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Meurtres pour rédemption par Karine GIEBEL

Par Bouquineuse

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" Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes. Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l’esprit au-delà des grilles. Grâce à l’amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres. Pourtant, un jour, une porte s’ouvre. Une chance de liberté. Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n’aspire qu’à la rédemption…" (Note Editeur)

Polar coup de poing dans le milieu carcéral féminin, Meurtres pour rédemption raconte l’histoire de Marianne de Gréville, jeune détenue de 20 ans, écrouée à perpétuité pour plusieurs meurtres. Gamine à peine sortie de l’adolescence, frondeuse et fière, passionnée d’arts martiaux, elle assume ses crimes mais les considère comme des accidents ou des dérapages. Orpheline élevée par ses grands-parents, elle a toujours manqué d’amour et rêvé de liberté et de voyages en train. Mais sa dernière fugue tourne mal, elle enchaîne les mauvais choix et les actes insensés, braque un couple âgé dont le mari décède sous ses coups, abat le flic qui essaie de l’interpeller et blesse sa coéquipière, la laissant paralysée. En prison, Marianne précédée par sa réputation féroce, est l’objet des jalousies des autres détenues qui la craignent et de celle des gardiennes qui veulent la faire plier.

Mais sa personnalité borderline et ses accès incontrôlables de violence dominent sa raison et la poussent à continuer ce jeu de massacre. Les victimes de cette jeune femme qui ne supporte pas l’autorité s’accumulent, mais la vengeance des matons est terrible quand on s’en prend à l’un des leurs. Torturée, humiliée, battue, affamée, la jeune orpheline n’est plus le bourreau et quand les rôles s’inversent, elle comprend peu à peu qu’elle est seule responsable de ses actes, qu’elle seule est à l’origine de ce qui lui arrive. Tantôt monstre, tantôt victime. Victime de ses failles, de sa soif d’amour, de ce corps qui sait trop bien se battre, de son trop plein de frustration. Victime aussi de son incapacité à ne pas provoquer l’autre, elle sait que son plus grand ennemi n’est autre qu’elle-même. Malgré sa colère et sa haine, elle doit apprendre à se maîtriser, à contrôler ses pulsions meurtrières et vengeresses.

Heureusement, Daniel, un surveillant la remarque et tombe sous le charme de cette enfant sauvage. Petit-à-petit, il va apprendre à la dompter, à canaliser ses peurs, ses provocations. Au-delà des cadeaux qui lui permettent de tenir le coup, cigarette, chocolat, radio, il va lui apporter ce qui lui manque le plus dans cette cellule : l’espoir et l’amour. Désorientée, malade de cet enfermement à vie, Marianne rêve d’évasion avec Daniel. Bientôt, une opportunité unique se présente à elle : accepter de tuer encore, et elle sera libérée... un deal impossible à accepter pour elle qui ne rêve que de liberté, et de se racheter de ses fautes.

Conclusion : Un polar puissant malgré une première partie un peu répétitive, qui relate avec réalisme et noirceur les conditions d’incarcération d’une jeune femme farouche et indomptable, submergée par ses accès de violence et sa lutte contre. L’expiation d’une anti-héroïne dont le tableau psychologique est brossé tout en nuances : intelligent et bouleversant. Ma note : 17/20.

Pour en savoir plus :

Paru chez Pocket / Mars 2011

989 pages


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