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Les eurockéennes de belfort: jour 3

Publié le 09 juillet 2012 par Acrossthedays @AcrossTheDays

Day Three LES EUROCKÉENNES DE BELFORT: JOUR 3

Après deux jours plus que fort en émotion, le Dimanche se devait d’être de taille. La matinée fut des plus humides, les premières rumeurs coururent sur le camping, le festival serait annulé pour des raisons météorologiques; l’organisation de son côté toujours à l’affût rassure les foules et confirme que la fête n’est pas terminée, elle sera juste un peu plus boueuse que prévue. Car c’est en effet la boue qui a rythmée cette journée à Belfort; de la boue, encore de la boue, toujours de la boue; des gens qui se roulent dedans, des compétitions de glissade organisées… bref, l’anarchie. Mais revenons à nos moutons, nous sommes là pour parler concerts !

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Le premier concert de la journée était à 15h45, c’est sur une Plage humide que les plus courageux ont retrouvé Bunk, Jiddy et Faktiss de Set & Match qui ont affirmé leurs punchlines avec brio. Malgré un climat à mi-chemin entre l’artique et le tropical, les trois montpelliérains ont réchauffé l’atmosphère en nous offrant leur rap de qualité, rien à redire. Pour votre plus grand malheur je n’ai pas pu assister aux concerts de 16h15, je ne pourrai donc pas vous offrir un recueil des meilleures blagues du Comte de Bouderbala, à ce propos je reste abasourdi par sa présence dans le line-up et cherche à comprendre ce que ce cher Comte venait faire ici mais passons, j’ai trop de choses à fustiger sur cette journée donc autant ne pas m’attarder sur ce petit détail. Le concert suivant sera celui de 1995, groupe qu’on ne présente plus tant leur montée en un an fut extraordinaire. Là encore le premier détail qui me choquera fut la quantité de groupies tout simplement record présente dans l’assemblée (Oui oui, c’était bien pire que pendant The Kooks). Du simple t-shirt en passant par les jeunes filles qui arboraient des « Sneazzy ♥ » sur leurs joues, il ne fait plus aucun doute que le rap français est de retour en force. En dehors de ce détail le show des juniors du rap sera à la hauteur, les quatre membres ont une aisance folle sur scène malgré leur faible expérience et grosse tête ou non, il ne se passera pas deux minutes sans que le « Fennec » et sa bande ne jouent avec le public. Musicalement je ne suis pas un grand fan du groupe mais je ne peux que dire « Amen » devant leurs productions chiadées. Pour ce qui est des punchlines on est dans le « très simple mais très efficace »; Alpha, Sneazzy, Nekfeu et Areno Jazz s’amusent et nous font passer un moment convivial. Le seul gros bémol que je pourrais émettre serait par rapport à la fin du concert, durant laquelle Sneazzy nous demandera de former deux grands groupes pour ensuite nous foncer joyeusement dedans sur un fond de basses ultra lourdes, un Wall of Death en somme. En soit je n’ai rien du tout contre cette pratique mais le fait que cela se fasse pendant un Live de 1995 me paraissait un brin ridicule. Au final la boue et le jeune âge du public résulteront d’un blessé selon un Sneazzy semblant se sentir un peu con sur le moment, bien joué les gars.

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Je continuerai mon escapade marécageuse vers Refused, un groupe de Punk Metal fort sympathique avec un chanteur roux super cool et une batterie où il y est indiqué « FREE PUSSY RIOT » (Si vous n’êtes pas anglophones… tant pis). Pour des raisons d’organisation je ne resterai qu’une vingtaine de minutes qui ne me seront pas mémorables, d’autant plus que le public était totalement zombifié par la pluie et la boue (encore elle, elle était partout, ne l’oubliez pas). La raison d’organisation en question, c’était Lana Del Ray ! Et c’est là que mon pamphlet débute. Le concert de Lana Del Ray est sûrement le plus gros pétard mouillé que j’ai vu de ma vie, un véritable fiasco. Sauf erreur de ma part, notre magnifique amie n’était présente qu’à deux dates en France: Les Eurockéennes de Belfort et le Montreux Jazz Festival. Il ne faisait donc AUCUN DOUTE qu’il y allait y avoir du monde pendant son concert ! AUCUN ! C’est donc là que je questionne l’organisation: POURQUOI avoir mis Lana Del Ray sur La Plage ?! D’accord la scène est merveilleuse, lorsqu’il y fait soleil et que ce dernier se couche l’ambiance bucolique est juste sublime, d’accord les organisateurs n’avaient pas prévu que l’ambiance serait plus proche d’une porcherie de Dunkerque que d’une romance en Californie, reste que la scène n’est pas du tout adaptée pour y accueillir énormément de spectateurs à l’inverse de la Green Room ou de la Grande Scène qui peuvent accueillir des gens par milliers. Résultat ? Arrivée pourtant 25 minutes avant, je serai tellement derrière que je n’y verrai rien, la foule compacte ne me permettra aucune percée et la régie placée en plein centre ne viendra pas rendre service, à un tel point que quelques téméraires tenteront de l’escalader avant de se faire éjecter par le staff, pour couronner le tout un magnifique panneau « ISSUE DE SECOURS » (voir photo ci-contre) placé pile dans mon axe de vue réduira quasi toutes mes chances de voir quoi que ce soit. Pendant l’heure, j’apercevrai Lana pendant environ 15 minutes maximum en me mettant sur la pointe des pieds (alors même que je ne souffre pas de nanisme). On continue avec la même Lana qui s’amusera à descendre au niveau du public pour y toucher les mains de quelques chanceux pendant que les pauvres désespérés dont je fais parti tenteront de regarder ce qu’il reste sur scène, c’est à dire les violonistes. Cerise sur un gateau déjà bien garni (oui ça ne s’arrête jamais, c’est un enfer à la lecture, imaginez en vrai), une coupure de courant d’environ dix minutes aura lieu pendant « Video Games ». C’est la goutte de pluie qui fait déborder le vase, il est alors difficile de ne pas être en colère. Devoir passer un concert à regarder un panneau ISSUE DE SECOURS, je peux presque le tolérer, d’autant que musicalement et visuellement le concert était réellement parfait: Les violonistes, la voix de Lana, ses clips à l’ambiance vintage passant en fond sur l’écran, c’était magnifique. Mais l’organisation a massacré toute cette beauté avec un arsenal de fautes qui ont tué le concert. Au final le concert reprend, Lana joue « Video Games » et conclut avec « National Anthem » puis nous libère de cette horreur. Blasé, je me dirige vers la Grande Scène pour Jack White en espérant que ce dernier me fasse oublier ce que je viens de vivre.

Pour oublier, j’ai oublié. Le charismatique Mister White est arrivé sur scène avec son harem de très jolies jeunes femmes vêtues de bleu ciel, le logo à trois bandes blanches arboré jusque dans les projecteurs n’est pas sans nous rappeler quelque chose (Non je ne parle pas d’Adidas). L’homme est froid, nous gratifiera d’un « How are you SOMEWHERE IN FRANCE ? » très sarcastique qui relèvera la foule, mais il enchainera ensuite en nous disant qu’il appréciait que nous soyions là malgré la pluie. Le concert sera tout simplement dantesque, la surprise c’est que Jack White ne semble pas être venu pour défendre son nouvel album « Blunderbuss » mais plutôt pour faire une sorte de bilan sur sa carrière en jouant des morceaux des White Stripes, des Raconteurs et de Dead Weather, trois formations dans lesquelles il a officié. Bien qu’il eut entâmé le show avec le puissant « Sixteen Salties », il enchaînera par exemple avec « Dead Leaves and the Dirty Ground » des White Stripes. Je dois avouer qu’à ce moment, la non-présence de Meg White, son ex-partenaire de scène et ex-femme, fit presque « mal », mais mon côté réactionnaire nostalgique doit jouer pour beaucoup. Le concert continue avec quelques morceaux de Blunderbuss comme l’excellent « Love Interruption », à ce moment je suis stupéfait par la « communion » qui lie Jack à ses « Jaquettes » (je trouve ça plus cool que « The Peacocks »). Le concert se passe sans encombre jusqu’à « We’re Going to Be Friends » des White Stripes où les vils organisateurs seront de retour pour nous offrir une nouvelle coupure de courant. Jack ne se laissant pas démonter nous offrira une version acoustique du morceau après nous avoir très gentiment demandé de faire moins de bruit, il hurlera alors les paroles pour se faire entendre, remarquable. L’électricité revenue, l’homme semblant un brin excédé se fera ensuite mettre à dos du public pendant qu’il jouait par un homme de la sécurité tandis que d’autres hommes sortirent des backstages, probablement pour arrêter un individu ayant franchi la barrière. Effarant. Le dernier temps fort de ce concert sera la parfaite conclusion que nous offrira Jack White en jouant « Seven Nation Army », je ne l’oublierai jamais, il était 22h27 quand les premières notes ont surgi des enceintes. La programmation étant ce qu’elle est, je me retrouve ensuite à choisir entre Dope D.O.D. et Orelsan, ce qui équivaut pour moi au fameux dilemme des dents en bois ou des jambes en mousse. Au final je tiendrai 10 minutes interminables au concert de Dope D.O.D. avant de craquer, préférant encore me promener dans la boue. Je passe devant Orelsan, m’arrête et tient exactement sept secondes avant de repartir pour m’installer sur la plage en attendant Miles Kane, sa présence me rappellera d’ailleurs qu’à la quasi même heure l’an dernier, Alex Turner, son comparse de The Last Shadow Puppets, m’envoyait sur la Lune. Le show de Kane est bon, mention spéciale à son batteur incroyable qui stupéfiera aussi mes voisins, malheureusement pour moi, il fallut que je me sauve pour Cypress Hill avant de partir, qui étaient attendus par beaucoup. Bien que je ne sois pas un grand adepte du groupe, je dois avouer que leur prestation était réussie, une énergie folle y fut déployée. Je ne resterai pas jusqu’à la fin du concert car il me fallait rentrer chez moi plus tôt que prévu, la tête pleine de souvenirs.

Pour conclure ce troisième et dernier épisode, le Dimanche était malheureusement le plus mauvais des  trois jours, on eut pu passer outre les conditions météorologiques si l’organisation était à la hauteur. Malheureusement les deux plus gros concerts de ma journée ont été gâchés par des coupures de courant impardonnables en présence d’artistes d’une telle envergure. Malgré tout, le concert de Jack White restera un de mes meilleurs souvenirs de concert tant ce fut incroyable.

Globalement, je re-signerai pour l’édition du demi-siècle du festival emblématique de Belfort malgré ces quelques coquilles, car je dois avouer qu’il y a eu un écart énorme entre mes appréhensions pessimistes à l’égard de la programmation et le bilan plutôt positif que je prononce maintenant. Les organisateurs nous ont d’ailleurs rapporté avoir réalisé plus de 100.000 entrées cette année, un record pour le festival.

C’est sur ces mots que le mini-journal des Eurockénnes 2012, je ne vous dis donc pas « A demain » mais « A bientôt » pour l’interview de Set & Match qui arrive très vite mais aussi (et surtout) pour un autre mini-journal cette fois-ci dédié au Dour Festival.


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