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Article : Chroniques des Trois Royaumes [1]

Par Julien Peltier
Le roman des Trois Royaumes est l’un des ouvrages les plus lus dans le monde. Prenant pour cadre la Chine du IIIe siècle, il relate l’histoire de l’ascension et la chute de trois royaumes légendaires (non dans leur véracité historique, mais dans leur notoriété actuelle). Comme tout roman historique, il contient une part de vérité et une part de fiction. Le but de cette chronologie est de faire la part entre ce réel et la fiction. Pour ce faire, l'histoire sera divisée en chapitres sans distinction des royaumes, à la différence des divers articles consacrés à cette période. Pour simplifier la compréhension, un seul nom sera utilisé pour chaque protagoniste (les asiatiques possédaient souvent plusieurs noms).

Partie 1 : La chute de l’empire Han
Vers le IIIe siècle avant notre ère, un petit fermier appelé Liu Bang devint un officier respecté. A la suite d’une longue guerre, il parvint à prendre le dessus sur les autres seigneurs de guerre. Le pays une fois unifié, Liu Bang monte sur le trône impérial sous le nom de Han Gaozu (202-195).
(la Chine de 206 avant J.C à 8 Après J.C)
Quatre siècles plus tard, l’empire des Han est un état centralisé et institutionnel. L’apport des lettrés confucéens confère à l’empire une légitimité religieuse et les empereurs Han (sauf quelques exceptions) ont régné en maître sur la Chine. Mais comme tout empire, les Han étaient voués à l’effondrement. Pressions externes des peuples "barbares", famines et autres catastrophes en tout genre permettent aux seigneurs de guerre de se décentraliser peu à peu du pouvoir impérial.
1.1 La révolte des Turbans jaunes
Les diverses catastrophes naturelles étaient souvent imputées à la colère d’un dieu. Dans une Chine extrêmement croyante, il n’était pas rare qu’un chef d’une secte quelconque déclare pouvoir apaiser les dieux à condition qu’il prenne le pouvoir. Jusqu’ici, ces "révoltes sectaires" n’eurent pas grande importance. Jusqu'à ce que différentes sectes se réunissent sous une même organisation appelée "voie de la grande paix". En 184 de notre ère, leur chef Zhang Jiao est à la tête de 400 000 soldats, pour la plupart des paysans affublés d’un turban jaune (d’où le nom de la révolte), lorsqu’il déclare l’insurrection.
En quelques semaines, des villes de grande importance dans les régions du Shandong, d’Anhui et du Henan tombent aux mains des révoltés. Bien que ces villes soient très éloignées de la capitale, le coup est rude pour l’empereur qui doit s’en remettre à des seigneurs de guerres qui se décentralisent de plus en plus.
Dong Zhuo (le général en chef de la campagne), Cao Cao, Yuan Shao, Sun Jian et Ma Teng sont quelques uns des grands généraux qui participent à la campagne. Leurs actions sur le champ de bataille ainsi que l’importance de leur fief oblige l’empereur à les récompenser. D’autres comme Liu Bei et Lu Zhu ne reçoivent rien malgré leur engagement massif. La campagne se termine en 192 avec la fin officielle de la révolte. La plupart des seigneurs non récompensés commencent à avoir un certain ressentiment face au pouvoir impérial tandis que les seigneurs de guerre récompensés commencent a avoir une ambition grandissante.
1.2 La fin des Han
Dong Zhuo est l’un d’entre eux. Simple petit gouverneur de Hedong, Zhuo devient général de l’Armée du Front, Seigneur de Aoxiang et Préfet de Xiliang suite à la campagne des Turbans jaunes. Grâce à divers pots de vins et autres intimidations, il monte encore en importance. En 189, He Jin, un officier impérial, lui demande des renforts pour mater une insurrection des eunuques (les eunuques étaient les principaux fonctionnaires du pouvoir impérial) à Luoyang, la capitale.
A la fin de la bataille, il retrouve l’empereur Shao qu’il prend sous son aile (en réalité il le prend en otage). Dès cet instant, Dong Zhuo prend le pouvoir. Il s’autoproclame ministre des Travaux et dépose l’empereur Shao pour nommer l’empereur Xian alors âgé de 8 ans. Assuré de son emprise sur le gouvernement, il prend le poste de Premier ministre et devient le véritable maître de la Chine.
Or, ce dernier se met à gouverner de façon tyrannique. Les impôts sont triplés (même en cas de famine), la police (en fait des membres de son armée) est partout et les lois deviennent plus dures. En conséquence, Cao Cao et Yuan Shao décident de monter une coalition anti-Dong Zhuo.
De même que pour la campagne des Turbans jaunes, cette coalition obtient un engagement massif de la part de la plupart des seigneurs de guerre. Certains espérant obtenir plus de pouvoir, d’autres tout simplement pour défendre une cause juste.
Dong Zhuo pouvait compter sur des généraux célèbres tels que Lu Bu et Hua Xiong qui étaient tous deux considérés comme étant les guerriers les plus puissants du pays. Cela n’empêcha pas la coalition d’écraser l’armée personnelle de Dong Zhuo (d’autant plus qu’Hua Xiong s’est fait abattre par une unité de Sun Jian, l’un des commandants de la coalition) dans la passe de Hu Lao.
Lorsque l’armée de Cao Cao et de Yuan Shao parvient à la capitale, Dong Zhuo la fait brûler et s’enfuit vers Chang’an en laissant Lu Bu se charger des poursuivants. La capitale reprise et Dong Zhuo hors d’état de nuire, la coalition s’effondre et chacun rentre dans son fief.
Comme lors de la campagne précédente, les récompenses sont distribuées de manière inégale. A cela s’additionne la sécession de la plupart des seigneurs de guerres face au pouvoir central. Dong Zhuo, qui s’était fait précepteur impérial entretemps, meurt de la main de son fils adoptif, Lu Bu. L’empereur Xian, qui parvient enfin à s’échapper, tombe entre les mains de Cao Cao et redevient un empereur fantoche. L’empire Han, ou ce qu’il en reste, n’existe plus et la Chine est à nouveau divisée. C’est une nouvelle ère qui commence.
Sakamoto_Ryoma
Sources :
Création Han: http://images.google.be/imgres?imgurl=http://www.memo.fr/Media/Carte_Chine_Han.gif&imgrefurl=http://www.memo.fr/articleRoute.asp%3FID%3DANT_CHI_005&h=318&w=450&sz=18&hl=fr&start=6&um=1&tbnid=Eey1x3H8ZLOwZM:&tbnh=90&tbnw=127&prev=/images%3Fq%3Dempire%2Bhan%26um%3D1%26hl%3Dfr%26lr%3Dlang_fr%26sa%3DN

Fin des Han:
Dictionnaire encyclopédique de l'histoire du monde, Michel Mourre
Il était une fois la Chine : 4500 ans d'histoire, José Frèches
http://fr.wikipedia.org/wiki/Turbans_jaunes


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