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[Critique] HELL DRIVER

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : Drive Angry

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Patrick Lussier
Distribution : Nicolas Cage, Amber Heard, Billy Burke, William Fichtner, David Morse, Katy Mixon, Wanetah Walmsey, Christa Campbell, Charlotte Ross, Pruitt Taylor Vince…
Genre : Action/Fantastique
Date de sortie : 23 mars 2011

Le Pitch :
Fraichement échappé de l’enfer où il croupissait, John Milton est de retour sur Terre, afin d’arracher sa petit fille des griffes d’un gourou bien décidé à la sacrifier. Il sera aidé dans sa tache par Piper, la nana la plus canon du Sud des États-Unis…

La Critique :
À sa sortie, Hell Driver s’est pris dans la tronche une volée de bois vert et s’est vu fustigé par une partie des spectateurs et de la critique. Rien d’extraordinaire à première vue car on parle tout de même de Patrick Lussier, le type qui a réalisé Dracula 2001 et Meurtres à la St-Valentin 3D, soit deux des films d’horreur les plus nazes de ces dix dernières années. Le truc, c’est qu’étrangement, Hell Driver est différent. Le prochain film de Lussier nous confirmera si Hell Driver doit être considéré comme l’exception ou pas mais les faits sont là. Hell Driver est un pur tour de montagnes russes, fun, décomplexé, bourrin, sexy et sauvage.

Alors après, c’est certain que la réussite de l’entreprise n’est pas uniquement imputable à Patrick Lussier qui s’il a fait un boulot honnête, ne se distingue pas spécialement par une mise en scène virtuose. Ses plans sont nerveux, son film surfe un poil sur la vague grindhouse à la mode, et les effets-numériques sont, la plupart du temps, convaincants (mais si certains sont bien laids aussi).

Ce sont surtout les acteurs qui sont responsables de la flamboyance foutraque de Hell Driver ! Et c’est souvent le cas lorsqu’on parle d’un film avec Nicolas Cage. Le neveu de Francis Ford Coppola domine le casting, armé d’un arsenal badass et d’une coiffure encore une fois mémorable. Dans un rôle qui n’est pas sans rappeler celui qu’il tient dans Ghost Rider (le concept de Hell Driver est un gentil copier/coller de celui de Ghost Rider), Cage joue les cavaliers solitaires durs à cuire dans une version moderne de Pale Rider d’Eastwood. Le canasson étant remplacé par une grosse cylindrée et les méchants exploitants par des fanatiques adorateurs du diable. La vision est capillotracté, mais Hell Driver encourage à l’excès, même lorsqu’il s’agit d’en faire la critique. Bien évidemment le film n’est pas aussi bon que Pale Rider, qui reste l’un des plus incroyables westerns jamais tournés, mais il y a de ça. Un petit quelque chose qui touche à l’inconscient collectif d’un cinéma américain de genre, axé sur cette figure légendaire du justicier mystérieux aux pouvoirs surnaturels.

Sous la direction de Luissier et de Cage, ce justicier devient borderline, multiplie les bons mots, nique une serveuse en sirotant (et en restant habillé) du whisky au goulot et tire sur tout ce qui bouge. On est loin de l’ambiance crépusculaire de Pale Rider, mais l’œuvre reste immédiatement jubilatoire. Contrairement au premier Ghost Rider qui tombait dans la gaudriole la plus « nanardesque » sans réussir à exploiter son pitch de départ (depuis le second à réparé cette infamie), Hell Driver assume jusqu’au bout sa punk attitude et ses relents ringards, ce qui au fond change tout.

Il n’y qu’a voir cette scène où Amber Heard éjecte la maitresse de son mec en la trainant par les cheveux hors d’un mobil-home, alors que celle-ci est complètement à poil. Amber Heard qui cadre à merveille avec l’ambiance et la tonalité du long-métrage. La belle blonde porte la tenue de rigueur, s’en prend plein la poire et réplique avec hargne. Sexy au possible, Amber, elle aussi est badass à souhait, insuffle à son personnage une énergie et un charisme qui ne sont pas non plus étrangers à la bonne tenue du métrage. Son duo avec Nicolas Cage est très stimulant. Tout en attirance refoulée et respect mutuel. Et pour une fois, Cage n’emballe pas sa jeune partenaire, lui préférant une serveuse un peu repassée. C’est notable, car souvent, Cage profite de ses films pour bien s’entourer.

Niveau casting, on notera la belle prestance de William Fichtner, dans un rôle assez bien foutu, qui rattrape la platitude et le manque d’épaisseur du méchant de service, incarné sans saveur par Billy Burke. Aussi menaçant qu’un plat de lentilles, Burke a bien du mal à s’imposer face au trio Cage-Heard-Fichtner. Anecdotique et caricatural, son personnage de gourou sadique en fait des tonnes et n’arrive jamais à susciter la crainte. Un détail vu qu’autour c’est la fête à la saucisse. Personne ne se prend au sérieux. Hell Driver est un show à ciel ouvert, où la baston, les gunfights, les poursuites en bagnoles et les mots qui claquent règnent en maitre. Un trip ancré dans une tradition Z, qui touche au but sans se prendre la tête et en assumant son statut.

@ Gilles Rolland

 

À On Rembobine.fr, on se refuse à toute forme de racolage

Crédits photos : Nu Image


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