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L’argent de poche (pochade enfantine en forme de fable optimiste au Japon)

Par Borokoff

A propos de I wish nos vœux secrets de Kore-Eda Hirokazu ★★★☆☆

I wish nos vœux secrets  de Kore-Eda Hirokazu - Borokoff / Blog de critique cinéma

Au Japon, sur l’île de Kyushu, deux frères dont les parents sont divorcés, vivent séparés. L’aîné, Koichi, vit à Kagoshima, dans le Sud avec sa mère et ses grands-parents, près du volcan Sakurajima tandis que le plus jeune habite chez son père, musicien, dans le Nord de l’île, à Fukuoka. L’implantation d’une ligne de TGV (le fameux Shinkansen) reliant le Sud et le Nord de l’île donne aux deux frères l’idée de se retrouver à mi-chemin entre les deux villes, en espérant un miracle : que leurs parents se remettent ensemble…

Kore-Eda Hirokazu fête cette année ses 50 ans avec un quatorzième long-métrage, dont le titre en français, I wish nos vœux secrets est très mal traduit, le titre original, Kiseki, signifiant « miracle » en japonais.

I wish nos vœux secrets n’est sans doute pas le film le plus abouti ni le plus inspiré d’Hirokazu, mais il confirme son talent pour filmer les drames familiaux en même temps qu’une délicatesse, une capacité rare à observer les sentiments et les réactions chez l’enfant après Nobody knows (2004) et Still walking (2009).

I wish nos vœux secrets  de Kore-Eda Hirokazu - Borokoff / Blog de critique cinéma

Ici, deux enfants aux caractères très différents vivent très mal le divorce de leurs parents mais l’expriment de manière différente. Tous deux rêvent secrètement d’une réconciliation parentale impossible et de revivre heureux comme au temps où toute la famille habitait à Osaka.

L’aîné, Koichi, qui va rentrer au collège, a déjà un caractère et un comportement très adultes. Garçon rondouillard, introverti et taiseux, c’est lui qui semble le plus marqué voire traumatisé par la séparation. Mais si son jeune frère Ryunosuke fait preuve d’un caractère beaucoup plus expansif, naïf et immature et parait bien dans sa peau, c’est parce qu’il porte en réalité un masque pour cacher sa souffrance, comme il le dit lui-même et de manière déconcertante à son père.

Dommage qu’I wish nos vœux secrets dure si longtemps. La dernière demi-heure, où l’action est filmée pratiquement en temps réel, passe péniblement, en raison d’une lenteur de mise en scène qui est certes l’apanage d’Hirokazu, mais dont le côté laborieux frise cette fois l’académisme.

Cela n’enlève rien pourtant aux qualités du film, à sa poésie, à son humour, à sa douce ironie, à la finesse psychologique d’Hirokazu qui sent bien le mal-être de son personnage principal, Koichi, aussi malheureux qu’extrêmement lucide pour son âge. C’est cette gravité adulte qui s’imprime sur le visage de Koichi qu’Hirozaku décrit le mieux.

En contrepoint, les musiques un peu insistantes de Quruli gâchent un peu ce portrait de famille, tantôt mélancolique tantôt optimiste, en lui donnant une tonalité trop enfantine parfois.

Pourtant, on sent quelque chose de très personnel dans I wish nos vœux secrets, quelque chose que le réalisateur aurait vécu lui-même. Sans doute aurait-il dû écourter son film d’une demi-heure et l’alléger d’une musique trop présente. Car ce sont là les défauts qui laissent le spectateur partagé face aux promesses d’Hirozaku et à la confirmation de son grand talent d’étude psychologique chez l’enfant.

http://www.youtube.com/watch?v=Hs_IY4z1PT0

Film japonais de Hirokazu Kore-Eda avec Koki et Oshiro Maeda, Jô Odagiri… (02 h 08)

Scénario de Kore-Eda Hirokazu : 

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Mise en scène :

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Acteurs :

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½
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Dialogues :

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Compositions de Quruli :

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