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Roots & Roses Festival 2012- livre 2, Lessines, le 1 mai 2012

Publié le 01 mai 2012 par Concerts-Review

Il est 15h50', t'as même pas eu droit au quart d'heure de pause réglementaire et utile après le set furieux des Legendary Shack Shakers que le referee, JP Smismans, siffle le début de la seconde mi-temps.

Armé d'une Dupont , c'est pas un briquet, fieu, c'est  une blonde, et d'un jus fruité, Luk craint la chiasse, on va assister au gig de  Dan Sartain!

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Originaire d’Alabama, Dan Sartain distille depuis 2005 son americana basé sur le blues, le rockabilly et le hilbilly, indique le programme, il doit y avoir un second Sar teint car ce qui nous fut servi n'avait pas grand chose de commun avec de l'americana.

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Le gars de Birmingham et ses deux compères nous ont abreuvés d'une vingtaine de plages, style Punk Beach, jouées sans pause, et ce en 30 minutes.( au lieu de 60, fainéant!)

Comme le Danne connaît les Daltons et les Ramones, à chaque coup il introduit son brûlot de 106 secondes par 1, 2, 3, 4 ( en English), ainsi on savait au moins qu'il avait amorcé un nouveau morceau.

Le stoefer commence fort: hello, welcome in my tent, because this is my tent, motherfuckers. Luk connait pas Nique ta Mère, mais il était pas content!

Me demande pas la setlist, les titres étaient terminés avant que j'eusse sorti mon Dupont ( c'est un stylo) de ma poche.

..oh yeah, oh yeah, it's not me...il a gueulé ... et après il s'est adressé à un élément féminin ... baby, I'm gonna make you mine... il a connu a nasty girl... c'est à ce moment que tu croisas Luc Toogenblik et que tu perdis le fil.

Wat drink je? ( c'est Luc qui chante, pas Dan), direction la buvette.

't is niet fameus, constate Roen!

On n'a rien ajouté.

Dan, surveille bien ta tante, euh tente, salut, mec!

The Fleshtones

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Salut, Michel!

C'est qui cette mignonne enfant , vraagt Luk?

Catherine, une capucine ayant perdu la foi et risquant des problèmes avec son foie, elle carbure sévère.

Normal qu'elle se pointe pour les Fleshtones, elle accourt dès qu'elle entend le terme garage.

Les Fleshtones, une légende semant la bonne parole rock'n roll sur toutes les scènes de la planète depuis 1976.

Fringués surf/ Beach Boys, le quartette aura amusé la galerie avec un jeu de scène Barnum,  qui malheureusement a frisé la caricature.

Imagine Zizi Jeanmaire ( 88 balais) dansant avec son truc en plumes chez Michel Drucker et tu pourras te faire une idée.

C'était pas bon?

Musicalement ça passait encore, mais les gamineries ont fini par lasser.

Sont plus vraiment fringants: Peter Zaremba ( 1954) - Keith Streng ( 1955), lui tient toujours la forme et paraît plus jeune que ses potes- Bill Milhizer, le drummer ( 1948), le plus vieux, se débrouille encore fort bien + le Canadien Ken Fox( 1961), le dernier arrivé, il aura rejoint les Fleshtones à la basse en 1990.

' Hitsburg USA' ouvre, ...it's a one way ticket chante Peter, donc on s'en va, salut!

Comédiens!

'Whatever it takes' - 'Feels good to feel' - 'Let's get serious' au Farfisa inaudible- 'Pretty, pretty, pretty'...les hymnes garage s'enfilent. Sur scène, les go go vétérans nous la jouent danseuses de revue pour fancy-fair villageoise, font des petits tours, se tapotent les fesses, quand Peter passe une jambe au dessus de son piano on peut entendre les articulations craquer.

Les photographes sont ravis.

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Une touche punky: 'Way down South' - une intro psyche pour le chouette rock ' Comin home, baby' - 'Alright' - are you ready for the Beatles? ' Daytripper', saboté - ' Remember the Ramones' - puis retour à Brooklyn ' Destination Greenpoint', du yéyé twist surf irrésistible - Ken au chant: 'Let's go'.

Les numéros Comedy Capers se poursuivent, une séquence de pompes et d'autres simagrées, puis les Guess Who, 'It's my pride'- on invite Bob, pas Lisa, et le guitariste de Barrence Whitfield pendant qu'on prend un bain de foule: 'Push up man'.

Ils achèvent avec le superbe 'I wish you would', qui sonne Doors suggère Catherine.

Une fausse sortie, en fait, et un trio de bis  dont ' I can't hide' et 'I'm not a sissy' dominé par un Farfisa festif .

Rideau!

Barrence Whitfield and the Savages.

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L'excellente surprise du jour, sa revue rhythm'n blues/soul mâtinée d'un rock aux effluves fifties, à la Little Richard, a mis tout le monde d'accord, de la bombe!

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Line-up: Barry White a k a Barrence Whitfield: vocals - Phil Lenker: basse - le fantastique Peter Greenberg: guitar -  Tommy Quartulli: sax et Andy Jody aux drums!

Un 'Ramblin Rose' visqueux entame le show, le ton est donné, ça va saigner!

'Bip bop bip' , quelques cris sauvages à la Screaming Jay Hawkins et un rock échevelé, décoré de traits de saxophones pointus.

La pintje de Catherine sautille comme une vingtaine d'autres.

Pendant une heure les rocks suintants vont se succéder, Lessines va suer...'It's mighty crazy' ( indeed) - 'We just moved in' - ' Baby didn't come home', the sun is rising, elle est pas rentrée, bordel! - normal qu'il soit 'Sad about it', un slow à la James Brown- puis un trip dans le ' Georgia Slop'.

A 57 piges, le mec se démène comme un teenager et affiche une bonne humeur contagieuse: c'est la fête!

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It's our last show in Europe avant de retourner chez Obama, let's party: ' Corner man' - 'Willie Meehan', voilà le brave Barrence transformé en Mike Tyson et tabassant un punching ball imaginaire -  an old time favorite 'Bloody Mary'- reviens 'Big Mamou' reviens, baby - puis le 'Geronimo Stomp', cachez les visages pâles où on les embroche sec, méchant sax et Barrence dégoulinant de sueur - 'Mop, Mop' sale blague - on embarque, la sirène du steamboat annonce 'Ship sailed at six'-  pour finir en force 'Walking with Barrence'!

Show explosif réclamant un dessert, 'Mammer Jammer' et en hommage aux Fleshtones, on invite Bill pour aider Andy Jody aux drums, voici ' Have Love, will travel' des Sonics, joué pour la seconde fois en cette fête du travail!

Een voltreffer!

The Experimental Tropic Blues Band 

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On fait l'impasse sur les Liégeois, leur blues/punk/rock gras et indigeste, que t'as déjà subi quelques fois, te donne de l'urticaire.

Catherine va t'aider pour le compte-rendu de leur prestation, qui de la buvette, à 150 mètres du podium, restait audible ( dans tous les sens du vocable): j'ai vu trois gars, un klachkop, un chevelu, un marcel lavé au Spic et Span, ajoute Luk. Ils avaient des instruments: deux guitares et une batterie, il y avait du monde sous le chapiteau, je  suis restée 2 minutes, je voulais pas vous abandonner!

Brave fille, wat drink je, Kris?

El Fish

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Le groupe que les puristes attendaient, le premier véritable défenseur du blues en ce radieux mardi.

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Un groupe majeur dans l'histoire du blues belge: cinq albums, puis en 2000/2001, le split, les deux leaders Filip Casteels( guitare, chant) et Steven De Bruyn ( harmonica) choisissent des voies différentes pour se retrouver en 2011, et reprendre la route ensemble.

Ce soir, ils étaient cinq sur scène, Jan Ieven à la contrebasse/ basse- le nouveau venu, Rohal De Ridder, aux percussions et batterie et Toon Derison, le batteur original.

Verdict mitigé: certains utiliseront le qualificatif phénoménal, d'autres seront moins enthousiastes: un set intense, de la virtuosité, du feeling mais également une impression de travail de pro trop soigné, trop parfait,  les étincelles, la folie faisaient défaut.

Un premier blues poissonneux ' People in traffic' mettant immédiatement en évidence les talents des deux solistes pouvant s'appuyer sur une assise rythmique impeccable.

Steven aura l'occasion de manier sa dizaine de jouets, chromatiques ou diatoniques selon la couleur à apporter au morceau, la voix de Filip t'emmenant du côté du Delta du Mississippi.

Un instrumental suintant sera suivi d'un hommage à Louisiana Red, 'Look at the children run', puis Jan délaissera la basse pour un tuba immense ' Lucky'.

Un midtempo gluant bourré d'effets wah wah visqueux, ' Strange situation', un boogie, un morceau narratif ' Copydog' , du blues plus sec, un shuffle... pas que le set manquait de variation, mais on s'attendait à une barre placée plus haut.

Les cadavres ronflants s'amoncellent dans la plaine picarde, la Dupont pils fait de l'effet, sur scène, les Louvanistes achèvent leur set: 'Hangin' over'.

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Le bon peuple veut un rappel, il sera introduit par une Brabançonne bluesy tournant 'Bop till you drop'!

Tu cours vers la Stage 2 où The Jon Spencer  Blues Explosion,  le dernier plat de ce

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repas gargantuesque, vient d'entamer son set.

La dernière fois que tu croisas le flamboyant Jon Spencer, c'était au Depot, à Leuven, avec Heavy Trash, grand concert!

On n'en dira pas autant de la prestation au Roots and Roses: un volume sonore t'arrachant les tympans, un lightshow sans lights, le trio a opéré dans une obscurité quasi complète, et a témoigné d' une absence totale de contact avec le public.

Du rentre-dedans des premières notes jusqu'aux dernières. T'es impressionné par cette débauche d'énergie et ce noisy blues rock pendant quelques titres, mais au bout de 20', ton cerveau aspire à de vraies chansons, éventuellement, au pépiement d'un rossignol anglais, malgache ou même batave.

Sagement avec Luk, on s'est dit qu'éviter la cohue à la sortie n'était pas si con, on a quitté les Blues Explosion ( Jon- Judah Bauer, lead guitar- Russell Simins, drums) après une quinzaine de titres, parmi lesquels on a reconnu ' Chowder' baignant dans un dirty  fuzz  malade- 'Sweet and sour' pas très sweet - ' Dang' speedé et chaotique- '2 Kindsa Love' plein de disto, les réminiscences Gun Club, the Cramps, MC 5 sont aussi  bien présentes -  le hargneux 'Fuck shit up' du Dub Narcotic Sound System - ' Strange Baby' - 'Chicken dog' - 'Sweat' et même un moment plus calme avec 'Magical colors'.

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On entendra encore deux salves vicieuses, sur le parking, en nettoyant nos pompes maculées de boue avant de regagner le lit de nos conjugales respectives.

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 Roots and Roses 2012 n'aura pas déçu, on remet ça en 2013!

Photos: LUK STIENS


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