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Sale temps pour les braves de Don Carpenter

Par Sylvie

ETATS-UNIS-1966

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Editions Cambourakis, 2012

Une réédition d'un chef d'oeuvre méconnu de la littérature américaine des années 60. Don Carpenter (1931-1995), dont il s'agit ici de son premier roman, fut notamment l'ami de Richard Brautigan. 

La réédition de ce chef d'oeuvre fut saluée outre-atlantique entre autres par Georges Pelecanos, Jonathan Lethem et Richard Price. 

Le roman se déroule de 1936 à 1963 avec un bref prologue allant de 1929 à 1936 et raconte l'itinéraire tragique de Jack Levitt, orphelin vivant dans la ville sinistrée de Portland. D'orphelinats en maisons de corrections, de bars de billards américains en prisons du comté et d'Etat, l'auteur brosse le portrait tragique d'un jeune homme qui réfléchit sans cesse à la condition humaine, à la liberté et à la nature de la société. 

Sur 350 pages, Carpenter mêle différents styles allant de la description très rapide à la méditation du personnage. 

Tout l'intérêt du roman réside dans l'introspection du héros : Jack est une "monsieur tout le monde" sans talent. Il le répète sans cesse devant ses copains, as du billard américain. Ayant subi les déconvenues des maisons de correction et des prisons, il réfléchit sur la manière de faire le bien autour de lui. Mais si la vie n'était qu'un jeu de hasard comme une partie de billard ? La deuxième partie du livre, beaucoup plus introspective, est un chef d'oeuvre de psychologie. Malgré sa bonne volonté, Jack "le brave" n'arrive pas à être du côté des gagnants. Le roman est donc très noir et d'une profonde humanité ; les plus beaux passages sont sans aucun doute ceux où l'auteur analyse l'amitié à tendance homosexuelle de Jack et de Billy et aussi les pages où Jack s'interroge sur son rôle de père. 

Un roman carcéral magistral qui interroge les fondements de notre société. A souligner, le prologue de 8 pages, véritable chef d'oeuvre de concision, qui retrace 7 ans de la vie des parents de Jack : une moto rouge déferle dans un petit village et renverse trois cow-boys; au moteur de la bécane, un homme et une femme, deux crinières noire et blonde. Une vie qui déferle comme la moto, le bonheur, l'ennui, le drame. Rarement un écrivain aura décrit avec une telle fulgurance un destin, dans un festival de couleurs et de sons. Des parents au destin brisé, la chute, la vie de Jack commence ainsi que le roman...

Des phrases coupées dans le vif, sans fioritures, entrecoupées de beaux passages introspectifs, ainsi avance la plume de Carpenter. 

A redécouvrir. 


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