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Vulgaria : Charger la mule

Publié le 09 juillet 2012 par Diana
Vulgaria : Charger la mule Un nouveau film d’Edmond Pang Ho-Cheung aiguise toujours l’intérêt. Et cet intérêt est encore plus aiguisé lorsqu’on lit le pitch de Vulgaria (2012). Voir l’acteur Chapman To dans la peau d’un producteur spécialisé dans les Category 3 de seconde zone fait sourire. Il fait d’autant plus sourire qu’il vient parler de son métier à des étudiants en cinéma. Il leur raconte alors l’histoire de son dernier projet, le remake d’un film érotique des années 70 et ce, avec tous les aléas qui incombe à une telle production. Lorsqu’on connait le talent d’Edmond Pang Ho-Cheung, Vulgaria ne pouvait que susciter l’envie…
Avec Vulgaria, Edmond Pang Ho-Cheung réalise une comédie qui esquisse de façon caricaturale le portrait de l’industrie cinématographique hongkongaise. Non sans un humour parfois très (trop) gras, il s’amuse à déconstruire l’image lisse que voudrait se donner cette industrie notamment aux travers des médias. Il y assène une touche humoristique parfois burlesque qui sait être hilarante mais qui devient par moment over the top. Petit aparté personnel, le mauvais goût ne m’a jamais dérangé, le problème ne vient donc pas de là. Poursuivons. Dans un état d’esprit lapidaire, il nous offre alors un spectacle lubrique et ludique lorsqu’il n’est pas franchement vulgaire. Une vulgarité à l’image même de cet univers du faux, semble-t-il. Si Edmond Pang Ho-Cheung prend des risques à traiter un tel sujet de cette façon, il n’en oublie pas pour autant d’injecter des éléments qu’on pourrait qualifier de touchants. Il atténue ainsi son propos en offrant à ses personnages une humanité et des émotions que la pure comédie subversive aurait annihilée. Dommage. Oui, dommage parce qu’on aurait justement voulu qu’il aille parfois plus loin et qu’il ne se perde pas avec des états d’âmes un peu facile. L’impact même d’une œuvre irrévérencieuse n’en est que réduit. D’un coup, le sentiment de voir un film quelque peu vain sur l’industrie cinématographique ne s’en fait que plus grand. Edmond Pang Ho-Cheung donne le sentiment de vouloir jouer l’artiste qui tartine sur un monde peu reluisant. Pourtant, la finalité donne le goût amer de le voir surtout jouer les pseudo-lapidaire pas rangé sauf que non, il fait bien partie d’un système qu’il abime faussement pour la forme, sans doute pour se donner des prétentions qu’il n’atteint jamais au cours de son récit.
Attention ! On ne boudera pas son plaisir devant Vulgaria, certes on peut parfois s’ennuyer notamment pour les raisons citées plus haut. Et que pour ces mêmes raisons, on peut garder un goût amer mais on y rit et on s’y amuse même. Ce film d’Edmond Pang Ho-Cheung n’est pas un grand film. Il n’est même pas une grande comédie. Il n’en reste pas moins une œuvre divertissante qui sait amuser par l’image donnée de l’industrie cinématographique, une vision toute personnelle cela va de soi. Vulgaria est assez rafraichissant et offre des personnages agréables à suivre à l’écran. Le casting tient la route tout comme l’histoire prétexte au délire de son auteur. Un auteur qui n’oublie pas par moment de nous offrir des dialogues savoureux, employant au détour de quelques scènes un argot Hakka (l’une des minorités chinoises) me semble-t-il. J’aurais du mal à réellement le confirmer tant mes connaissances sont limitées. Pourtant, Edmond Pang Ho-Cheung semble mettre en lumière cette langue et le besoin de la maintenir vivante. N’oublions pas que la politique de la Chine étant d’imposer à l’ensemble de leur population le mandarin notamment en visant en priorité les médias. Enfin bref, j’extrapole sans doute alors passons.
En guise de conclusion, on pourra écrire (et dire) de Vulgaria qu’il n’est pas une grande réussite. Ce film tourné en l’espace d’une quinzaine de jours ne marquera sans doute pas dans sa filmographie mais il montre tout de même l’imagination débordante d’un cinéaste qui a encore beaucoup à nous montrer.
I.D.

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