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[Critique] TRANSFORMERS 2 : LA REVANCHE

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : Transformers : Revenge of the Fallen

Note:

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Origine: États-Unis
Réalisateur : Michael Bay
Distribution : Shia LaBeouf, Megan Fox, John Tuturro, Josh Duhamel, Tyrese Gibson…
Genre : Science-fiction/Action
Date de sortie : 24 juin 2009

Le Pitch :
Sam Witwicky se prépare à partir à l’université, mais les choses tournent mal lorsque ses potes mécaniques les Autobots demandent son aide dans leur conflit contre les Decepticons, qui sont de retour pour se venger. L’humanité est alors replongée dans une nouvelle crise planétaire. Sam découvre la vérité sur les origines ancestrales des Transformers, et doit accepter sa destinée s’il veut sauver le monde de la destruction…

Critique :
Voici tout ce qu’il faut savoir: Transformers 2: La Revanche est un supplice horrible à la durée interminable. Après environ deux heures de votre vie perdue pour rien, le robot appelé Devastator se pointe à l’écran, et tout ce qu’il fait, c’est creuser un trou. Il y a un million de trucs intéressants qu’on pourrait faire avec un robot de la taille d’un gratte-ciel constitué de sept autres robots. Mais non, lui creuse un trou et nous gratifie d’un gros plan de deux boulets de démolition qui lui servent de robo-testicules (non, vraiment. Un personnage les appelle « le scrotum de l’ennemi », juste pour en être sûr).

Et c’est ça, le nouveau « chef-d’œuvre » qu’est le deuxième Transformers. Après tout, qu’est qu’on pouvait attendre de mieux du plus grand pourvoyeur du cinéma de la connerie ?

Le premier opus de Transformers était une travestie absolue, l’un des pires navets d’Hollywood de la dernière décennie. Et tous les problèmes qu’il y avait, la suite les a en triple : un scénario tellement pitoyable que ça en est carrément stupéfiant, des dialogues affreux, une armée de personnages inutiles, de l’humour immature et des tas de ferraille archi-moches. Et pourtant, selon les admirateurs du film (qui sont d’un nombre déconcertant) on est censé fermer les yeux sur tout ça, parce que « WTF Mec ?! C’est inspiré d’une ligne de jouets ! Tu t’attendais à quoi, vieux ? »

Cet argument classique n’a pas de sens. Et alors ? Le fait d’avoir un sujet douteux n’est pas une excuse pour ignorer les règles basiques de mise en scène cinématographique et de structure narrative. Soyons sérieux une seconde, bordel! C’est pas comme si c’était un film d’étudiant où on est supposé être reconnaissant de son existence. Ils ont claqué 200 millions de dollars sur ces conneries. Il n’y aucune raison pour ne pas demander plus.

On peut faire un bon film à partir de tout et de n’importe quoi et vice-versa. Prenez l’adaptation du Parrain au cinéma. Le roman lui-même (écrit par Mario Puzo) n’est pas génial, mais on l’a donné à Francis Ford Coppola et il en a fait l’un des meilleurs films de tous les temps. Le Bûcher des Vanités de Tom Wolfe est vu comme l’un des livres les plus importants de l’âge moderne. On en a fait une adaptation cinéma avec Tom Hanks et Mélanie Griffith. Résultat ? Navet. Des films sur l’avènement du Christ peuvent aboutir à des désastres, tout comme des films sur un homme riche qui se déguise en chauve-souris peuvent donner des chefs d’œuvres…

Mais Transformers, c’est pas la même chose ! C’est une ligne de jouets ! Bon, d’accord. Et bien la même chose va de soi pour les séries télé et les comics et eux au moins atteignent parfois un niveau convenable. Ce n’est pas déraisonnable de demander à un long-métrage qui a coûté 200 millions balles d’être à la hauteur !

Concernant l’intrigue, Sam Witwicky essaie de vivre une vie normale et se prépare à partir à la fac. C’est une décision qui crée des tensions avec ses parents et sa copine Michaela, déjà traumatisés par leur expérience à la base secrète militaire….Non, désolé, mais qu’est qu’on en a à foutre ? Est-ce quelqu’un regarde un long-métrage appelé Transformers pour suivre les aventures du cousin attardé de Peter Parker ? De la poupée gonflable vivante ? Des agents secrets à deux balles ? Des soldats militaires en carton ? Ou même d’un seul des seuls personnages humains inutiles qui inondent ces long-métrages et servent d’excuse à Bay pour continuer à faire semblant qu’il ne fait pas un film adapté d’une saga qu’il déteste ouvertement ?

On n’est pas ici dans un film de Godzilla où on a besoin d’une grosse histoire humaine pour faire avancer l’intrigue parce que les monstres sont muets. Les Transformers peuvent parler, ils ont des émotions, des personnalités. Certes, des personnalités stupides, superficielles et mêmes racistes, là il n’y a pas de doute. Les robots jumeaux Skids et Mudflap en sont la preuve primordiale. D’ailleurs, ils ont des visages de singe, parlent un jargon caricatural, se disputent, se disent analphabètes et l’un d’entre-eux a une dent en or. En soit, des versions robotiques du stéréotype noir datant du siècle dernier. Comme Jar Jar Binks. Merci Michael, franchement merci.

Pensons de façon objective. Oui, les scénaristes foutent tout en l’air une fois de plus, mais les débuts d’une histoire intéressante sont là, non ? Des robots venus de l’espace ! Des planètes mécaniques ! Des guerres civiles intergalactiques faisant rage pendant des millénaires ! C’est épique, ambitieux et les idées sont grandes  ! Alors pourquoi, bordel, est-ce qu’on est censé en avoir quelque-chose à foutre d’une succession interminable de conneries et de clichés sortis tout droit d’une comédie romantique ? Où l’enjeu est si oui ou non le mec de Paranoïak couchera avec le sex symbol le plus détestable et incompétent depuis l’arrivée de Denise Richards (Au fait, les gars : soyons gentils et arrêtons les remarques machos du genre « Ouais, mec, je regarderais Transformers juste pour mater Megan Fox ! ») ?

Quoi qu’il en soit, pour tous les fans hardcore des Transformers qui se demandent quels aspects de la mythologie Bay et compagnie ont décidé de bousiller : le Fallen et la base des Decepticons sont un plagiat paresseux d’Alien, Soundwave est un satellite qui ne branle rien, Wheelie est encore plus soulant que sa version animée, la Matrice de Création ressemble à un design de tatouage raté. Et c’est à peu près tout en ce qui concerne les robots qui, une fois de plus, n’occupent qu’un tiers de leur propre film et là encore comme des images de fond pour des opérations militaires, qui ne sont là que pour Bay continue à satisfaire ses fantasmes puérils pour l’armée.

Mais c’est pas grave, on s’en fout si les acteurs, le scénario, la mise en scène et la cinématographie sont tous déplorables, parce que Michael Bay fait tout péter ! On pourrait sûrement dire qu’au moins l’action est un facteur positif dans tout ce bordel. Mais non, ce n’est pas le cas, parce qu’on parle d’un film de Michael Bay, donc on se fait agresser la rétine par du chaos insensé et hyperactif qui défile à cent à l’heure. Pas une image qui ne dépasse la seconde, pas une séquence d’action qui ne soit truffée de jump-cuts. Tout est vu à travers une caméra qui a des crises d’épilepsie. Avec un coucher de soleil obligatoire. Vu à travers le reflet d’un objectif. Il ne manque plus que le drapeau américain flottant en premier plan pour que le spectateur soit entièrement aveugle.

On pourrait passer des paragraphes à faire la liste de tous les problèmes qui infectent ce film, mais au final ils viennent tous de la même source : Michael Bay et ce genre de sujet ne vont pas ensemble. Qu’on le veuille ou pas, des personnages comme Optimus Prime ou Musclor occupent le même espace dans les cœurs de la génération qui a rendu la saga assez endurante et profitable pour en faire un film, que Robin des Bois ou Davy Crockett ont fait pour les générations précédentes. Pour retranscrire de tels éléments à l’écran, il faut avoir un sens préservé de son enfance, ou au moins quelque-chose qui ressemble à une âme artistique. Bay n’a ni l’un, ni l’autre. C’est un cinéaste en régression.

Entre ce film et toutes les autres adaptations commerciales de jouets qui sont censés venir à l’écran, il serait judicieux de craindre pour notre propre nostalgie. Quelles autres reliques de notre enfance seront les prochaines à être bousillées ? Les Maîtres de l’Univers (N’y pense même pas, Mike !) ? Les Tortues Ninja (attendez un peu ça vient…) ?

Ce film est une tragédie. Un foutage de gueule. Une profanation. Une abomination. Pas seulement des Transformers, mais du cinéma lui-même. On a touché le fond. Voici la nouvelle référence, un nouveau monument de tourmente qui rejoindra les rangs de Batman et Robin, The Room, Battlefield Earth et toutes les atrocités d’Uwe Boll dans le panthéon des pires bouses de l’histoire du septième-art. C’est une expérience agonisante. Une torture qui ne veut jamais finir, un film sans talent, sans bonté, sans pitié, sans joie.

D’une certaine façon, Transformers 2: La Revanche marquera la fin d’une ère. Bien sûr, il y aura bien d’autres blockbusters bourrés d’action et d’effets spéciaux, mais jamais un film aussi vide, implacable, insincère, excessif, auto-indulgent, incompréhensible, long (149 minutes) ou coûteux (200 million de dollars !) que celui-ci. Tels les dinosaures, l’espèce est devenue trop grande pour survivre et sera anéantie par un évènement cataclysmique, pour être remplacée par des formes plus compactes et durables. Du moins, espérons-le.

@ Daniel Rawnsley

[Critique] TRANSFORMERS 2 : LA REVANCHE

Quand elle bricole une moto, Megan ne fait pas les choses à moitié

Crédits photos : Paramount Pictures


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