael Caine, il semble participer à un concours de sosies d'un autre George, George Best.

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