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Quand Rousseau rencontre Cabrel

Publié le 24 juin 2012 par Sheumas

Derrière la maison (2) [1600x1200]

Rousseau a toujours fait figure de philosophe marginal par son goût préromantique pour la solitude, marginal par ses idées et marginal par l’originalité de sa démarche.

   A l’instar de Montaigne, ou de l’un des ces philosophes péripatéticiens, Rousseau est un philosophe qui marche et qui nourrit son esprit de la grandeur des paysages traversés. Essentiellement Savoie, Haute-Savoie, Suisse, Piémont. Un philosophe de plein air, nourri d’alpages et de pensées mélancoliques qui aurait bien pu hanter les tableaux de Friedrish.

   Le pas de Jean-Jacques a foulé l’herbe des sentiers dès son jeune âge. Il y a un côté Rimbaud dans Rousseau (la marque R-rance- est elle un symptôme ?) Il le rapporte dans ses Confessions, mais également dans ses belles Rêveries du Promeneur solitaire dans lesquelles il témoigne des ses plaisirs d’herborisation. La nature ne l’a pas quitté du début de ses vagabondages à l’ermitage savoyard de l’inoubliable Mme de Warens et jusqu’à ses pensées existentielles sur les rives du lac de Bienne.

   En cela, l’écriture de l’adversaire de Voltaire ne « sent jamais le cabinet ». Elle est mâtinée de pâturages, elle sent le fruit et la prairie, le vin et le lait. Dans tel passage des Confessions, il raconte le bonheur simple que lui procurent une tranche de pain, un bout de fromage partagés chez un paysan. Dans la Nouvelle Héloïse, il évoque le plaisir des vendanges et de l’activité générée au sein d’un village, d’une communauté quasi tribale, excités par le travail collectif du raisin.

   A la fin d’une telle journée, la société est loin, la répétition opiniâtre des gestes d’antan a refoulé la menace du Progrès, le luxe ultime, c’est le repas du soir, les brocs de vin, les chansons. Une « Carte postale » comme en chanterait Cabrel... L’état de nature intacte sous cette espèce de grande « cabane au fond du jardin ». Les jeunes ne sont pas encore partis de « ce hameau perdu sous les étoiles ». Mots des serveuses aimables, chiens dormant sous les tables, nuits de moisson... « Tout est bien sortant des mains du Créateur, tout dégénère entre les mains d’homme.

Goudronnées les pierres des chemins tranquilles, relevées les herbes des endroits fragiles, désertées les places des belles foraines, asséchées les traces de l'eau des fontaines


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