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Cadeaux bonux de départ de l’UMP : trois décrets « scélérats »

Publié le 13 mai 2012 par Kamizole

Ah ! Les sales bêtes… Faire les choses proprement ? UM/Possible. Ils veulent "lessiver" François Hollande avant même la passation de pouvoir. J’avais déjà connaissance de deux décrets d’application de loi contestables - et contestés - pris alors que la défaite de Sarkozy était déjà effective sinon inéluctable. Il en tombe un autre, sans préjuger de ce que nous apprendrons au fur et à mesure des articles de presse… « Et un ! Et deux ! Et trois ! »… Soleil ? Non : saloperies !

Cinq années de sarkozysme réel et de grandes souffrances pour le peuple, de décomposition de la France, des institutions républicaines et des grands principes qui la fondent, ne leur auront pas suffi : ils laissent leur trace comme les chiens marquent leur territoire. Ils comptent bien le réinvestir le plus vite possible, fût-ce au prix d’une ignominieuse collusion avec le Front national…

Le DOUKIPUDONKTAN inaugural de Zazie dans le métro s’applique aussi bien à Sarkozy qu’à Jean-François Copé et à une foultitude de leurs sbires. Il y a belle heurette qu’ils sont en état d’anosmie - perte de l’odorat - politique. L’odeur des égouts et fosses à purin leur est aussi délectable que celle de l’holocauste du bélier l’est au Seigneur (Exode 29-18) tandis que celle de la rose - surtout au poing ! - leur est particulièrement détestable. Fi ! Donc… S’intéresser au sort du peuple et à la justice sociale ? Vous n’y pensez quand même pas.

Contrairement à leurs affirmations, je ne crois nullement qu’ils souhaitassent - malgré tout - que François Hollande et son futur gouvernement réussissent dans la tentative de redresser l’économie de la France. Bien au contraire, je suis persuadée qu’ils souhaitent le plus d’embarras possible - ils y mettront tous les bâtons dans les roues qu’ils pourront - la catastrophe réjouirait leurs sinistres augures : « Nous l’avions bien dit »… La politique du pire ne leur fait pas peur qui leur permettrait de revenir en force achever leur sale boulot.

En attendant, ils essaient de ne pas quitter le pouvoir prétendument pour que les socialistes ne détiennent pas tous les rouages - du gouvernement au Parlement en passant par l’exécutif des collectivités locales. Ce qui ne les a jamais gênés quand ils les possédaient quasi tous : mais c’est rien moins que normal. J’ai déjà eu souventes fois l’occasion d’écrire que dans leur conception le pouvoir appartient par essence à la bourgeoisie et donc à la droite la plus dure, la gauche ne pouvant le prendre que par effraction ou ruse - dixit cette saleté de François Baroin - et pour une parenthèse la plus courte possible. L’Histoire de la France depuis la Révolution nous l’enseignant abondamment.

A défaut d’avoir pu maintenir Nicolas Sarkozy à l’Elysée jusqu’en 2017 - ligne bleue horizon de tous les ambitieux barons du sarkozysme, les jeunes comme les plus âgés, les hommes comme les femmes - ils se déchaînent dans l’espoir d’imposer une « cohabitation » en obtenant une majorité d’élus à l’Assemblée nationale : François Hollande serait alors obligé de nommer un premier ministre de l’UMP - nul doute que Copé s’y voit déjà ! - qui ferait capoter toutes les réformes prévues dans son programme.

Quand bien même François Hollande sera-t-il suffisamment intelligent pour ne les faire adopter qu’en tenant compte des possibilités réelles de l’économie. Il y a belle heurette que je suis persuadée qu’il n’y aurait aucun « état de grâce » tant la situation économique était déjà suffisamment dégradée - on dit merci qui ?

J’en arrive donc aux trois décrets que je peux me permettre de qualifier de « scélérats » dans la mesure où deux ont été publiés au Journal officiel le lendemain de l’élection et un autre le jour même. « Vox populi, vox dei » ? Mon cul ! L’UMP aura beau se proclamer « populaire »… comme tous les partis d’hier et d’aujourd’hui qui se sont affublés de cet épithète, il faut traduire par « ultra-réactionnaire » voire quasi facho.

Mettre l’Etat et ses institutions, la société toute entière au service exclusif des possédants et multinationales - lesquelles n’ont jamais fait la preuve depuis des décennies de la moindre once de patriotisme économique, bien au contraire ! Mettre la plus grande majorité des Français en état de quasi esclavage à leur service et ravaler les citoyens à l’état de sujets - « de mécontentement » eût dit Rochefort ! - tel est leur véritable programme.

Et pour parachever le tout, bazarder la France en la diluant dans une Europe qui n’aura jamais fait autre chose qu’accélérer davantage sa ruine et l’abdication de pans entiers de la souveraineté nationale. Ces pauvres taches si imbues de leur personne étant UM/Pcapables de comprendre qu’ils ne sont que de pauvres marionnettes ne possédant qu’un ersatz de pouvoir : celui que leur laissent les vrais « maîtres du monde » qui tirent les ficelles, qu’ils sévissent dans le Groupe de Bidelberg, à la Trilatérale et dans tous les marchés financiers que compte la planète.

Premier décret qui m’était tombé sous la dent à la lecture du Monde, celui que prit Luc Chatel en tant que ministre - calamiteux s’il en fût - de l’Education nationale. Evaluation des enseignants : réforme publiée... aussitôt recalée (9 mai 2012). « Faire paraître ce décret alors que l'élection a eu lieu, c'est une ultime provocation » dénonce Christian Chevalier, du SE-UNSA : « Le dialogue social n'a vraiment pas fonctionné sur ce dossier »… Rien de bien surprenant au demeurant, depuis 2007 le dialogue social s’étant résumé à un vrai dialogue de sourd : « cause toujours, tu m’intéresses »…

Ce n’est pas pour rien que je le baptisai Luc Chatel depuis fort longtemps - il s’occupait alors du commerce - "Bécassin"… Mais ce fut encore pire à l’Education nationale car - sans doute de ses études à HEC (comme Valéry Pécresse qui sévit à l’Enseignement supérieur) et de son passage à l’Oréal il s’est forgé une conception de pur margoulin. Les études doivent être utiles aux employeurs, point barre.

Il s’agit donc de réformer la notation des enseignants de l’enseignement secondaire. Pour faire court, jusqu’à présent les enseignants étaient évalués - comme tous les fonctionnaires - par le directeur de leur établissement pour tout ce qui concernait leur comportement en tant qu’agent public : assiduité, relations avec leurs collègues et la hiérarchie.

En revanche, s’agissant de tout ce qui avait trait lato sensu avec la pédagogie - la manière d’enseigner et comment ils faisaient cours à leurs élèves - l’inspecteur d’académie assistait à une classe lors de son contrôle, s’intéressait aux travaux des élèves, aux cahiers de transmission avec les parents, etc. - le contrôle était mené par des inspecteurs d’académie, eux-mêmes anciens profs suffisamment émérites et ayant passé un difficile concours de recrutement, avec l’insigne avantage d’avoir enseigné la même discipline que les profs qu’ils inspectaient, alors que les directeurs de collège sont des administratifs

Etonnez-vous ensuite que les enseignants et leurs différents syndicats fussent tout à fait hostiles à cette notation nouvelle mouture - de leur activité pédagogique ! Comme en témoigne un autre article du Monde Tollé après la publication du décret modifiant le système d'évaluation des enseignants (9 mai 2012).

Valérie Pécresse ne pouvait manquer une nouvelle saloperie tant elle est coutumière du fait. Si je devais faire le décompte de toutes ses déclarations hostiles et mensongères à l’encontre de François Hollande - elle serait nominée pour « l’étron d’or » au même titre que mes têtes de Turc favorites - Nadine Morano, Valérie Rosso-Debord, Rachida Dati, Nathalie Kosciusko-Morizet et tout dernièrement Maryse Joissains, sans préjuger de celles que je garde bien au frais, par malheur pour elles, j’ai la mémoire des noms ! - il me faudrait un article tout entier voire un livre… à la gloire de son passage dans les ministères qu’elle a occupés.

Or donc, ce fut une brève d’Europe 1 qui me mit au parfum elle annonce l’instauration de la TVA sociale en cas de cohabitation (7 mai 2012). Nous savons que se maintenir envers et contre tous à l’Assemblée nationale constitue désormais leur seul objectif, l’alpha et l’oméga de leur projet pour la campagne des législatives. Mais ce n’est pas tout : j’apprends en effet que Valérie Pécresse a signé et donc fait paraître au Journal officiel le décret d’application de cette loi dont la grande majorité des citoyens - qui sont également des consommateurs - ne veulent pas, non plus que la plupart des commerçants et artisans, car elle ruinerait encore davantage leur pouvoir d’achat, déjà dans les chaussettes pour diverses raisons toutes imputables à la politique économique, sociale et fiscale de Nicolas Sarkozy et de ses fines équipes de branquignols, ainsi qu’aux parlementaires de l’UMP.

Lequel décret est paru le 6 mai au JO, soit le jour même où nous étions appelés aux urnes !

Nicolas Sarkozy, malgré ses déclarations en forme de méthode Coué, devait bien savoir que les carottes étaient cuites. Pourquoi, cette nouvelle provocation ? Parce que vous ne me ferez jamais croire que Valérie Pécresse aura pris cette initiative sous son bonnet. Il est bien connu que les ministres de Sarkozy doivent lever la main avant d’aller pisser.

D’autant que la mère Pécresse ne s’arrêtera pas là. Toujours sur des brèves d’Europe 1 - une véritable provende s’agissant de la substantifique moelle des déclarations - je lis qu’en matière de dérapage budgétaire Pécresse avertit Hollande (11 mai 2012) lui signifiant que « le dérapage budgétaire prévu pour la France en 2013 par la Commission européenne est un "sérieux avertissement" pour le président élu qui a promis des "dépenses inconsidérées" »…

François Hollande affirmant par ailleurs avoir « anticipé une dégradation des finances de la France ». La pôv c… Elle n’est même pas cap de subodorer que François Hollande - un social-démocrate pragmatique - adoptera des mesures compatibles avec l’état des finances publiques et qu’il m’étonnerait fort qu’il se laissât entraîner dans des mesures aussi idéologiques que démagogiques. Copé aura beau dire que « demain on rase gratis » c’est-ce qu’il tente de faire accroire après que nous eussions été tous plumés - mais pas gratis ! - depuis 2007.

Comme elle ne manque ni de toupet ni d’air - d’une quoi ? - elle se permet d’affirmer dans un communiqué, également cité par Europe 1 qu’il n’y aurait "aucune surprise" dans les comptes publics (9 mai 2012) dans l’état des lieux des comptes de la Nation que doit dresser la Cour des comptes… Car selon elle, « l’exécution du budget de l’Etat est totalement fidèle à ce qui a été voté par le Parlement et totalement en ligne avec les prévisions ». Il restera à savoir si quelque comptes ou engagements occultes n’éclateront pas par la suite comme autant de bombes à retardement : « Avec Nicolas Sarkozy, tout est possible »… surtout le pire !

Valérie Pécresse, admet toutefois qu’il existerait « une incertitude sur les dépenses de l’Etat, de l’ordre d’un milliards d’euros - moindre que les incertitudes à la même époque depuis 2009 ». Mais que s’agissant de la partie « recettes » il serait impossible d’établir des prévisions pour avril et mai puisqu’elles ne seront connues - comme chaque année qu'en juin et juillet.

Sans être grand clerc, je peux d’ores et déjà subodorer qu’elles ne sauraient être florissantes. Pour une raison évidente : l’on ne peut mener une politique d’austérité à ce point féroce et espérer en même temps tirer la consommation des ménages et le chiffre d’affaires des entreprises et commerces qui en dépendent étroitement… Cela s’apparente à la quadrature du cercle et cela n’est pas sans raison que j’écris depuis longtemps que je préfère être keynésienne plutôt que conne !

En matière de saloperie - lui qui en fut un dispensateur plus qu’émérite - Claude Guéant ne pouvait être en reste. Je tombe ce matin en épluchant la Une du Monde sur le titre d’un article de Laurent Mucchielli - sociologue spécialiste des questions de sécurité - sur son blog « Vous avez dit sécurité ? » - dont le moins que l’on en puisse dire étant qu’il n’a jamais été d’accord avec la politique de sécurité menée par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant (non plus que Brice Hortefeux ou Michèle Aliot-Marie) En guise d’adieux, Claude Guéant a activé le fichier d’analyse sérielle (13 mai 2017).

Or, ce fichier ne se contente pas de fusionner les fichiers de la police nationale - le STIC dont au demeurant la CNIL avait démontré les graves imperfections dans sa tenue - et de la gendarmerie - le JUDEX (système judiciaire de documentation et d'exploitation) - ce qui n’a rien de critiquable en soi dans la mesure où policiers et gendarmes peuvent enquêter sur des affaires différentes mais mettant en cause les mêmes personnes auteurs d’infractions.

Il présente un grave inconvénient dans son contenu comme le souligne Laurent Mucchielli : « Cet énorme fichier désignera les personnes soupçonnées, mais également leurs victimes, le tout sur plusieurs décennies ». Bref, il surmultiplie toutes les tares constatées par la CNIL s’agissant du STIC : les condamnations effacées du casier judiciaire par la prescription, la réhabilitation, etc. les non lieus rendus par la justice. Et l’on se demandera utilement pourquoi y figurent les victimes… ad infinitum. Il me semble évident que ces fichiers devraient être "toilettés" tous les ans sous le contrôle de magistrats.

Qu’il soit couplé à un dispositif de reconnaissance faciale permettant d’exploiter les visages captés par vidéosurveillance se justifie car nous savons que nombre d’affaires sont élucidées par l’exploitation des images de vidéosurveillance.

Encore une fois, quitte à me faire traiter de réac par certains bobo qui vivent sans doute bien à l’abri dans leurs quartiers tranquilles - certains n’hésitant nullement d’ailleurs à s’enfermer dans des résidences fermées et bien gardées - je n’ai aucun parti pris contre les flics en général (policiers ou gendarmes) du moment qu’ils font correctement leur taf en respectant les lois de la République, ce qui est le cas pour le plus grand nombre d’entre eux et dans des conditions le plus souvent fort difficiles. Ils n’ont pas plus à être canardés par les malfrats que les citoyens qui doivent pouvoir circuler en toute liberté sans être agressés et ont tout à fait le droit de ne pas être cambriolés.

Mais c’est le contenu même du fichier qui pose un grave problème relativement aux libertés publiques telles que je les conçois.

Comme le souligne Laurent Mucchielli « ainsi que l’a mentionné la CNIL, on peut y trouver aussi les "origines raciales ou ethniques", ainsi que les opinions politiques, syndicales, philosophiques et religieuses, de même que des données relatives à la santé et à la vie sexuelle ». Ce qui est déjà le cas de nombreux fichiers de police tout autant critiquables. Comment le gouvernement a-t-il pu passer outre les observations de la CNIL ? Question à deux balles en Sarkozie où les principes de la démocratie et de l’Etat de droit ont sans cesse été foulés aux pieds.

En outre, le fichier d’analyse sérielle - adopté par décret de Claude Guéant le 8 mai 2012 ! - donne des pouvoirs d’investigation aux enquêteurs qui semblent exorbitants dans la mesure où rien ne précise qu’ils se réfèrent à une commission rogatoire en bonne et due forme : « Il permet aux enquêteurs d’aspirer, comparer et exploiter dans un seul fichier tout l’environnement d’une infraction, pour peu qu’elle soit punie d’au moins 5 ans d’emprisonnement. Le mécanisme est très large puisque ce fichier peut être alimenté par les appels téléphoniques, mais aussi les logs ou toutes les activités sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter dans le périmètre de l’infraction. Des sources ouvertes, donc, ou fermées comme les IP, numéros de téléphone, données détenues par les fournisseurs d'accès Internet (FAI) ».

Encore une fois, il me semble normal que les enquêteurs puissent se servir des moyens de communication informatique les plus modernes contre les malfrats qui ne manquent jamais d’imagination. Mais comment être absolument sûrs que certains policiers peu respectueux de l’Etat de droit ne seront pas tentés d’utiliser cette masse d’informations - qui dépassera sans doute très largement leurs cibles - pour s’enquérir par exemple des opinions politiques ou des mœurs sexuelles, leur santé, etc. de simples particuliers ?

Ce n’est pas pure vue de l’esprit : nous avons eu connaissance ces dernières années de cas d’ex-policiers ou voire de policiers encore en fonction qui fournissaient des renseignements, le plus souvent contre de l’argent à diverses officines. Rien ne dit que les moins scrupuleux ne fourniront pas à des employeurs des données relatives à leurs employés ou ceux qui postulent pour un poste, - santé (idem pour des assurances !), opinions politiques, appartenance syndicale, etc. lesquelles auront été recueillies en fraude dans le cadre d'une procédure, s'agissant de personnes se trouvant au mauvais moment au mauvais endroit et n'ayant jamais enfreint la moindre loi.


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