Le Mas de mon oncle...

Par Olif

Si on avait dit à Fabrice Bonmarchand qu'il allait marcher dans les pas de Jacques Tati en reprenant le Mas de l'Oncle, en grande partie en appellation Pic-Saint-Loup, Lauret-il cru?

Les vins de Fabrice Bonmarchand ne s'appellent pas Riri, Fifi ou Loulou, mais Denis, Jules, Louis, François et même Vieilles souches, ce qui n'est pas commun pour un neveu.

L'oncle, en fait, il s'appelle Denis, et c'est pour l'amour de Lauret que, dans un premier temps, le neveu Gérard Vézies, agent immobilier et grand navigateur, enfant du pays, a repris ses vignes il y a quelques années, avant de céder le domaine à Fabrice, devenu désormais producteur, mais aussi bon marchand de vins. Parmi ces vieilles vignes, du chenanson, hybride du jurançon et du grenache noir, une rareté créée fin des années 50 à l'INRA de Montpellier. Le chenanson, il n'en a pas l'air, mais il a aussi la chanson. C'est devenu la cuvée hommage au tonton. Denis 2010, ce sont des petits fruits noirs, du poivre, une belle sensation minérale en milieu de bouche et de la fraicheur. Un peu de bois aussi, parce qu'il est bien élevé, mais ça ne marque pas trop. 18 mois en fûts, ce n'est pas rien. Mais tout ça, c'est fait à la main, oui Madame.

Jules 2010, lui, c'est un Pic Saint-Loup tout ce qu'il y a de plus classique, avec un assemblage sudiste d'école: syrah, grenache, carignan et cinsault. Concentré, velouté et frais, il fait du bien au palais, le Julot. Et puis, il a une jolie échancrure en forme de Pic sur son étiquette, ce qui ne gâte rien.

Bienvenue dans le Mas de l'Oncle, alors!

Olif

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