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Le retour de Silas Jones de Tom Franklin

Par Sylvie

ETATS-UNIS

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Albin-Michel, collection "Terres d'Amérique", 2012

Un roman que l'on pourrait sûrement classer en polar : certes il y a une enquête, un homme soupçonné, un enquêteur mais ce n'est que le prétexte pour nous présenter des personnages hauts en couleur et l'atmosphère étouffante du Mississippi. Philipp Roth a d'ailleurs parlé d'une force d'évocation digne de Faulkner.

Tom Franklin, lauréat du Los Angeles Times Fiction Prize, signe un récit d'une forte intensité psychologique opposant deux anciens amis d'enfance, le blanc Larry Ott et le noir Silas Jones.

Silas, le flic, revient après des années d'absence, dans la petite bourgade perdue de Chabot, alors que Larry est soupçonné de deux meurtres de jeunes filles. Alors qu'un matin, on retrouvé Larry blessé par balle, Silas va tout faire pour trouver le vrai coupable. Il se souvient alors de leur enfance....

Il y a d'abord l'atmosphère poisseuse du sud ; avec peu de moyens, Franklin campe tout de suite le décor : un village paumé au milieu de la forêt, une vieille scierie,des friches bordées de marécages, un snack où l'on sert des hot dog et des "Kentucky fried chicken", une vieille maison, une route qui ne mène nul part, un garage à l'abandon, un shérif qui s'ennuie ferme. 

Et puis le personnage de Larry Ott, surnommé Norman Bates, du nom du personnage de Psychose d'Hitchcock. Il est vrai que c'est une personnage ambigu très réussi : célibataire quadragénaire, il vit seul dans son garage délabré qu'il a hérité de ses parents ; ostracisé depuis qu'il a été soupçonné vingt ans plus tôt du meurtre d'une jeune fille, il vit depuis au milieu de ses revues et ses livres d'horreur, fan de Stephen King mais aussi collectionneur d'armes et de serpents. Le coupable tout désigné...Il montre toute son affection à ses poules. 

D'ailleurs, Silas Jones nourrira ses poules lorsque son ancien ami sera à l'hôpital. Ce flic qui va livrer peu à peu les souvenirs de son enfance, ses secrets et ses liens indéfectibles avec Larry Ott...

Le lecteur entre tout de suite de plein pied dans ce village perdu et tombe sous le charme des personnages rongés par la culpabilité mais oh combien fragiles et profondément humains. L'auteur évite avec brio les clichés du clivage blancs/noirs en créant un personnage de blanc à la déroute. 

Du très bon roman psychologique. 


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