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[Critique] ROCK FOREVER

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : Rock of Ages

Note:

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☆
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Origine : États-Unis
Réalisateur : Adam Shankman
Distribution : Julianne Hough, Diego Boneta, Tom Cruise, Malin Akerman, Catherine Zeta-Jones, Bryan Cranston, Alec Baldwin, Russell Brand, Paul Giamatti, Will Forte, Kevin Nash, Mary J. Blidge, Jeff Chase, Jessica Guadix…
Genre : Comédie musicale
Date de sortie : 11 juillet 2012

Le Pitch :
Fraichement débarquée à Los Angeles, tel un Axl Rose au féminin, la jeune et naïve Sherrie, aime le heavy metal. Sa valise est pleine de rêves et d’albums de Poison, Aerosmith ou Def Leppard. À peine arrivée sur le légendaire Sunset Strip, la belle blonde se fait voler ses disques, mais rencontre Drew, serveur au mythique club le Bourbon Room et lui aussi aspirant à la gloire. Embauchée dans ce même bar, Sherrie va rejoindre l’épicentre rock d’un monde dominé par la scène heavy metal et côtoyer les stars, à l’image de Stacee Jaxx. Mais galvanisés par la musique et par leur amour, Sherrie et Drew vont apprendre à leurs dépends que le music business est impitoyable avec les cœurs tendres…

La Critique :
Pour le rôle, Tom Cruise a appris à chanter, à bouger sur scène et à jouer de la guitare. Et comme Tom Cruise ne fait jamais les choses à moitié, il a passé cinq heures par jour à s’entrainer. Le résultat à l’écran s’en ressent. Son personnage, Stacee Jaxx, qu’il est bon de situer quelque-part entre Axl Rose (pour le côté caractériel, pour les retards sur scène et pour les loges décorées comme des plateaux de cinéma) et Jon Bon Jovi (pour le côté bellâtre au cœur tendre, pour la voix et pour l’attitude scénique complètement calquée) sent bon le whisky, la sueur et le rimmel. Sur les planches ou en coulisses, Cruise assure -comme toujours- et se fond dans le décors. Par chance, son cabotinage colle à merveille car de toute façon, dans le genre, impossible d’en faire trop. Il suffit pour cela de regarder les Bret Michaels, les Dee Snyder ou les Vince Neil. Jusqu’ici tout va bien. Tom Cruise est un grand acteur, il le prouve encore là, c’est normal.

Dommage que ce soit à l’occasion d’un long-métrage qui aborde un sujet qu’il ne respecte pas et -accessoirement- auquel il ne connait que dalle. Enfin, que dalle, l’expression est forte. Disons que Rock Forever s’arrête là où commence le vrai heavy metal. Rock Forever s’articule autour des tubes mais c’est bien tout.

En fait, Rock Forever est aussi rock que Moulin Rouge n’était punk. Pour vous donner une idée de la tonalité du film, on pourrait le situer à la croisée des chemins de la série Glee et de Coyote Girls. Rien d’étonnant alors, qu’Adam Shankman le réalisateur, ait justement bossé sur Glee et ait réalisé Hairspray. Son Rock Forever est une comédie musicale de plus, qui brasse les mêmes thèmes que toutes les comédies musicales à la mode (presque toutes) et qui s’apparente à une véritable arnaque pour tout bon fan de rock et de heavy metal. Rock Forever n’a de rock que son titre et son look de façade (les coiffures, les fringues, la déco, les affiches de Motörhead dans la rue…).

Rock Forever sent la guimauve là où il devrait sentir la sueur, le sexe, le sang et les larmes.

En gros, le film s’apparente bel et bien à un long épisode de Glee. Ni plus ni moins. Tout est très policé et sage et les personnages ont beau affirmer leur amour pour le rock, rien à l’écran ne vient illustrer cette passion.

Il y a de quoi ressortir énervé de cette expérience « cinématographique » poussive, même si rien ne laissait présager une réussite. Adapté de la comédie musicale éponyme, Rock Forever ne va pas plus loin que la simple mise en image d’une série de poncifs archi-éculés qui véhiculent des valeurs elles aussi rabattues. Une nana de la cambrousse qui déboule dans une grande ville et qui doit mettre ses rêves au placard pour survivre, merci on connait par cœur. Le long-métrage tente aussi de souligner le rôle social du rock, en l’opposant à la politique et à la religion, mais la aussi il fait chou-blanc. Le personnage de Catherine Zeta-Jones, qui personnifie cette farouche opposition est ridicule. Tout spécialement quand cette dernière chante pour expliquer ses objectifs (car on chante à tout bout de champs dans une comédie musicale, y compris quand on va pisser) sur le We’re not gonna take it de Twisted Sister. Groupe qu’elle est censée détester.

Mais Rock Forever n’est pas à une incohérence près. Et franchement, au fond, rien n’est pire que d’entendre des chef-d’œuvres du heavy, passés à la moulinette d’une pop dégoulinante. De Paradise City de Guns N’ Roses à I Wanna Rock de Twisted Sister, en passant par More Than Words d’Extreme, les tubes en prennent un gros coup dans l’aile, quand ils ne sont pas carrément mixés à d’autres, au cours d’horribles mash-up (qui est déjà un truc ignoble à la base) outranciers.

À noter les apparitions furtives de Nuno Bettencourt d’Extreme et de Sebastian Bach de Skid Row, qui ont dû recevoir un bon gros chèque pour assister à une telle débâcle. Dommage, vu le casting, prestigieux et plutôt pertinent, même si Russell Brand, après son superbe rôle similaire dans American Trip, tombe ici dans la gaudriole embarrassante.

Des années 80, Shankman n’a retenu que le vernis. L’imagerie, qui sonne faux mais qui a de la gueule et les ballades, prétextes à nourrir les aspirations tragi-comiques de ses héros. Il bafoue le heavy, il lorgne vers le rock fm, en convoquant par exemple Foreigner, souligne les clichés et livre une partition bancale et foutraque.

Alors à quoi se raccrocher (l’effort est optionnel) ? Petite énumération non exhaustive :

La plastique de Julianne Rough et ses tenues valorisantes (pour les mecs), les tout petits clins d’œil au monde du rock, les décors, les riffs -si on fait exception (c’est dur) des réinterprétions désincarnées- et les acteurs qui, pour certains, ont l’air de s’amuser.

Les plus avisés, ceux qui aiment le rock, le heavy et le hard, devront revenir vers les classiques. Vers les véritables chef-d’œuvres du film rock. Ceux qui font marrer ou/et qui poussent la réflexion plus loin sans s’arrêter aux lieux communs. Et là, on parle bien sûr de This is Spinal Tap, de Presque Célèbre (auquel Rock Forever fait malheureusement penser parfois), de Wayne’s World 1 et 2 ou de Airheads. De vrais films rock, qui poussent tous les potards à 11, alors que Rock Forever n’allume même pas l’ampli et joue désaccordé…

P.S : si vous êtes fan de Glee (et de High School Musical et cie) et que Slash, C.C. Deville, Dee Snyder ou encore Bret Michaels vous sont inconnus, foncez, vous allez prendre un pied d’enfer !

@ Gilles Rolland

 

[Critique] ROCK FOREVER

 Crédits photos : New Line Cinema


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