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La valse aux adieux

Par Irreguliere

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La jalousie possède l'étonnant pouvoir d'éclairer l'être unique d'intenses rayons et de maintenir la multitude des autres hommes dans une totale obscurité. La pensée de Mme Klima ne pouvait suivre une autre direction que celle de ces rayons douloureux, et son mari était devenu le seul homme de l'univers.

Dimanche, je vous proposais d'écouter Philippe Delaroche parler lumineusement de L'Insoutenable légèreté de l'être, dont je vous parlais moi-même il y a un an tout juste. Depuis, il y avait sur ma PAL cet autre roman de Kundera, mais j'attendais pour le lire de sentir que le moment était venu pour moi. Un peu comme quand on attend pour ouvrir un cadeau...

Dans une ville d'eau à quelque distance de Prague, plusieurs personnages vont se croiser, se retrouver, se séparer sur une période de cinq journées. Ruzena, une jeune infirmière célibataire qui s'ennuie dans cette ville où les hommes sont peu nombreux, et qui apprend sa grossesse au père présumé qui fut un soir son amant, un musicien célèbre, Klima ; un gynécologue farfelu ; un richissime américain malade du coeur ; la femme du musicien célèbre ; Jakub, qui a enfin obtenu l'autorisation d'émigrer et qui vient dire adieu au gynécologue et à sa pupille, Olga...

Ce roman n'est que mouvement, instabilité et légèreté. Et c'est un merveilleux roman ! Comme Kundera sait admirablement analyser les sentiments humains ! On y retrouve les thèmes qui lui sont chers : l'amour, l'infidélité et la jalousie - l'impossible fidélité du Don Juan qui est pourtant immanquablement ramené vers sa femme après une infidélité, comme mu par un ressort ; la jalousie de l'épouse qui occupe tout son espace mental. L'illusion et la désillusion. L'identité et la recherche de soi. L'oppression politique qui plane toujours comme un vautour. Mais malgré la profondeur, tout cela reste d'une incroyable légèreté, car il y a malgré tout beaucoup d'humour et de gaité. C'est le genre de romans qui redonnent foi dans la vie et réenchantent le monde !

La Valse aux adieux

Milan KUNDERA

Gallimard, 1976/1986 (Folio)


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