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Je suis maskaphobique mais je me soigne

Publié le 26 avril 2012 par Lafillesurlepont
Je vous avez déjà dit que j'avais peur du père noël et bien, j'ai également peur des gens masqués et ce n'est même pas à cause de Scream. Non, depuis toujours, ça me met mal à l'aise. Une fois, j'ai vu une comédienne enfiler un masque de commedia del' arte, il y a eu un moment où le masque à pris le pas sur l'humain, où elle s'est complétement effacée pour laisser parler le personnage : j'ai clairement flippé ma mère.
Tout ça pour dire que je suis allée au concert du Klub des Loosers à la Gaité Lyrique. Le rapport ? Le masque de Fuzati, évidemment. Ce masque qui fait tant parler de lui : personne n'a jamais vu le visage de Fuzati dont on ne connait pas le vrai nom d'ailleurs. Personnellement, ça ne me dérange pas et la seule raison pour laquelle j'aimerais bien qu'il tombe le masque, c'est que ça dispenserait certains fans de s'affubler eux même de ce charmant petit objet qui me file des frissons. (oui, Il y avait un type masqué à coté de moi dans la fosse ... bad luck). 

Je suis maskaphobique mais je me soigne

crédit : albancoret.com


Ce qui me plait dans les Klub des Loosers, ce sont les textes. Bien sûr, j'aime également les instrus mais voilà, je n'aime pas parler de musique, je ne sais pas le faire, j'ai toujours été entourée de mélomanes, ils en parlent mieux que moi alors, je préfère les écouter. Les textes par contre, je peux en parler plus facilement. A mon humble avis, Fuzati arrive parfaitement à évoquer tout un univers en deux phrases : c'est efficace, ça nous parle, bref il a le sens de la punch line; Pratique pour un MC, vous me direz. Mais, ce n'est pas la seule qualité des textes du Klub des Loosers: Il y a de très belles images aussi avec une pointe de sarcasme qui ne gâche rien. C'est vrai que parfois c'est un peu trash, la gente féminine en prend pour son grade mais, ce n'est jamais "gratuit" et puis, on est pas au pays de Candy hein, et c'est pas plus mal. 
Les thèmes abordés sont plutôt déprimant, le Klub des Loosers porte bien son nom disons. Il y a 8 ans, "Vive la vie", le premier album du Klub, racontait le parcours d'un étudiant moyen, accumulant les râteaux et qui "n'aimait pas beaucoup les gens" : " je ne m'excuse pas si je ne te calcule pas, si je suis nul en maths c'est que je n'ai jamais compté pour personne". Pour le nouvel album "La fin de l'espèce", le Klub aborde la question de la reproduction : "Elle disait qu'elle m'aimait vraiment mais pas au point de ne pas être maman ; Sommes nous civilisés si l'instinct bat les sentiments". Au delà du fait que cette problématique m'intéresse d'un point de vue personnel (parce que la maternité me fait plutôt horreur), le Klub des Loosers a vieilli et c'est plutôt une bonne chose : Il n'y a pas de redite entre les deux albums, chacun a son univers.

Je suis maskaphobique mais je me soigne

crédit : albancoret.com

Ce qui me plait également, c'est le "flow" de Fuzati. Apparemment, dans le rap, chaque MC a son flow. Je dis apparemment parce que je ne suis pas une spécialiste.Celui de Fuzati, il est étrange, décalé et c'est intéressant comme une sorte de "défaut" qui devient un atout.
J'appréhendais beaucoup le concert d'une part à cause de ma maskaphobie (et je fais quoi si je m'évanouis parce que le monsieur sur la scène il me fait peur !?) mais surtout parce que le personnage de Fuzati et plutôt du genre misanthrope : "Non ! Je ne suis pas quelqu'un de très sympathique; Et comme Kool Keith j'ai envie de te dire : Leave me alone afin que tu comprennes que je maîtrise aussi bien la haine envers chaque représentant de l'espèce humaine; Que la langue de Shakespeare qui n'est autre que l'anglais". Or, comme je ne savais pas trop quelle était la part de vrai entre la misanthropie de Fuzati le personnage et celle de la personne qui se trouve derrière le masque de Fuzati (ça va, tous le monde me suit ?), j'avais un peu peur de l'effet : "j'arrive à 21h - je claque mes morceaux- à 22h on ferme". Et bien que nenni ! En plus d'écrire de très bons texte, le rappeur et Detect, son DJ,  s'avèrent plus sympathiques que je ne pensais. Fuzati nous a prévenu  "Ça va Paris !? bon, je ne suis pas très doué pour les relations humaines, alors je crois que je vais rien dire d'autres que ça va Paris!?" (Phrase qu'il a du dire cinquante fois en 2h effectivement). Pourtant, ils ont quand même pris leur temps sur scène, Fuzati nous a gratifié de quelques free style, impressionnant. Il a aussi repris des morceaux de l'Atelier ou du Klub des 7, ce qui était une jolie surprise.
Je suis maskaphobique mais je me soigne
Le concert n'était pas milimétré ni chronométré : Detect a été pris de cours, en panne d'instru pour un des free style, Fuzati a zappé un couplet. Ils ont refait deux fois un morceau parce que "ah oui, on est en train de le cliper celui là, on aimerait bien vous filmer". C'est un parti pris, le groupe a confié en interview ne jamais répéter ses concerts, pour garder un peu de fraicheur et de spontanéité. J'ai trouvé ça très réussi et vraiment agréable. On avait l'impression d'être en train d'écouter des vieux potes faire de la musique en buvant des bières.
En définitive, j'ai passé une très bonne soirée même si, je me serrai bien passée de mon voisin aux allures mi psychopathe/mi groupie inquiétante. Heureusement qu'il n'avait pas en plus la barbe du père noël ! Non mais aller à un concert masqué quoi : What is the fuque !?

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