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François Hollande, J’ACCUSE : « Lâcheté, malhonnêteté et débilité intellectuelles d’un éventuel président normal ! »

Publié le 23 avril 2012 par Raoul Sabas

Patong Beach, le 24 avril 2012

Courriel :

Objet : François Hollande, J’ACCUSE : « Lâcheté, malhonnêteté et débilité intellectuelles d’un éventuel président normal ! »

Monsieur François Hollande

Parti socialiste

10, rue de Solferino

75007 Paris

Courriel :

françois.hollande@parti-socialiste.fr

[A l’attention d’Arnaud Montebourg, Annick Lepetit, Bertrand Delanoë, Bruno Julliard, Claude Dilain, Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, François Patriat, François Rebsamen, Harlem Désir, Henri Emmanuelli, Karim Zéribi, Jack Lang, Jean Glavany, Jean-Marc Ayrault, Jean-Marie Le Guen, Jean-Pierre Chevènement, Julien Dray, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Malek Boutih, Manuel Valls, Martine Aubry, Michel Rocard, Michel Sapin, Olivier Duhamel, Pierre Moscovici, Robert Badinter, Ségolène Royal, Stéphane Le Foll et Vincent Peillon]

« Si je sais la vérité et ne gueule pas la vérité, je suis le complice des escrocs et des faussaires ! »  [Charles Péguy]

« Le cri de joie spinoziste est un cri de guerre contre les superstitions !] (Balthasar Thomass)

Monsieur,

Votre participation au second tour de la Présidentielle 2012 me donne une énième et excellente occasion de vous rappeler toute la correspondance adressée à votre intention entre le 6 octobre 2000 et le 12 mars 2012, soit plus d’une vingtaine de lettres, sans compter celles envoyées au Parti socialiste, en tant que tel, et à la trentaine de ses caciques mis en exergue ici, au total près de soixante-dix lettres toujours sans réponse sur le fond jusqu’ici, à une exception notable près, dont je ne manquerai pas de faire mention plus loin - et pour cause, puisque son auteur socialiste va même jusqu’à me donner raison sur le fond !

Toutefois, je n’entends pas reprendre ici l’intégralité de l’argumentation, intellectuellement et philosophiquement étayée, avancée dans cette abondante correspondance, forcément répétitive en raison de votre refus obstiné de débattre pendant plus de dix ans. Pour mémoire, je n’ai eu de cesse d’y dénoncer les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux, sur lesquels vous prospérez depuis plus d’une décennie, au point même de parvenir aujourd'hui aux portes de Élysée.

Pour preuve de vos mensonges avérés et de vos superstitieuses « croyances au miracle », de longue date, je tiens à votre disposition ma toute première lettre du 6 octobre 2000, qui, sous l’intitulé, « Rêve et réalité », attirait déjà votre attention sur la superstition idéologique et moraliste, source de manipulation et de tromperie de l’opinion.

Et le seul fait que vous ne vous en priviez pas, durant l’actuelle campagne présidentielle, en persévérant à colporter mensonges et « croyances au miracle », suffit amplement à établir votre malhonnêteté intellectuelle, aussi longtemps toutefois que vous n’aurez pas démontré, arguments intellectuels et philosophiques à l’appui, la fausseté de mes affirmations sur des points très précis de désaccord, y compris en tenant compte du texte, Mensonges et lâcheté des élites, dont le premier envoi à votre intention remonte au 6 novembre 2005, mais qui attend toujours votre premier commentaire argumenté contraire.

Pour apporter également la preuve de votre lâcheté intellectuelle, il me suffit de rappeler les objets de mes toutes dernières lettres, qui n’en sont pas moins de très graves accusations portées contre vous-même et contre le Parti socialiste, dont j’attends toujours la réponse au courrier ci-après, pourtant sans aucune ambiguïté :

PS, J’ACCUSE : « Un pays de merde, dans un monde de TARÉS ! » [Lettre recommandée avec accusé de réception du 15 juillet 2010]

Primaire socialiste : « François Hollande disqualifié ! » [Télécopie du 27 septembre 2011]

François Hollande, J’ACCUSE : «Arrêtez de mentir et de tromper l’opinion ! »[Télécopie du 28 octobre 2011]

François Hollande, pour mémoire et information: « Débilité intellectuelle de l’époque, lâcheté et malhonnêteté de ses élites ! » [Télécopie du 20 décembre 2011]

François Hollande, pour information: « Le "coup de la finance", les mensonges, les incohérences et autre "méthode Coué" du candidat Hollande ! » [Télécopie du 21 février 2012]

   .

« Et le combat de LA Vérité visant les candidats de la Présidentielle 2012 cessa faute de combattants ! » [Version collective individualisée envoyée par courriel, le 12 mars dernier à votre adresse Internet du Parti socialiste]

Quant à mon accusation de débilité intellectuelle, je n’en retire pas un seul mot au vu de deux déclarations publiques rappelées ci-après, dont il ne vous pas interdit, évidemment, de démontrer la pertinence. Ce sera d’autant plus difficile pour vous de l’établir que l’une d’elles renvoie à la toute première lettre mentionnée plus haut (cf. lettre du 6 octobre 2000), confirmant ainsi que vous n’avez de cesse de colporter les mêmes mensonges et les mêmes « croyances au miracle », à près de douze ans d’intervalle, à savoir ceux de la superstition idéologique, avec sa promesse de transposer l’Idéal dans le quotidien - rien de tel pour faire rêver les masses, au point que la clé de voûte de votre programme a encore pour nom le « changement » - pour un monde idéal, évidemment !

Ainsi votre première déclaration dénoncée ici, resucée d’un débat d’alors sur LCI, vise-t-elle encore à « changer le monde », ainsi que vous l’exprimiez à nouveau sur LCI, le 21 novembre 2004, en parlant de « cette gauche qui veut changer le monde, et qui sait comment le changer » [SIC !]

Vous en avez de la chance, car aucun de vos prédécesseurs visant ce rêve de changement final, de grand soir, fussent-ils les plus renommés des révolutionnaires, n’y sont encore parvenus, ce qui a d’ailleurs fait dire à Mikhaïl Gorbatchev, le 5 octobre 2000 :

« Le futur ne peut être le fruit de rêves, l’expérience historique atteste qu’aucune révolution ne se déroule selon un plan conçu d’avance. Aucune révolution ne donne les résultats escomptés, et rien ne peut être fait hors du cadre d’une nécessité supérieure » (Mikhaïl Gorbatchev)

D’ailleurs, ce cacique socialiste évoqué m’a montré, dans sa lettre du 26 novembre 2008, qu’il ne se laissait pas prendre aux promesses sans lendemain. Il m’écrivait, en effet:

« Vous soulignez également, dans votre courrier, la nécessité pour le Parti socialiste de renoncer à « ses dogmes », « ses mensonges» et « sa croyance au miracle ». Je peux vous assurer que je partage, pour une bonne part, cette exigence.

Je pense en effet que le Parti socialiste doit s'astreindre, en permanence, à l’obligation de vérité pour retrouver 1a confiance des Français. Érodée par trop de promesses non tenues et trop de propositions peu plausibles, notre crédibilité est aujourd'hui trop faible pour convaincre nos concitoyens de la justesse de nos luttes. Ce déficit de crédibilité est aggravé, reconnaissons le, par la déconsidération générale dont souffre l'engagement politique.

Nous vivons dans une époque marquée par un profond scepticisme. L’échec de toutes les tentatives prométhéennes a brouillé le sens de l’Histoire et abîmé l’idée même de Progrès L'obscurcissement de notre horizon laisse les hommes seuls dans un univers désenchanté. Nul n'attend plus – hormis quelques aveugles - qu'une avant-garde éclairée ne découvre le chemin du bonheur universel. La défiance envers l'action collective atteint une telle proportion qu'elle menace parfois les fondements de notre pacte social.

Pour surmonter ce désarroi et ranimer l’espérance, il n’est d’autre choix que ceux du courage et de la lucidité. Le P S doit désormais, en toute circonstance, être inspiré par une « éthique de la responsabilité ». Il ne peut plus garder pour seuls viatiques des certitudes idéologiques qui sont, en réalité, autant d’œillères. C’est en se confrontant à la réalité et non en cultivant des illusions qu’il retrouvera des marges pour l’action. Car, comme l’expliquait déjà Albert Camus, « aussi longtemps que […] la vérité sera acceptée pour ce qu’elle est et telle qu’elle est, il y aura place pour l’espoir ».

Ce devoir de vérité suppose que le PS refuse - une fois pour toute - de subir la pression de l'extrême gauche. Trop souvent honteux de nous-mêmes, trop facilement complexés par la radicalité verbale, nous sommes taraudés par la mauvaise conscience et la crainte que le compromis dégénère en compromission. Et nous oublions ainsi que nous sommes à l'origine de toutes les principales conquêtes sociales ! Redevenons fiers de notre passé pour rester confiants en notre avenir ! De tout temps, les chimères de l'extrême gauche n'ont conduit qu'à des voies sans issue.

Le PS doit préférer les chemins plus humbles et plus féconds de « l'optimisme du possible ».Basé sur une exigence fondamentale d’honnêteté intellectuelle, l’ « optimisme du possible » consiste à expliquer les contraintes qui pèsent sur l’action publique tout en dégageant des perspectives de changement. Il préfère miser sur l’intelligence que sur les passions collectives. C’est le pari que faisait – en son temps – Pierre Mendès-France. C’est ce pari que nous voulons faire aujourd’hui : croire suffisamment en la démocratie pour voir dans la politique une pédagogie.

Je continuerai donc, inlassablement, de militer en faveur d'un profond renouvellement de notre parti. Il est indispensable qu'il devienne plus représentatif de la diversité de la société française en s'ouvrant à tous ces jeunes des milieux populaires qui ont voté massivement pour Ségolène Royal en 2007. Il est également essentiel qu'il mette en cohérence toutes les idées neuves défendues lors de la campagne présidentielle. Notre ambition est de redonner courage à la gauche en montrant que le choix de nouveaux moyens n'entame en rien notre objectif historique: garantir à chaque individu les conditions de son émancipation, quelque soit son origine sociale.

Pour conduire cette tâche à son terme, nous aurons besoin des compétences et des énergies de tous ceux qui aiment et veulent faire gagner la gauche. » [Fin de citation]

A SUIVRE…

  


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