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Luz collections

Publié le 23 avril 2012 par Rudy0609

Virginie, jeune femme dynamique et passionnée, me reçoit dans le salon de son appartement de Boulogne, où elle a soigneusement disposé les pièces de sa première collection. Chaleureuse et loquace, elle s’empresse de me raconter l’histoire de sa marque, son « bébé » comme elle l’appelle. Devant tant d’enthousiasme, je ne peux m’empêcher d’être impatiente à mon tour de connaître l’histoire de ces maillots de bain tout doux, aux teintes pastel, tellement dans l’air du temps…

Nom : Virginie Courtin. Mon associée s’appelle Claire Mougenot.

Age : Nous avons toutes les deux 26 ans.

Luz collections

Une couleur préférée : le bleu

Définissez votre style : Il est cool et chic. Ce que je porte doit être confortable mais j’aime aussi être élégante.

Une marque de prêt-à-porter : Alexander Wang

Une marque d’accessoires : Louis Vuitton ! Les sacs de cette marque sont intemporels. Ils s’achètent à n’importe quel âge et se gardent toute la vie : il s’agit d’un investissement. J’aime les marques qu’on peut transmettre. J’ai moi-même récupéré des sacs de ma grand-mère. J’aimerais pourvoir les léguer à mes enfants et mes petits-enfants…

Pourquoi pas Hermès ? Personnellement, je n’ai jamais rien acheté chez Hermès. Je ne suis pas cliente directe, mais je possède un sac qui appartenait à ma grand-mère. Et puis, dans la catégorie des marques inabordables, Louis Vuitton est un peu plus accessible qu’Hermès !

Une marque de bijoux : Repossi. La créatrice a dessiné une collection capsule pour Zadig & Voltaire : des bagues armures (ndlr : elles recouvrent les phalanges proximale et intermédiaire, et sont articulées au niveau de la jointure) J’aime les beaux bijoux au design moderne.

Un endroit, un lieu favori : Si je devais choisir un lieu à l’étranger ce serait New-York sans hésitation ! C’est une ville que j’ai pris plaisir à découvrir par moi-même : je la connais mieux que Paris. Mon endroit préféré à New-York est un restaurant : le Waverly Inn, situé dans West Village. Il est très prisé des acteurs internationaux !  La nourriture y est délicieuse, et tout particulièrement  le pain, servi avec une petite crème au beurre. Je pourrais aussi passer des heures à flâner dans la boutique Opening Ceremony !

Une musique : J’écoute beaucoup de rock. Mon morceau du moment: “somebody that I used to know” de Gotye.

Un magazine : Je suis une fan inconditionnelle du Point. Je l’achète tous les jeudis sans exception et je m’accorde un moment spécial pour le lire entièrement. C’est un moment  très important pour moi. J’ai fait des études de commerce donc j’ai une sensibilité à l’économie et à l’actualité. Mais je n’oublie pas que je travaille dans le milieu de la mode : je suis donc abonnée au magazine Elle et je lis Vogue…

Un blog : Celui de Garance Doré. Je fais partie de la génération d’avant le phénomène blog. Pour mon boulot, j’ai dû faire une analyse des blogs, c’est celui de Garance Doré qui m’a permis d’appréhender cette nouveauté. Je lis aussi « La revue de Kenza », « Bazarchic’mag », « The Sartorialist », au moins une fois par semaine. Les blogs deviennent un média à part entière avec un regard particulier sur le monde : le nombre de visiteurs par mois de « la revue de Kenza » pourrait rivaliser avec le tirage du Elle ! Nous avons un blog pour Luz, sur lequel je me rends beaucoup plus souvent (rires). Notre désir était de créer une communauté autour de la marque. Nous l’avons appelée les « Luztiques ». Nous publions régulièrement des photos de nos clientes portant les maillots de bain. Nous avions peur que ce projet soit un échec et qu’aucune d’elles n’ose poser en maillot ! C’est un succès : certaines acheteuses se mettent en scène, travaillent leur pose, créent un univers pour la photo.

Un site internet : lefigaro.fr est la première page que je consulte lorsque je me connecte sur le net. J’ai même tendance à la visiter plusieurs fois par jour ! J’aime particulièrement leur rubrique « la semaine en photo ». Comme je n’ai pas Facebook sur mon smartphone, j’y consacre un moment spécial au cours de la journée.

Luz collections
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Quel est votre parcours ?

J’ai fait une école préparatoire aux écoles de commerce pour intégrer l’EDHEC. J’y ai rencontré mon associée Claire, avec qui je suis devenue très amie pendant cette période. Nous avons pourtant été séparées pendant notre dernière année d’étude. Elle est partie en Argentine et son stage s’est soldé par une embauche dans une entreprise dont l’activité consiste à créer des « solutions vertes » pour différentes sociétés. De mon côté, j’ai décroché un poste au service marketing du Printemps.

Comment est née la marque ?

C’est au cours de l’été 2011, lorsqu’elle est revenue en France, que nous avons décidé de monter un projet ensemble. Elle avait développé une sensibilité pour l’écologie, et moi une passion pour la mode. Nous avions toutes deux l’ambition de « monter notre propre boîte ». Après mûre réflexion, nous sommes tombées d’accord sur l’idée de créer une marque de maillots de bain, qui serait encrée aussi bien en France qu’en Argentine. Aujourd’hui sur le marché du maillot, il y a des produits de luxe, dont le prix peut s’élever à 400€, comme ceux de la marque Erès, puis il y a les maillots H&M, qu’on acquiert pour 30€, avec le risque de retrouver le même sur une de nos connaissances ! Il n’y a pas d’offre intermédiaire, ni sur le coton bio. Or, nous croyons beaucoup au développement de la conscience des consommateurs à propos du « bio » et du « consommer éthique ». De plus, les produits écologiques prennent rarement en compte la mode et les tendances actuelles. Seule la marque Ekyog propose de « jolis » modèles. Notre volonté était donc de marier ces deux aspects : proposer de beaux produits, que nos copines puissent porter, à un prix abordable (95€) que nous avons fixé en fonction du coût de revient, nettement plus élevé que la moyenne.  Le transport par conteneur par exemple est plus écologique mais beaucoup plus cher.

Décrivez-moi le processus de fabrication ?

Le coton bio est acheté au Brésil à un producteur qui dispose de tous les labels internationaux, car les critères sont différents selon les pays. Nous nous assurons que les employés de l’atelier de fabrication argentin, dans la campagne de Buenos Aires, travaillent dans de bonnes conditions. Nous voulions développer le travail des communautés argentines et leur assurer un bon niveau de vie : les salaires sont décents et les conditions de travail éthiques. Tous les bénéfices de la première collection ont donc été réinvestis dans l’aménagement des locaux de production.

Il ne s’agit donc pas seulement d’un plan marketing mais d’une conviction personnelle ?

C’est mon associée Claire qui a développé cette sensibilité. Même si je ne suis pas une « écolo-combattante », depuis que je travaille avec elle, j’essaie de faire des petits gestes pour l’environnement : je recycle ; j’ai troqué ma baignoire contre une douche ; je prends mon vélo plus souvent que ma voiture…

Comment avez-vous choisi le nom de la marque ?

Lorsque nous y avons réfléchi, nous souhaitions qu’elle véhicule nos racines argentines. Pour nous, la femme Luz doit resplendir : elle est joyeuse et éblouissante ! Le nom de la marque devait aussi être court et facilement mémorisable : « Luz » (lumière en espagnol) est donc venu comme une évidence.

Luz collections

Qui s’occupe du stylisme ?

Une styliste free-lance dessine notre collection. Ma collaboratrice et moi devons formuler une demande précise et décrire nos inspirations. Nous découpons dans les magazines, les tendances, les couleurs, les formes qui nous plaisent. Elle nous propose ensuite une cinquantaine de modèles, sur lesquels dix seulement seront retenus et retravaillés.

D’où vient votre inspiration ?

Certaines marques suivent des cahiers de style ou consultent des cabinets de tendances. Claire et moi essayons juste de compiler nos deux styles. Nous avons des goûts très différents, mais notre complémentarité nous permettra sans doute de toucher une clientèle plus large. Notre marque doit nous ressembler. Nous la voulons moderne et chic. En fait, chaque modèle a plus ou moins été imaginé pour une de nos amies, qu’elle soit menue ou ronde. La collection Luz doit ressembler à notre génération.

Que pensez-vous de la mode aujourd’hui ?

Je ne suis pas de celles qui suivent les tendances très pointues, comme les cuissardes ou les sabots, ce que j’aime dans la mode, c’est de pouvoir y piocher des éléments qui reflèteront ma personnalité. Pour moi, la France est un pays précurseur de tendances. On y trouve les mastodontes du marché de la mode comme Chanel ou Dior, mais aussi de jeunes designers Maxime Simoens, et des marques naissantes : Maje, Ba&sh, Sandro…  La France est une sorte de « terre promise » pour les créateurs, elle leur permet aussi de s’exporter et de diffuser le style français à l’international.

Quels sont vos projets d’avenir pour la marque ?

Elle est déjà vendue en Colombie, Italie et Argentine. L’avantage d’être une marque multiculturelle est de pouvoir désaisonnaliser les ventes : nos maillots s’achètent toute l’année ! Nous avons l’intention d’augmenter le nombre de nos points de vente multi-marques à travers l’Europe, même si pour l’instant nous essayons de nous concentrer essentiellement sur la vente par internet. Si notre enseigne grossit, nous serons peut-être amenées à ouvrir une boutique en nom propre, mais ce n’est pas une priorité. Nous avons envie de développer une ligne de vêtements de plage. L’année prochaine, la collection comprendra deux petites robes simples et une combi-short, mais aussi un modèle lingerie, en réponse à la demande de nos clientes. Comme nos produits touchent les parties intimes du corps, les acheteuses sont rassurées à l’idée de porter des dessous vierges de tous produits chimiques. La lingerie bio est un marché porteur : les distributeurs spécialisés en réclament aussi. Les maillots Luz sont déjà vendus avec une pochette en coton bio de la marque Bill & Bill, et nous sommes actuellement en contact avec d’autres marques pour créer des sacs de plage. Nous allons développer de nouveaux modèles et rééditer nos best-sellers dans d’autres couleurs et dans une nouvelle matière (un coton bio du Pérou): le modèle Béa, forme bandeau, est déjà en rupture de stock ! Nous ne sommes pas stylistes donc nous ne pouvons prétendre à proposer une gamme de prêt-à-porter très élaborée. C’est une porte qu’on ne se laisse pourtant pas fermer. Nous avons plein de projet car la première collection est un succès : nous rentrons dans nos frais et nous sommes toujours aussi enthousiastes !

Luz collections

Pour plus d’informations :

http://www.luzcollections.com/

http://luzcollection.blogspot.fr/

Maé-Lise D.


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