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Xavier Bertrand fait le forcing pour faire reculer les plans sociaux !

Publié le 04 mai 2012 par Kamizole

Xavier Bertrand fait le forcing pour faire reculer les plans sociaux !

(Jour J-2) Il y a déjà bien longtemps que Xavier Bertrand a renoncé à faire reculer le chômage… A défaut, et pour faire bien dans le paysage électoral, il suffit de faire reculer de quelques mois l’annonce de licenciements massifs dans de nombreux secteurs. « Cacher la merde au chat ».

Ne croyez pas que j’en sois surprise. Point n’était besoin d’être grand clerc pour subodorer qu’une foule de plans sociaux nous tomberaient sur le coin du museau dès que seraient passés les flonflons de la fête qui suivrait l’élection présidentielle. Quel que fût l’heureux élu. Non plus que l’actuel gouvernement ferait des pieds et des mains pour qu’ils ne soient pas annoncés pendant la campagne électorale. Je ne fus donc nullement surprise de découvrir ce titre de Challenges Bertrand se démène pour décaler les plans sociaux (15 février 2012)… La sale bête !

Vous trouverez des informations encore plus détaillées sur la pression exercée par Xavier Bertrand sur les chefs d’entreprise concernés - Areva et PSA notamment mais c’était secret de Polichinelle depuis belle heurette - dans deux articles de mes amis d’Actu-chômage Le gouvernement fait pression pour reporter les plans sociaux après les élections (22 fév. 2012) et Ces plans sociaux qui vont tomber après les élections (12 avril 2012) : « Retardés, démentis ou prêts à être dégainés, ils risquent partout de se multiplier après le 6 mai. Inventaire ».

Dès la mi-février, François Chérèque, secrétaire général de la CGT dénonçait sur Public-Sénat les pressions exercées sur les entreprises par les services du ministère du Travail : « Certains chef d’entreprises et DRH me disent que, toutes les semaines, le ministre du Travail leur téléphone pour leur demander leur intention vis-à-vis de l’emploi et leur dire que s’ils avaient l’intention de licencier, qu’ils les reportent à plus tard. Plusieurs me l’ont dit. C’est une réalité ». Ministère du "non travail" comme "Pôle (sans) emploi"…

Et je peux vous dire que cela va dépoter grave ! Et dans une foule de secteurs.

Quand je pense que Nicolas Sarkozy ose prétendre qu’avec François Hollande nous connaîtrions la situation de l’Espagne, il aura bien préparé le terrain sur le plan du chômage, ensuite de quoi les empaffés de l’UMP pourront tirer à boulets rouges contre lui s’il gagne les élections le 6 mai… Car il n’aura guère de marges de manœuvre. Les bonnes intentions ne suffiront pas et notre arsenal juridique actuel ne permettra sans doute pas de s’y opposer. Laurent Berger de la CFDT peut affirmer : « Quel que soit le candidat élu, la situation de l’emploi sera compliquée. Il n’y aura pas de période de grâce »

Sans même parler de PSA où les fermetures de sites - Aulnay-sous-Bois (Seine-St-Denis) et Sevelnord à Denain (Nord) sont dans les cartons depuis juin 2011 - et d’Areva1.000 emplois seraient menacés en France malgré le démenti de la direction (dépêche AFP 21 nov. 2011)… quand on pense qu’EDF et Areva tiraient à boulets rouges sur François Hollande accusé de détruire des emplois dans le nucléaire en prévoyant la mise à l’arrêt des centrales nucléaires les plus anciennes… On lui fera porter le chapeau de ces licenciements…

Chez Renault, « les mesures d’économies annoncées fin décembre 2011 par par Carlos Tavares, le DG du groupe, sont repoussées de quelques mois. Elles devraient prendre effet au second semestre et non au premier comme prévu à l’origine ». Merci de « ne pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages » ! Derrière ces mesures se profilent de nouvelles délocalisations. PSA investit 650 millions d'euros dans sa première usine en Inde (Usine nouvelle 1er septembre 2011) misant à l’horizon 2020 sur le développement du marché automobile en Amérique Latine, en Inde et en Chine.

Renault vient d’inaugurer une gigantesque usine au Maroc pour y fabriquer des véhicules "low cost" (RMC 7 février 2012)… inventant le monospace low-cost, produit au Maroc (RMC 9 février 2012) et le Lodgy - dernier né de Dacia, la marque low-cost du groupe - concurrencera directement le Scenic - fabriqué à Denain dans le Nord, à proximité de Valenciennes… région déjà sinistrée sur le plan de l‘emploi comme d‘ailleurs la Seine-St-Denis… - car si ce modèle, déclinable en cinq ou sept places est en principe destiné au bassin méditeranéen, il sera également commercialisé en Europe à partir de 10.000 à 12.000 euros, soit deux fois moins que le Renault Scenic…Tout cela avec l’aval du gouvernement - au moment même où les ministres et ténors de l’UMP nous interprétaient la grande scène du quatre, la main sur le cœur : produire français !  Nicolas Dupont Aignan avait donc parfaitement raison de dénoncer un « scandale d’Etat » (RMC 9 fév. 2012)…

Idem pour la SERNAM… Autrefois entreprise florissante « qui appartenait à la SNCF avant d’être privatisée en 2005, par injonction de Bruxelles » ! La connerie faite institution et je pèse mes mots… « 1.400 emplois directement menacés. Le seul repre-neur possible : Geodis, filiale de l’entreprise publique SNCF »… N’auriez-vous pas comme moi l’impression que l’ultralibéralisme déjanté de Bruxelles fait marcher sur la tête ou se mordre la queue ? Mais il y a sans doute pire. Outre qu’au mieux Geodis sauvegarderait 826 emplois voire seulement 622, comme je suis toujours fort curieuse, j’ai tapé Geodis sur Google pour apprendre qu’en fait cette société est alliée à Calberson, bien plus connue pour le transport par poids lourds que par train. Ce qui se profile - ce n’est hélas ! pas nouveau - est ni plus ni moins que la fin du fret ferroviaire, déjà bien mis à mal

Vive le règne de TOUTENCAMION ! C’est bon pour la pollution et le développement des autoroutes lors même qu’il eût fallu privilégier le ferroutage. Grrr…

Xavier Bertrand se serait sans nul doute bien passé de la déclaration de cessation de paiement de Neo Sécurité (Flash-eco du Figaro 24 avril 2012) numéro deux français de la sécurité. 5.000 salariés menacés. « La plus grosse faillite du quinquennat » selon le porte-parole du groupe…

Ils espéraient redresser la situation par l’obtention d’un prêt relais de 15 millions d’euros. Je n’y crois guère en lisant que « La société avait été constituée en mars 2009 lorsque Jean-Michel Houry, un ancien dirigeant de la Brink's aujourd'hui patron du groupe dont il possède 30%, et d'autres cadres, avaient repris les activités françaises, très déficitaires, du groupe britannique G4S » et que, de surcroît, le fonds d’investissement IPE - « qui devait apporter en deux étapes 25 millions d’euros en échange de 70 % du capital » - avait renonce début avril, « un examen approfondi des comptes ayant fait apparaître que le besoin réel de financement de la société était en fait plus proche de 40 millions ».

Autre entreprise menacée d’un plan social : Air France ou l’Unsa craint "un plan social" (Flash-eco Figaro 26 avril 2012) sans précédent dans l’histoire du groupe parmi le personnel naviguant commercial (PNC) - hôtesses et stewards - car « les mesures annoncées par l'entreprise, tant sur l'augmentation de la productivité que sur la réduction des coûts concourent à engendrer un sureffectif de 2.000 hôtesses et stewards sur un effectif global de 15.000 (…) devraient entraîner des suppressions massives de postes à l’horizon 2014 ».

Le syndicat - troisième force syndicale chez les hôtesses et stewards - constate que la direction reste muette sur un éventuel plan social - sans doute « ce silence est-il dû au contexte électoral » ! - et avait déjà pris en janvier des mesures d’urgence : « gel des salaires, des embauches, baisse des investissements, etc. pour économiser un milliard d'euros sur trois ans alors que le groupe doit présenter un projet industriel en juin, avec des réformes plus structurelles ».

Point n’est besoin d’être grand clerc pour subodorer en quoi elles consisteront. Il est bien évident que le nouveau PDG d’Air France - Alexandre de Juniac, ex directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy - obéit aux consignes de silence données par Xavier Bertrand, d’autant que l’Etat reste actionnaire à hauteur de 16 %.

Mais c’est loin d’être tout. Purges massives à l’horizon. On peut s’attendre - selon Actu-Chômage - à 20.000 à 30.000 suppressions d’emplois dans la grande distribution et l’agro-alimentaire

Ainsi, selon Dejan Terglav secrétaire fédéral FO en charge du secteur, « à la COOP d’Alsace (sous enseigne Leclerc, et pour d’autres entrepôts, des plans sociaux existent. Ils sont bien ficelés et pourraient sortir après la présidentielle. Idem à Carrefour : « des plans existent aussi, avec des suppressions d’emplois importantes. Là aussi, ils sont pour le moment bloqués ». Les grands groupes de l’agro-alimentaire - Danone, Nestlé, Coca-Cola - seraient également concernés : « Sur les 640.000 emplois en France du secteur grande distribution et alimentaire, il pourrait y avoir 20 à 30.000 suppressions d’emplois selon un scenario noir ».

La Fnac avait d’ores et déjà annoncé un plan social avec 310 suppressions d’emplois en France. au grand dam de Xavier Bertrand qui aurait demandé de ne pas aller plus loin d’ici l’électionEst-ce à dire qu’il y aura à termes plus de licen-ciements ?

Autres secteurs qui seront touchés, notamment la banque et l’assurance. Plan de départ volontaires concernant 800 personnes à la Société générale. Plan social prévisible à Groupama selon La Tribune, ainsi que « les services à la personne ou le secteur asso-ciatif »… La raison m’en semble évidente : ces secteurs qui emploient un nombre considérable de salariés dans des structures de taille souvent modeste mais fort nombreuses sur l’ensemble du territoire sont désormais soumis à la TVA à 7,5 % !

Vous y ajouterez l’ensemble de l’artisanat travaillant dans le bâtiment et désormais soumis au même taux pour les travaux d’entretien et de réhabilitation et vous aurez une idée précise du marasme économique qui nous guette. Une situation comparable à celle de l’Espagne.

Résultat de 5 ans de "sarkozysme réel"… A priori et compte tenu des derniers sondages toujours favorables à François Hollande une majorité suffisante des Français n’a pas envie de rempiler pour un autre quinquennat de Nicolas Sarkozy.

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