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Un très grand amour, Franz-Olivier Giesbert

Par Kenza

Un très grand amour, Franz-Olivier Giesbert Quatrième de couverture  « Sur son lit de souffrances, quelques semaines avant de mourir, maman m'avait mis en garde : "Qu'est-ce que c'est bête, un homme. -Je ne comprends pas.   -C'est bête, égoïste et pas fiable. Antoine, promets-moi de ne jamais te comporter comme un homme." Je me souviens que j'avais hoché la tête. Encore une promesse que je n'ai pas tenue. Je suis toujours resté à l'affût. Même quand j'étais heureux en ménage, ce qui fut souvent le cas, je continuais à rechercher le très grand amour, celui qui, selon Spinoza, constitue un "accroissement de nous-même". C'est exactement la sensation que j'éprouvais en observant la jeune fille aux cheveux d'or. Je m'accroissais. Je m'élevais aussi. »
Extrait  Jusqu’au petit matin, j’ai rêvassé, allongé, à genoux ou à quatre pattes, sur les photos de notre bonheur mort. J’ai revu le ciel et la terre au temps où ils me grisaient, au point qu’il m’arrivait parfois, lors de promenades en montagne, à la tombée du jour, quand les lièvres et les renards commençaient à danser, de crier de joie sur mon promontoire, comme les oiseaux ou les bergers.  «  Il faut profiter de la vie pendant qu’il en est encore temps », disait Isabella.  Je profitais. Souvent, je me dis que les six années de notre très grand amour furent mes plus belles années. Nous tirions le diable par la queue, je n’arrivais pas à payer chaque mois ma pension alimentaire pour Mehdi mais, bon, c’était bien.  Je n’écrivais presque plus. La vie me prenait trop de temps. Je ne crois pas que la littérature en souffrait. Moi non plus.  Héraclite a bien résumé le drame de l’espèce humaine : « On ne se baigne jamais deux fois dans la même eau. » Il n’y a pas d’autre explication à la mélancolie et aux regrets qui, sans cesse, nous serrent le cœur. Avec Isabella, je me baignais toujours dans la même eau. Le bonheur, c’est l’illusion que rien ne passe et que tout demeure. J’étais heureux.  Tout s’était arrêté, dans notre maison de Provence, à commencer par le temps. Les jours se ressemblaient ; ils étaient tous voués à l’amour. Gallimard

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