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" Ainsi donc les avalanches se font quelquefois au moyen d'un caillou gros comme le bout du doigt."

Publié le 14 juillet 2012 par Romaneg
LORENZACCIO
Ce que j'adore, c'est que plus j'avance dans l'art (noble voie), plus j'ai de révélations. Ca fait maintenant deux ans que les électrochocs se succèdent, parfois avec quelques mois d'intervalles, parfois seulement une semaine, parfois quelques heures ! Lire Peter Brook  puis voir Lorenzaccio... mise en scène de la Comédie Française par Franco Zeffirelli. Avec, ô révélation doucereuse et fantastique, Francis Huster dans le rôle le plus incompréhensible (avec Don Juan) du théâtre français. Je dis incompréhensible parce que cette pièce fait partie du lot "à voir avant de lire mais à connaître avant de voir". Parce que cette pièce est complexe, riche, et que cette mise en scène (malgré quelques côtés un peu vieillots) met parfaitement en valeur tous les aspects de cet incroyable récit. D'autres en parlerons mieux que moi, et j'attendrai mon niveau bac+5 (et encore) pour analyser vraiment.

En fait je voulais parler des révélations. Chacune d'elle aboutit à l'ajout d'un maître, ou d'une direction. Il y a les vieux maîtres, ceux qui datent de l'enfance et sont simplement un héritage. Et puis il y a les nouveaux. Qui peuvent rester longtemps ou n'être qu'une passade. Sfar (on l'aura compris) est un maître. Comme Astier, comme Anderson, comme Baudelaire et comme Cyrano (celui qui est imaginaire). En revanche, Gainsbourg n'est pas un maître. C'est un frère imaginaire, un double, un diable, l'amour, l'orgueil et l'angoisse. 
Alors que Sfar c'est vraiment une personne qui m'en apprend chaque jour un peu plus. Brook est en passe d'en devenir un aussi, même si je ne connais encore pas bien son travail - quand je le lis en tout cas, j'ai l'impression que ma pensée s'accélèrent, que mon point de vue sur le théâtre évolue deux fois plus vite. C'est fantastique, c'est comme quand on est enfant, qu'on se demande comment fonctionne l'univers. Un jour on ouvre Le monde de Sophie et en un bouquin, notre pensée a poursuivit deux mille ans de réflexions. 
Finalement j'arrive pas à écrire sur les révélations. Y a peut-être pas tellement de choses à dire (on m'a appris qu'il ne fallait pas écrire "dire"), à part que c'est merveilleux. Qu'il m'en reste encore tellement à ressentir. Oui, tout ce qu'on pourrait écrire à propos des révélations, c'est à quel point c'est fantastique, cette sensation de choc, d'émotion profonde. L'envie qu'on a d'en parler à tout le monde, de leur crier " Mais regardez comme c'est formidable !" Et puis finalement le jaloux désir de la garder pour soi, de l'afficher dans son cerveau à côté des autres, et de pouvoir, bien tranquillement, quand on a rien d'autre à faire que penser, la regarder, la contempler, cette révélation qui nous a tant apporté. 
Et comme je ne manque pas d'orgueil, j'espère un jour provoquer des révélations. Ca serait chouette, super chouette. 
Mais en écrivant d'aussi gros pâtés désordonnés, je sais pas si ça va être possible. 
Ainsi donc avalanches font quelquefois moyen d'un caillou gros comme bout doigt.

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