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PERE JEGO : l’entraineur, l’homme, la légende!

Par Citoyenhmida

Dans des billets précédents traitant du football, j’ai évoqué d’abord feu Larbi Ben Barek, puis quelques perles du football national avant d’évoquer  les joueurs qui ont fait rêver les marocains.

Ils ont été nombreux et ils ont brillé à tous les postes, de goal à avant-centre, en passant par arrière central et demi.

Mais quid des entraineurs ?

Y a-t-il eu des entraineurs nationaux qui aient marqué le sport-roi de leur empreinte ou qui aient fait rêver les marocains ?

Fermons les yeux un moment et essayons de nous rappeler !

Et soyons honnêtes : à part PÈRE JEGO, pas grand monde malheureusement !

PERE JEGO :  l’entraineur, l’homme, la légende!

On peut bien sûr s’arrêter, selon nos humeurs et nos préférences personnelles, quelques noms, tel que feu Hadj Abdelkader LAKHMIRI dont le souvenir reste présent à Mohamedia par l’entremise de grands joueurs qu’il avait formés, comme Faras ou Acila.

Plus récent dans l’histoire du football, Badou ZAKI a su mener l’équipe nationale en finale de la CAN 2004 et donner du rêve au peuple marocain. Nous nous souvenons tous de l’accueil triomphal qui  avait été réservé à l’E.N. à son retour, malgré sa défaite face à la Tunisie, suite à une bourde monumentale du goal de l’époque.

Rachid TAOUSSI a décroché  en 1997 le championnat  d’Afrique des jeunes : nous aurions pu rêver de voir les Lionceaux prendre enfin la relève et transformer en véritables Lions de l’Atlas. Mais le réveil a été douloureux : les lionceaux se sont éparpillés dans la nature, emportant nos rêves.

Il a gagné avec le M.A.S. de Fes  la Coupe et la Supercoupe de la CAF, respectivement en 2011 et 2012.  Mais qu’en est-il actuellement du club fassi et de son avenir !

Quelques autres noms peuvent être retenus, au hasard, pour avoir obtenus quelques résultats par ci par là : Mustapha MADIH, Fathi JAMAL, Hammadi HAMIDOUCH, Abdelkader YOUMIR ou même Abdelkader LOUZANI que beaucoup n’apprécient pas mais qui a  une manière très personnelle de travailler.

La saison qui vient de s’achever sur le premier sacre d’un club de Tétouan a permis de mettre en avant Aziz EL AMRI : il est trop tôt pour juger de l’impact de cet entraineur sur l’avenir du club, mais il a concrétisé le rêve que les « matadores » caressaient depuis des décennies.

Mais aucun des entraineurs marocains n’arrive à approcher ni de près ni de loin l’aura du Père Jego.

Il faut dire que le personnage était une véritable légende, à plus d’un titre.

D’abord en tant que personne, Mohamed AFFANI, fils d’un commerçant soussi, a connu un destin peu commun pour les marocains de l’époque.

Il compte parmi les tous premiers bacheliers marocains en 1919 ;  polyglotte affirmé maitrisant, outre l’arabe et le français, l’anglais, l’espagnol et l’espagnol ; diplômé en technique bancaire à Paris, il a beaucoup voyagé avec son père et a accumulé une expérience et une culture impressionnantes.

Par contre en tant que joueur de champ, il n’a jamais brillé. Il n’a pas réalisé de grands exploits au sein de l’Union Sportive Athlétique qu’il abandonnera assez vite pour se lancer dans une multiple carrière de dirigeant de club, d’entraineur et de journaliste sportif, tout en continuant son métier au sein d’une grande banque de Casablanca.

Il a consolidé sa vocation de formateur par des stages à l’étranger, et ce dès 1935 à l’occasion d’un stage en Angleterre.

Sans entrer dans les détails, parfois pas très glorieux de son passage du WAC au RAJA, je pense qu’il ne faut retenir de la carrière de Père Jégo – surnom qu’il doit à sa ressemblance avec un joueur français d’alors – que l’aspect sportif et formateur.

Père Jego, l’entraineur,  a créé un style de jeu inconnu au Maroc, basé sur la rigueur et l’efficacité, sans oublier la technique et le spectacle.

C’est grâce à Père Jégo qu’est né le « jeu rajoui » que l’on ne retrouve chez aucune autre équipe marocaine, même celles qui ont un palmarès plus riche que le Raja.

Cet homme dont le football constituait la raison de vivre avait tout donné à ce sport et aux jeunes qui le pratiquaient sous sa houlette : son temps, son savoir-faire, sa morale et sa fortune.

Il a été reconnu et honoré quand il est au sommet de sa gloire !

PERE JEGO :  l’entraineur, l’homme, la légende!

Mais, comme le chantaient  les  supporters rajaouis après sa disparition en Juin 1970, en plein Mundial du Mexique : « Père Jégo mmate ou khllana ! ».

Que reste-t-il que Père Jégo actuellement ?

Un souvenir dans l’esprit de quelques nostalgiques et un stade de quartier qui porte son nom !

PERE JEGO :  l’entraineur, l’homme, la légende!

P.S. : le football est ingrat et encore plus les responsables de notre football. En parlant des entraineurs marocains, je ne dois pas oublier Mehdi FARIA, brésilien d’origine et marocain de cœur ! Lui aussi avait donné beaucoup au sport-roi national : il en est bien mal récompensé actuellement. Je n’en dis pas plus car ce cas mérite une note à lui seul.


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