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The Amazing Spider-Man (2012) de Marc Webb

Publié le 09 juillet 2012 par Flow

The Amazing Spider-Man.

(réalisé par Marc Webb)

Reboot-moi une histoire.

 

 

Ce reboot, qui sort cinq ans après le dernier opus, a été conspué dès l'annonce du projet (et je dois avouer y avoir participé). Cette levée de boucliers prend racine dans deux phénomènes distincts: le soutien apporté à la trilogie de Sam Raimi et une condamnation sans appel de tout remake ou reboot, dont la portée est rarement artistique. Ne pleurons pas sur le passé afin de considérer ce film pour ce qu'il est: un honnête divertissement.

 

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Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd’hui au lycée, mais il a du mal à s’intégrer. Comme la plupart des adolescents de son âge, Peter essaie de comprendre qui il est et d’accepter son parcours. Amoureux pour la première fois, lui et Gwen Stacy découvrent les sentiments, l’engagement et les secrets. En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l’ancien associé de son père. Spider-Man va bientôt se retrouver face au Lézard, l’alter ego de Connors. En décidant d’utiliser ses pouvoirs, il va choisir son destin…

 

Payer une place de cinéma (avec un petit supplément pour une 3D inutile) pour se voir conter une histoire que l'on connaît par cœur a quelque-chose de drôle car cette expérience vous laisse l'impression d'être un sacré pigeon. Avouons-le, malgré tous les efforts de toutes les personnes impliquées dans ce projet, jamais la sensation de déjà-vu ne quittera notre esprit, tout comme la trilogie originale. C'est certainement le plus gros échec de ce reboot. Il ne parvient jamais à faire oublier ses prédécesseurs malgré une approche tout à fait différente de la transformation, de la mort de Ben Parker mais surtout avec l'introduction des parents du héros et avec eux le thème de l'abandon. Pour expliquer cet échec, je privilégierai deux raisons. La plus évidente est certainement la «fraîcheur» de la trilogie. Dix ans ne sont pas suffisants pour que le public soit prêt à voir une nouvelle version de personnages qu'il a adoré. La seconde raison tient au fait que le thème de l'abandon (absent chez Raimi et donc original) est abandonné (ahah) rapidement afin d'être traité dans des opus futurs. Deuxième erreur.

Mais soyons réalistes, Spider-Manet ses deux suites ont sacrément vieilli. En tant que précurseur d'un mouvement, les films qui se sont engouffrés dans la brèche que Raimi avait ouverte, ont fait passer ses long-métrages pour archaïques avec ses élans shakespeariens et son manque de réalisme (malgré un ancrage certain dans le quotidien). On doit cela plus particulièrement à Christopher Nolan et ses Batman. A présent, la norme se situe dans un réalisme accru et une ambiance intimiste.

C'est à ce niveau que The Amazing Spiderman parvient à se démarquer. Il est beaucoup plus terre à terre, moins spectaculaire. La naissance du héros se fait naturellement tant Peter Parker n'est pas choqué le moins du monde par ses nouvelles capacités (fini le thème de l'adolescence), retour au propulseur de toile, etc... Voir Spider-Man recevoir un coup de téléphone de sa tante qui veut des œufs bio alors qu'il se trouve en haut d'un gratte-ciel, en costume rend le héros forcément plus banal.

Paradoxalement, en voulant l'inscrire dans la banalité, Marc Webb limite l'identification. Tobey Maguire par son physique disgracieux proche de celui d'un adolescent couplé à ses questionnements identitaires était Monsieur tout le monde. Ce n'est plus le cas avec Andrew Garfield qui a la stature du super-héros. Du coup, l'environnement est plus réaliste mais le personnage est moins proche de nous.

L'approche plus intimiste fonctionne bien mais le personnage fait trop extra-ordinaire. Pour autant, s'il ne fallait retenir qu'une raison d'aller voir The Amazing Spider-Man, c'est bien la prestation de Andrew Garfield. Il se moule dans le costume avec une aisance insultante. Il offre un Parker plus proche du comics, taquin et fragile, tout en finesse. Assurément, un acteur au potentiel immense (en même temps qui en doutait?).

 

Reste que The Amazing Spidermanest un divertissement enlevé et efficace qui offre un très agréable moment en la compagnie d'acteurs talentueux. Après, à chacun de juger si l'inutilité avérée de ce reboot prévaut sur la réussite partielle de l'entreprise.

Note:

pastèque commune


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