Magazine Beaux Arts

« La part des anges » de Ken Loach ou l’alchimie écossaise (1/3)

Publié le 14 juillet 2012 par Sheumas

 

Ils sont quatre, Robbie, Albert, Rhino et Mo, ils vivent dans un quartier populaire de Glasgow, et ils ne sont pas des anges... Le meneur du groupe, Robbie, a même, sous l’emprise de drogue et de l’alcool, frappé un homme à mort. Il sort du tribunal, écope de 300 jours de « travaux d’utilité publique », se fait frapper à son tour par les gars d’un clan ennemi, arrive le visage en sang auprès de sa petite amie qui vient d’accoucher d’un fils que « la belle famille » lui interdit de reconnaître.

On le voit, Ken Loach n’a pas choisi de tenir un discours angélique ou romantique sur l’Ecosse, dans son dernier film primé au festival de Cannes 2012 : « la Part des anges », « angel share ». Il filme les coups, les visages couturés, les sirènes de police, les groupes de SDF fortement alcoolisés qui trainent dans les rues glauques de Glasgow... Difficile de se sortir de la spirale de la délinquance même si le héros déborde de bonne volonté et fait la promesse solennelle à son fils d’être « un papa modèle » et de ne plus frapper qui que ce soit... Même si, çà et là, quelques figures généreuses tentent de lui « donner une chance » de s’en sortir...

C’est le cas du vieil éducateur qui prend en charge le groupe qu’on lui a confié pour accomplir les travaux d’utilité publique. Il leur propose un dimanche de les amener avec lui à une dégustation de whisky... Et c’est là que le film bascule et que l’aventure romantique commence ! Robbie est doué. Il sait déguster le whisky avec le palais et le nez, lit des articles de connaisseurs, laisse fonctionner son imagination et sa géniale intuition fait mouche aussitôt... Il y a peut être là, dans la lumière du « verre boule de cristal » l’espoir d’une rédemption ?... La caméra accompagne le chaud mouvement du liquide aux couleurs tendres qui tourne délicatement sur les parois du cristal. Le spectateur écoute le discours éclairé, quasi initiatique du « formateur » (doté du solide accent de Glasgow, autre charme du film en VO) qui parle des effets du « vent », de la « tourbe », des « colline des Highlands » et de la « mer » sur le « pure malt whisky ». Le whisky sent la lande, la primitive Caledonia que chantaient pour les héros de « Brave Heart », pour John Wallace, Rob Roy ou Ivanohé, James Macpherson, Robert Burns ou Walter Scott (à suivre).


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