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Existe-il un avenir pour les Démocrates ?

Publié le 01 mai 2012 par Soseki

François Bayrou a annoncé qu’à l’issu du débat télévisuel Hollande / Sarkozy, il se prononcerait sur ses choix politiques, pour le Mouvement Démocrate.

Pour ma part, 3 critères doivent conduire l’avenir des Démocrates, qui dépassent donc le MoDem :
• La stratégie politique pour la France
• La stratégie d’organisation politique des Démocrates
• Le mode opératoire

1. La stratégie de la France, F. Bayrou en a suffisamment parlé pendant cette campagne et celle de 2007, elle doit reposer sur la reprise en main des finances, la réforme de l’Etat, et la réindustrialisation de l’appareil productif français.

Reprise en main des finances par :
• l’audit des dépenses, recettes, actifs et passifs de l’Etat
• réforme de l‘impôt sur le revenu par le prélèvement à la source
• augmentation de l’impôt sur les héritages et transferts de patrimoines privé, fortement à partir d’1 millions d’euros
• élimination de « niches fiscales » : telles que celle de Copé (vise à exonérer d’impôt sur les sociétés (en principe de 19 % dans ce cas) la revente, par une société-mère, de ses titres de participation dans une filiale), celle des journalistes (abattement fiscale, une mesure prise par le gouvernement Jospin : l’allocation pour frais d’emploi des journalistes, une niche fiscale qu’avait fait sauter Alain Juppé et que la gauche a rétabli quelques années plus tard sous une forme « légèrement allégée »)
• dotations de l’Etat conditionnées par la baisse des déficits des collectivités territoriales, et les investissements structurels de celles-ci
• régulation du marché financier au niveau européen (exemplaire réforme d’A. Merkel…), empêchant les A/R, influences sur le marché, etc.
• séparation des banques de dépôts des banques financières
• suppression des 35h, passage à une 6ème semaine de congés payés
• suppression de la CMU mais adaptation aux citoyens Français, et européens dans le cadre d’une régulation (règles et financements) commune
• retraite à 65 ans

Réforme de l’Etat :
• tous les fonctionnaires (territorial ou non) dans un corps global (fonction publique), divisée en 2 sous-groupes : fonctions publiques à missions spécifiques (policier, soldat, juge, pompier, enseignants, etc.), tous les autres seront versés dans une « administration publique générale » (postes administratifs), pouvant ainsi soutenir les missions de l’Etat dans divers cadres (secrétariat dans la police, justice, écoles, etc.). Les formations devront bien sûr être antérieures aux mouvements de postes. L’objectif doit être non plus de supprimer les postes mais adaptés les personnels aux besoins.
• les salariés d’entreprises publiques doivent être soumis aux mêmes règles que les entreprises privées
• le passage de l’impôt sur le revenu par prélèvement à la source permettra de supprimer cette anomalie française d’avoir 2 corps d’Etat concernés par cette activité (Trésor et Impôts). Le prélèvement à la source permettrait de diviser par 3 les personnels nécessaires (limités aux contrôles), et une reventilation sur les besoins de l’Etat (l’état du ministère de la Justice est catastrophique, comme l’utilisation de personnels policiers ou de gendarmerie pour des fonctions administratives…)
globalement redonner à l’Etat français ses capacités stratégiques, d’efficacité, et ainsi être un exemple pour l’Europe qui manque d’organisation sûre. L’Europe est le seul espace qui peut répondre aux défis de la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie ou encore les Etats-Unis. Ainsi la France a besoin d’Europe. Mais elle a besoin d’une Europe forte, et c’est l’Etat stratège que peut donner en exemple la France.

Réindustrialisation de la France :
• privilégier des axes de développement (« green industrie » dont éco-matériaux, chimie verte, gestion des déchets, énergies dont nucléaire, robotique, déplacements, recherches spatiales et sous-marines pour de futures exploitations). Par exemple, il est des composites bio sourcés qui permettent d’alléger le poids des voitures ou avions, permettant ainsi à la fois de baisser la consommation en essence et kérosène, mais aussi de se passer de dérivés de produits pétroliers. Ou encore, le bioéthanol, reposant sur du blé ou betterave, donc bénéfiques pour nos agriculteurs, permet de baisser fortement la consommation de pétrole (et passer par exemple au niveau européen, l’introduction de bioéthanol de 10 % à 20 %). Il faut savoir que les espaces agricoles dédiés à ces productions ne sont pas pris sur des productions alimentaires…
• abonder les recherches en lien avec les axes stratégiques (au Canada, un entrepreneur qui investie dans la recherche voit sa mise multipliée par 3 l’Etat s’il s’agit de secteur classé stratégique)
• mise en place par région d’agences régionales d’Intelligence Economique, associant DIRECCT (et préfets de régions), Régions (représentants d’élus), et CCI (représentants d’élus des entrepreneurs et personnels), pour :
o mise en place d’observatoires régionaux concernant les formations, emplois, foncier, statistiques d’activités, fluidité des informations entre l’Etat et les régions
o stratégie de développement économique régionale (transports, branches
o mise en œuvre des politiques nationales et régionales
• fiscalisation positive pour l’entreprise (recherche, investissements)
• marchés publiques réservés aux entreprises locales (selon l’échelle de collectivité territoriale)

2. La stratégie d’organisation des Démocrates doit reposer sur leur rassemblement, en acceptant les « différences » : républicains (notamment séguinistes et « gaulliens »), libéraux (et non néolibéraux), radicaux, sociaux-démocrates, écologistes. Ce rassemblement doit se faire sur une alliance, et une direction collégiale avec présidence tournante. 2 impératifs : obligation de présentation de candidats à toutes les élections, et interdiction de candidats concurrents. A terme devront se créer des groupes démocrates dans les différentes instances.

3. La mise en œuvre doit reposer sur la participation au pouvoir : l’avenir de la France l’exige. Cette participation peut se faire avec F. Hollande ou N. Sarkozy, leurs limites l’imposent. Mais cette participation doit se faire sous 2 conditions « sine qua non » : acceptation de notre programme (ci-dessus) et mise en place de la proportionnelle.

Encore une fois, je reprendrai ce slogan de campagne de Raymond Barre en 1988 (inspiré de Bernanos) : « on ne subit pas l’avenir, on le fait ». Démocrates, faisons l’avenir et dépassons nos préventions, voyez l’état de la France : nous nous devons à elle. Mettons-nous à la hauteur des enjeux et de l’attente des Français.
Si nous n’en sommes pas capables, alors Marine Le Pen ramassera la France dans le caniveau dans lequel nous l’aurons laissé tomber…


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