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Sebastian FITZEK - Splitter : 6,5/10

Par Eden2010
Sebastian FITZEK - Splitter : 6,5/10

Sebastian FITZEK – Splitter : 6,5/10

(pas encore disponible en VF)

« Splitter » (littéralement : écharde) est, encore une fois, une magnifique œuvre psychologique de l’auteur qui devient l’un de mes chouchous du livre suspense. Il rejoint clairement les plus grands auteurs, américains ou autres, grâce à la finesse de son écriture mais surtout de la construction de ses intrigues, qui ne me lasseront pas de sitôt !

Oui, j’ai donné une note un peu plus basse qu’on pourrait s’y attendre mais je m’en expliquerai.

Le fait est que c’est un roman au suspense haletant, avec des situations terribles, on ne peut faire autrement que tourner les pages pour savoir, comprendre !!!

Alors, de quoi parle « Splitter » ?

Marc Lucas vient d’être frappé par un drame personnel terrible : il a perdu sa femme enceinte dans un accident de la circulation et il ne parvient pas à se remettre de cette perte. Lui-même s’en est tiré sans blessure grave, ce qui rend peut-être la chose encore plus difficile à supporter.

Il tombe alors sur un article qui attire son œil : « apprendre à oublier ». Une clinique privée cherche des volontaires pour un projet dans lequel on efface les mauvais souvenirs de leur mémoire. Ainsi Marc pourrait oublier et recommencer une nouvelle vie …

Il se rend dès lors dans ladite clinique, répond à quelques questions, mais décide finalement de ne pas donner suite.

Or, en sortant, sa vie a basculé : lorsqu’il rentre chez lui, sa clé n’entre plus dans la serrure, mais quelqu’un lui ouvre de l’intérieur … Sandra, son épouse décédée ! Qui ne le reconnaît pas ! Qui lui ferme la porte devant son nez !

Il sort, tente de téléphoner mais son portable est vide de tout numéro. Il s’arrête pour acheter des médicaments, mais ses cartes de crédit ne marchent plus. Il se rend sur son lieu de travail, mais on ne l’y connaît pas. Il appelle son propre portable, pour voir, et quelqu’un d’autre répond avec son propre nom à lui !

On lui a volé sa vie ! Ou alors on lui a fait quelque chose dans cette clinique privée ? Mais quand ?

De pas en pas, la vie de Marc s’effrite, disparaît, pour réapparaitre tout d’un coup, juste pour se dissoudre à nouveau.

Dès qu’il pense avoir une certitude, qu’il croit comprendre, tout s’écroule de nouveau dans le néant.

Alors, que se passe-t-il ? Est-ce sa mémoire ? Un complot ? Mais alors, pourquoi ? Sa vie est devenu un circuit de montagnes russes, sauf qu’il ne peut s’en amuser puisque c’est loin d’être un jeu - et qu'il ne peut pas arrêter.

Un roman haletant !

Quand on ne peut plus se fier à sa propre mémoire, ses propres souvenirs, ses propres perceptions, c’est là que cela devient terrifiant – et c’est toujours ici que nous amène Sebastian Fitzek. « Splitter » ne fait pas exception à la règle !

Marc est totalement perdu dans le labyrinthe de sa mémoire, de son vécu, de sa réalité ; dès qu’il suit une piste pour retrouver sa vie, tout disparaît devant ses yeux, il faut recommencer à zéro, alors même que ses forces diminuent et qu’il croit devenir fou – ou l’être déjà.

Un mystère parfaitement pensé, comme toujours. Et encore une fois, nous nous plongeons dans la tête du personnage central, nous nous interrogeons sur ce qui est hallucination, sur ce qui est vrai, sur ce qui est souvenir et ce qui est rêve.

J’adore ! J’adore ! J’adore !

L’intrigue vaut certainement un « 8,5 »  (si ce n’est plus).

Mais alors, pourquoi n’ai-je donné « que » 6,5 ?

Je l’admets, je suis sévère avec les auteurs que j’adore. Toujours un peu plus qu’avec ceux qui me sont inconnus ou indifférents. Et Sebastian Fitzek en fait peut-être les frais, mais il faut admettre que la réalisation de son livre connaît quelques longueurs.

Par moments, quelques lignes sont presque ennuyeuses, généralement lorsque l’auteur tente de nous faire connaître le passé d’un personnage secondaire en nous parlant d’eux, de leur vécu, en quelques phrases. C’est amené sans vie et nous ne nous y intéressons guère. Oui, ce ne sont toujours que quelques lignes, jamais plus d’une page, mais bon. Peut-être l’effort de faire de la « littérature » ne convient-il pas à S. Fitzek ? Je ne sais pas trop. Mais cela n’allait pas, tout simplement. Autant ne pas le faire, c’est mieux.

De même, la façon de lier les histoires de Marc et celle de son frère Benny, je l’ai trouvée un peu maladroite. On sait dès le début qu’à un moment, nécessairement, tout se croisera, mais le côté « Benny » de l’histoire était tout simplement « trop ».

Puis nous avons, encore une fois, une scène de torture violente, une seule, mais elle est effectivement violente (et nous révèle un peu plus l’obsession de l’auteur, celle des yeux, qu’on retrouvera dans d’autres livres). Je n’ai rien contre la violence - j’en ai lu d’autres - mais certains lecteurs peuvent être choqués et même interrompre leur lecture, ce qui serait dommage, d’autant plus que ce n’est qu’une seule et unique scène.

L’angoisse des romans de S. Fitzek est purement psychologique, la violence physique n’est donc, du moins à mon sens, rien d'autre que superflue. Du moins dans ce roman-ci.

En fait, ce que je n’ai pas aimé dans ce roman est presque insaisissable. Un manque de fluidité, quelques petits cailloux sur la route, difficile à le préciser mais par moments cela ralentissait sans qu’on n’aperçoive l’obstacle.

Quoi qu’il en soit, « Splitter » reste un EXCELLENT roman suspense, et je ne manquerai aucun des romans de cet auteur qui est sur le point de devenir l’un de mes préférés, et je n’ai pas encore lu tous ses livres !

Je conseille donc malgré tout vivement ce roman, car ma critique est un peu sévère, plus basée sur mon ressenti personnel que sur la réalisation du roman lui-même. Après « Thérapie » et « Le Briseur d’Âmes », il est vrai, j’attends l’excellence de cet auteur et tout ce qui n’y touche pas, je ne l’accepte pas ….

Quelques points positifs que je souhaite mentionner en passant :

J’aime beaucoup la façon qu’à Sebastian Fitzek de faire réapparaître les personnages de ses autres romans, ou de faire allusion à d’autres romans.

Ainsi croisons-nous ici Niclas Haberland, rencontré dans « Le Briseur d’Âmes » et même son chien Tarzan. Un article dans la presse parle d’un criminel qui enlève des enfants, surnommé le « collectionneur d’yeux » (allusion à un autre roman de l’auteur encore inédit en français au jour de la rédaction de ce commentaire, dont le titre allemand est « der Augensammler»).

A aucun moment il n’est nécessaire d’avoir lu les autres romans de l’auteur (sauf peut-être pour le tout dernier roman sorti en Allemand, « Der Augenjäger »), ce sont simplement des clins d’œil sympathiques.

Et bien sûr, cette immersion dans le cerveau humain, c’est vraiment systématiquement angoissant – car si on ne peut plus se fier à soi-même, tout devient inquiétant !!!

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