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Prométhée poème électrique, de François Chaffin

Publié le 14 mai 2012 par Onarretetout

prometheepoemeelectriqueAprès sa trilogie pour un désastre, François Chaffin poursuit son exploration de la révolte originelle. Celle des anges qui ont fui la contemplation de la lumière, celle de Lucifer, celle du Titan qui a volé aux dieux le feu. Car le feu a protégé les hommes, pauvres créatures sans défenses naturelles (sans fourrure, sans griffes), et leur a permis de découvrir la parole, la connaissance, de ne pas tourner en rond dans le destin que Zeus avait tracé : entre Eros et Thanatos. Longtemps après Eschyle qui a écrit il y a plus de 2500 ans un fameux Prométhée enchaîné, François Chaffin revisite le mythe.

Ils sont deux en scène : le porteur de parole et le porteur de musique, celui qui profère des mots, les propulse hors de lui-même, François Chaffin, et celui qui martèle, invente, projette, attrape les sons, les musiques, Benjamin Coursier. Mais ils sont beaucoup plus que deux : il y a les lumières et les projections au sol dans le carré où s’inscrit la parole, les ombres dans le carré où vibrent les guitares.

Le spectacle est très particulier, très dense, passant du récit au poème, du chant à la danse, des cheveux gris au nez rouge.

La lumière qui descend sur François Chaffin, quand il est debout au micro, au milieu de son carré blanc, dessine sur le sol, quand il ouvre les bras, l’ombre d’un oiseau qui ouvre les ailes. Oiseau dont on entend parfois le cri. Oiseau qui, venant manger le foie de Prométhée, fait partie intégrante du mythe.

Et lorsque le système, personnifié, s’engage dans une discussion avec le Titan, on entend bien, dans la diction de François Chaffin, que les pluriels des mots prononcés n’entraînent pas de liaison. Il dit « les / hommes, les / animaux » (et non les z’hommes, les z’animaux). Comme si les pluriels n’étaient que la juxtaposition des êtres et des choses, l’accumulation dans la séparation, et non l’union, la société des égaux.

Prométhée n’est pas un ange descendu du ciel, Prométhée s’adresse aux hommes : reprenez le feu que je vous ai donné, donné, gardez « la lumière allumée ». Et il nous donne l’espoir, cette fois-ci, de comprendre ce qui n’a pas marché. Chiche ? « A tout à l’heure » !

J'ai vu ce spectacle à la Salle Jean Vilar à Arcueil (94) - photo Ernesto Timor


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