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Les mauvaises gens d'Étienne Davodeau (Bande dessinée, 2005)

Publié le 03 juillet 2012 par Florian @punkonline

les_mauvaises_gens.jpgAprès Rural, Davodeau réitère le concept de "reportage rural". Il s'interroge sur la classe ouvrière des régions isolées de l'après-guerre à l'élection présidentielle de mai 1981.
Il recueille chronologiquement les témoignages d'ouvriers qui ont mené un combat syndical et tout particulièrement ses parents, militants à la JOC (Jeunesse Ouvrière Communiste), la CFTC et enfin au Parti Socialiste.
L'auteur a réalisé ce reportage dans le pays de Mauges, région rurale située dans l'ouest de la France. Après la guerre, la religion y était encore très implantée, mais des organisations catholiques progressistes telles la JOC et la CFTC ont permis de mener des luttes contre des entreprises qui avaient pourtant la sympathie de l’Église.
Pour la population locale, les manifestations n'ont pas toujours été bien comprises, gargarisées par les patrons-employeurs. Le patronat pouvait se permettre de moins bien traiter sa main d’œuvre par rapport à celle des villes puisque les syndicats les plus agités n'étaient pas tolérés et les autres étaient contrôlés par la direction de l'entreprise.
L'année 1962 à permis aux organisations catholiques de s'affirmer davantage grâce à Vatican II. C'est un des très rares conciles de l’Église catholique qui a vu de nombreuses réformes. Cette assemblée de dignitaires chrétiens a voulu tourner l’Église vers les plus pauvres et a permis un rapprochement de l'institution et de la classe ouvrière sur des bases progressistes. Mais cette nouvelle direction a eu pour effet d'éloigner les plus pratiquants et interrogés de nombreux prêtres-ouvriers sur leurs activités.
Le combat ne se déroule pas seulement dans le strict cadre du travail. L'éducation est aussi un enjeu des militants pour l'émancipation des travailleurs, alors que l'école des années 50 dans les campagnes est sclérosée par l’Église catholique.
De l'isolement durant leurs premières années en usine à leur émancipation grâce à la lutte syndicale, ces témoins décrivent les changements qui eurent cour jusqu'à l’ascension du PS au pouvoir. Changement à la fois matériel avec le téléphone qui désenclave les campagnes, la télévision qui se répand, les voitures qui se multiplient et l'accès à de meilleurs soins. Changement social également puisque les années 70 verront la fin des trente glorieuse et le chômage progresser. Enfin, un changement politique avec l'alliance du tout nouveau Parti Socialiste et du Parti Communiste qui permet à la gauche française d'avoir une assise plus forte.
Cette excellente BD se termine sur une soirée d'espoir, la victoire de François Mitterrand aux élections présidentielles de 1981. Mais la suite a finalement bien été en deçà des attentes. Pour s'en faire une idée, une autre BD, DOL de Philippe Squarzonni, évoque l'après-élection de 1981 jusqu'en 2007.


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