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Golgota Picnic

Publié le 18 avril 2012 par Belette

Golgota Picnic

Il y a des spectacles dont on n’a rien à dire au premier abord, mais qui reviennent en mémoire, lancinants, et ne lâchent pas le morceau tant qu’on ne les a pas sérieusement déballé sur la table. La métaphore est opportune chez Rodrigo Garcia : dans Golgota Picnic, des figures plus ou moins christiques se baladent sur un champ de pains burger et nous mettent sous le nez notre rapport à la nourriture à travers des images quasi insoutenables. Sexe, bouffe and rockn’roll. Il s’agit d’interroger l’évolution du rapport à Dieu (c’est-à-dire le sien) depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui, et de voir en quoi il a contribué à construire l’individu, et comment, en fin de compte, cet individu se construit aussi et peut-être surtout par le démantèlement de ce rapport. Le spectacle avait alors attiré les foules dites “anti-christianophobes”, et c’est au travers d’un cordon de CRS que l’on accédait au Théâtre du Rond-Point. Étalage d’ignorance zélée s’il en est.

Qu’est-ce qui nous retient là-dedans ? — Le récital de piano. Le spectacle se termine par un concert : Marino Formenti interprète nu les Sept Dernières Paroles du Christ sur la croix de Joseph Haydn. Pendant une demi-heure. Les comédiens regardent, se taisent, écoutent. Et c’est peut-être cela qui est le plus insoutenable. Qu’après le pique-nique aux vers vivants, la guitare sur-saturée, la crucifixion et le parcours des corps dans la boue et le sang, on soit encore obligé d’écouter un récital de piano. La salle d’ailleurs se vide à grande vitesse. Rodrigo Garcia veut-il nous faire digérer toute la nourriture théâtrale que l’on vient d’absorber ? Nous avons d’autant plus envie de vomir. Cet espèce d’appendice musical est peut-être finalement plus obscène que tout ce qui a précédé.

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