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Prison on Fire – Quand le film de prison devient film social

Par Bebealien

On continue notre exploration des bons petits films dispos en DVD en ce moment. En effet, pas trop de temps pour le ciné le soir ces jours-ci, donc forcement moins de chroniques. Mais demain si tout se passe bien, je vous ponds un article sur MR73. Pour aujourd’hui, focus sur une sortie récente du catalogue HK Vidéo, pour un grand film méconnu.

Prison on Fire – Le microcosme sociétal carcéral

En voulant protéger un commerçant embêté par une bande de voyous, un jeune homme pousse violemment l’un d’eux qui se retrouve écrasé sous un camion. Incarcéré suite à cet accident, il essaie de survivre entre brimades, jeux de pouvoir, influence des triades et gardiens plus ou moins regardants. Mais c’est surtout auprès de Ching, prisonnier drôle et charismatique, qu’il va apprendre à survivre.

L’affiche chinoise du film : Chow Yun Fat et Tony Leung

Le film de prison est un grand classique du film d’exploitation. Il connaît même un sous-genre à lui tout seul : le film de femmes en prison, souvent prétexte pour des plans nichons faciles et des séances de torture/sévices sur de pauvres jeunes filles. Mais revenons à nos moutons. Le film de prison, donc, est souvent bâti sur le même schéma, où un personnage brimé fini par se rebeller et par aller casser la figure du caïd local.

Si le premier tiers du film fait écho à ce schéma immuable, il l’abandonne pour la suite. Ringo Lam décide en effet d’avoir une approche réaliste et même sociologique pour traiter sa thématique. Il s’évertue à décortiquer la manière dont les prisonniers finissent par recréer à l’intérieur de la prison un modèle sociétal relativement similaire à ce qui se fait à l’extérieur.

Une scène de tension du film, lorsque les prisonniers refusent de s’alimenter

Entre luttes d’influences, politique, trahisons, chacun essaie de se positionner. De même quelques figures phare plus charismatiques que la moyenne créent une sorte de cour autour d’eux. Cette cour cherchant à la fois à exécuter les moindres désirs de leur « maître » et à lui planter un couteau dans le dos dès qu’il montre un signe de faiblesse.

C’est également une réflexion par rapport au pouvoir, ici défini par les personnages des gardiens, où quelques figures paternalistes et humaines n’ont qu’une autorité de façade. Pour pousser un petit peu plus loin on peut même avancer que Ringo Lam, en parlant de l’univers carcéral, décrit finalement notre société. Il fait du coup une critique relativement acerbe du pouvoir, de ses rouages, de ses abus et de la difficulté de le maintenir.

Le dortoir, coin paisible, mais aussi théatre de règlement de comptes la nuit venue…

Pour appuyer son histoire forte, Lam fait appel aux deux stars des années 90 : Chow Yun-Fat (The Killer, A tout épreuve, le Syndicat du crime… et plus récemment pour ceux qui ne le connaissent pas : Tigre et Dragon, Pirate des Caraibes 3…) et Tony Leung Chiu Wai (Une balle dans la tête, A tout épreuve… et plus récemment In the Mood for Love et Hero).

La jaquette chinoise de la suite

Prison on Fire eut une suite, toujours centrée sur Ching joué par Chow Yun Fat, et qui s’intéresse cette fois-ci aux immigrés devant tomber dans la délinquance pour survivre. La thématique est plus lourde et le film plus mineur, sans toutefois être désagréable.

Un coffret réunissant les deux est disponible depuis peu chez HK Vidéo.


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LES COMMENTAIRES (1)

Par Tony
posté le 04 novembre à 18:09
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Tony Leung Chiu Wai (in the mood for love) ne joue pas dans Prison On Fire. C'est Tony Leung Kar Fai (L'Amant, Double Vision, The Triad Zone etc).

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