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[Critique] THE DARK KNIGHT RISES

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : The Dark Knight Rises

Note:

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Origine : États-Unis
Réalisateur : Christopher Nolan
Distribution : Christian Bale, Anne Hathaway, Tom Hardy, Gary Oldman, Michael Caine, Morgan Freeman, Joseph Gordon-Levitt, Marion Cotillard, Matthew Modine, Alon Aboutboul, Ben Mendelsohn, Burn Gorman, Daniel Sunjata, Nestor Carbonell, Aidan Gillen, Reggie Lee, Juno Temple, Rob Brown, Robert Wisdom…
Genre : Thriller/Action/Adaptation/Saga

Le Pitch :
Depuis qu’il a endossé la responsabilité de la mort du procureur Harvey Dent, huit ans plus tôt, Batman a disparu. Gotham City vit dans une paix imputable aux lois initiées par Dent, tandis que Batman est considéré par le plus grand nombre comme un criminel. Cependant, au loin, l’orage menace la fragile harmonie de la ville. Une mystérieuse cambrioleuse fait son apparition, et s’attaque au plus riches. Une menace qui semble dérisoire face à celle que fait planer Bane sur Gotham. Terroriste aux intentions radicales, Bane, par ses actes, force Batman à sortir de sa retraite…

La Critique :
Il y a tant de choses à dire à propos du troisième (et dernier) épisode de la trilogie de Christopher Nolan consacré à l’Homme chauve-souris. Avant de développer, il convient de qualifier ce film de gigantesque claque. Nolan a tenu bon jusqu’au bout. En restant fidèle à lui-même, à sa vision du personnage et de son univers et à ses intentions initiales, il clôt ici une œuvre avec toute la maestria que nous étions en droit d’attendre de sa part. The Dark Knight Rises est un chef-d’œuvre. De ceux qui restent. Peu importe ce qui va advenir de Batman. Nolan en a fini avec lui. Et le héros en ressort grandi.
D’autres vont s’y frotter c’est certain. Warner ne va certainement pas laisser une telle poule aux œufs d’or lui filer entre les pattes. Mais quoi qu’il se passe, il y a de grandes chances, que ce soit cette version, celle de Nolan, qui reste comme LA référence.
Forcement, la trilogie du Chevalier Noir s’impose comme l’une des plus grandes trilogies du cinéma. C’est désormais une évidence.

Batman Begins posait les bases. On y voyait naitre le héros. The Dark Knight questionnait cette condition de héros en la mettant à rude épreuve. The Dark Knight Rises poursuit l’analyse et y apporte un point final. Avec souffle et grandiloquence, mais comme pour les deux précédents volets, sans forcer le trait inutilement, ni tomber dans la démonstration de force pleine d’esbroufe.
Dans The Dark Knight, le Joker mettait à mal la figure quasi-mythologique qu’était devenu Batman. Il a fragilisé l’homme derrière le masque, pour atteindre directement le héros. Sondé les fondations de la société pour en fracturer scrupuleusement les piliers. Au terme de son combat contre le Joker, qui a perverti Harvey Dent, autre symbole d’une justice incorruptible, Batman est devenu un paria qui n’a plus aucune légitimité aux yeux du peuple.
C’est alors que débarque Bane, un terroriste sur-puissant à l’intelligence redoutable. Ce dernier profite de la fragilité d’une ville qui se repose sur une paix précaire. Il s’immisce dans les fissures créées par un système judiciaire trop sûr de lui et pose des charges explosives. Si le Joker reste sans aucun doute un génie du mal machiavélique, adepte de la torture psychologique, Bane, de son côté, incarne plus le mal dans sa forme la plus destructrice. Son ambition voit large et ses moyens sont considérables.
En cela, TDKR entretient le suspens. Il repose sur une pression sous-jacente qui exerce son influence de manière exponentielle. Comme dans les précédents films, Nolan prend son temps, pose les jalons de son intrigue et place ses pions sur l’échiquier. Ensuite, la partie commence véritablement, les enjeux se dévoilent et les noirs desseins de Bane de prendre une ampleur insensée.
Bane, qui physiquement est largement supérieur à Batman. Bane qui ne connait pas la pitié et qui n’hésite pas à tuer pour arriver à ses fins. Un être cruel, bourrin, mais méthodique, radical et mystérieux. Le méchant suprême, incarné par un Tom Hardy puissant et une nouvelle fois impressionnant. Physiquement, l’acteur fait montre d’une masse musculaire ahurissante. Gardant son masque fiché sur le visage, Hardy arrive néanmoins avec un talent qui force le respect, à insuffler de la nuance à son jeu. Son Bane n’en devient que plus humain et paradoxalement, d’autant plus effrayant.
Certains ont fait la comparaison avec Heath Ledger dans The Dark Knight. Qui est le meilleur ? Une question hors-sujet. Ledger a marqué la trilogie de son interprétation subtile, grandiloquente, jubilatoire et incarnée. Bane est plus froid, mais c’est cette froideur qui correspond au personnage. On ne peut pas mettre côte à côte l’un et l’autre, tout simplement car les deux acteurs ont incarné deux méchants très différents.
Même chose si on tente de superposer la Catwoman de Nolan et celle de Tim Burton dans Batman Returns. Rien à voir, tant la Catwoman de TDKR (qui n’est jamais nommée en tant que telle) s’inscrit dans la démarche réaliste de la trilogie, tandis que celle de Michelle Pfeiffer se plaçait plus dans la lignée fantasmagorique des comics. Michelle Pfeiffer était sexy à tomber dans Batman Returns et Anne Hathaway surprend en guerrière roublarde dans TDKR. Deux visions pour deux films diamétralement opposés, qui ne partagent finalement que le héros qu’ils mettent en scène.
Tom Hardy est donc puissant au possible (sa voix seule glace le sang), Anne Hathaway dévoile une facette insoupçonnée et s’avère elle aussi sensuelle dans la combinaison noire de son personnage et Christian Bale est parfait. Bale qui en prend inexplicablement un peu plein la poire ces derniers temps dans les médias, qui poursuit ici son exploration d’un personnage à deux facettes, avec un aplomb et une fragilité admirables. Le corps de Wayne accuse le coup, son âme semble tout aussi cabossée. Son retour aux affaires, donne tout son sens au « rises » (« s’élever » en français) du titre. Tel un phœnix, Batman remonte à la surface, avec ses failles. Encore et toujours, Nolan remet en question le statut de héros, trop souvent illustré dans les films à grand renfort d’une quasi-invulnérabilité fantastique.
Le Batman de TDKR en prend plein la gueule, au propre comme au figuré. Mis à l’épreuve par un bad guy qui lui semble supérieur en tous points, Batman doit aller chercher au plus profond de son enseignement, l’étincelle qui fera peut-être la différence.

L’accroche de l’affiche « Tout va s’embraser » ne ment pas. Dans TDKR tout explose. À l’écran, l’action est spectaculaire, pleine de souffle et de noirceur. Rien à voir avec le déferlement d’effets-spéciaux d’Avengers néanmoins. Nolan tient à conserver la dimension humaine de son action. Son long-métrage est âpre, sombre, désespéré et pertinent dans sa capacité à se placer dans un contexte social bien réel.
Le cinéaste n’épargne rien au spectateur, qui a de grandes chances de passer par tout un tas d’émotions puissantes. Dans TDKR, il y a du sang et des larmes. De quoi être pris à la gorge comme rarement par ce déferlement apocalyptique.
Ce troisième volet tient toutes ses promesses et ne déçoit jamais. Le temps est remarquablement exploité. Ce qui, pour un film qui dure 2h44, relève de l’exploit. L’écriture est toujours aussi fine et ciselée. Pas de grandes diatribes injustifiées. Les mots claquent autant que les balles et font tout aussi mal. Les personnages, très nombreux, bénéficient tous d’un soin particulier. Ainsi, les nouveaux venus que sont Marion Cotillard et Joseph Gordon-Levitt peuvent donner libre court à leur talent. L’actrice française se montre irréprochable et tout à fait à l’aise dans cet univers complexe, tandis que Gordon-Levitt constitue l’une des nombreuses grandes révélations du film.
Les autres, les Michael Caine, Gary Oldman ou Morgan Freeman, continuent à tenir leur poste avec un dévouement admirable. On sent que tous sont portés par la vision de leur chef-d’orchestre, conscients d’écrire le dernier chapitre d’une saga qui compte vraiment et qui pose de nouveaux jalons.

Référence ultime du film de super-héros réaliste, The Dark Knight Rises est un chef-d’œuvre. Les cinq étoiles de la note sont entièrement justifiées. Même si, dans le cas présent, on ne peut s’empêcher de penser, que quelque-fois, il n’y a pas assez d’étoiles…

@ Gilles Rolland

[Critique] THE DARK KNIGHT RISES

Crédits photos : Warner Bros.


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