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[Critique] PIÈGE FATAL

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : Reindeer Games

Note:

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☆
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Origine : États-Unis
Réalisateur : John Frankenheimer
Distribution : Ben Affleck, Charlize Theron, Gary Sinise, Danny Trejo, Dennis Farina, James Frain, Donal Logue, Isaac Hayes, Ashton Kutcher…
Genre : Thriller
Date de sortie : 7 juin 2000

Le Pitch :
Nick et Rudy se serrent les coudes en prison, alors que le jour de leur libération approche. Rudy n’a aucune perspective d’avenir contrairement à Nick. Dehors l’attend la belle Ashley, une jeune femme rencontrée par le biais d’une petite annonce. Malheureusement, Nick est tué au cours d’une émeute. Rudy décide alors de prendre la place de son ami auprès d’Ashley. Immédiatement, les deux amoureux profitent de la liberté retrouvée de Rudy qui se fait passer pour Nick. Une usurpation d’identité qui va réellement poser problème lorsque Gabriel, le frère d’Ashley, fait son apparition, avec perte et fracas, dans la ferme intention d’enrôler l’ex-taulard dans un hold-up ambitieux…

La Critique :
Il y a d’abord ce titre. Certes il s’agit du titre français, mais quand même. Il y a ici matière à rebuter. Les plus jeunes n’ont peut-être pas connu l’époque d’Hollywood Night, cette espèce de série télé qui avait pour vocation de diffuser des téléfilms le samedi soir sur TF1, mais avec un titre de film pareil, on est en plein dedans ! Les promesses d’un thriller basique, aux rebondissements cousus de fil blanc sont toutes là. Le truc c’est que c’est John Frankenheimer (Le Prisonnier d’Alcatraz, French Connection 2, Ronin…) qui réalise. Piège Fatal est son dernier film de cinéma (il a ensuite réalisé une pub et un téléfilm, avant d’aller rejoindre le paradis du septième-art en 2002). Et Piège Fatal vaut beaucoup mieux qu’un banal épisode d’Hollywood Night. Même si les ficelles sont relativement grosses et que les ressorts restent on ne peut plus prévisibles.

Il se dégage de ce sympathique petit thriller un parfum des plus séduisants. Le temps file, le rythme est tendu et l’action soutenue. Que demander de plus, tout en sachant que ce n’est pas devant Piège Fatal que nous prendrons une méga baffe ? Et pourquoi ? C’est simple ! Le film de Frankenheimer est ce que l’on appelle un thriller à tiroirs. Rempli à ras la gueule de faux semblants, Piège Fatal pêche par excès, spécialement lors de son dernier quart qui s’apparente à un grand n’importe quoi scénaristique. On sent bien la volonté du scénariste Ehren Kruger (qui a aussi écrit Arlington Road, Scream 3 et les deux derniers Transformers) de créer la surprise, quitte à sortir l’artillerie lourde. Et le procédé s’avère non seulement prévisible mais vraiment super poussif. Ce n’est pas franchement dérangeant mais plutôt symptomatique d’une certaine école d’écriture qui n’hésite jamais à pousser le réalisme dans ses derniers retranchements pour arriver à ses fins.

Alors que Piège Fatal avait commencé sous les meilleurs hospices, à savoir ceux d’une romance teintée de policier, aux dialogues parfois bien sentis, il s’enfonce progressivement dans les méandres du thriller de bas étage. Et c’est précisément à ce moment que les acteurs sauvent la mise.

En tête de liste, on retrouve Charlize Theron, qui n’est pas encore la star bankable que l’on connait, mais qui a tout de même quelques beaux films à son palmarès (dont The Yard de James Gray). La comédienne est d’une beauté à couper le souffle. Tout spécialement au début du film ou la naïveté et le dévouement de son personnage insufflent un véritable charme au long-métrage. De quoi mettre quelque-peu en valeur le fadasse Ben Affleck qui de son côté fait ce qu’il peu pour compenser un manque flagrant de présence. Surtout lorsqu’il partage des scènes avec Gary Sinise, pas encore expert à Manhattan et toujours parfait dans un rôle de salopard plutôt bien senti. Les seconds couteaux aussi ne manquent pas de charme, avec notamment Danny Trejo, pas encore armé de sa Machette et le chanteur soul Isaac Hayes qui brille par sa classe innée.

Tout ce joli monde donne à Piège Fatal ses lettres de noblesse et permet de hisser le long-métrage un peu au dessus de la moyenne.

Inscrit dans la logique d’un réalisateur axé sur l’efficacité, Piège Fatal fait office de bon divertissement. Ni plus ni moins. Il se laisse regarder et franchement, on ne refuse jamais l’invitation de Charlize. Jamais…

@ Gilles Rolland

[Critique] PIÈGE FATAL
Crédits photos : Miramax


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