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There will be blood – L’or noir qui rend fou

Par Bebealien

C’est avec un certain retard que je vais chroniquer le nouveau film de Paul Thomas Anderson, réalisateur de Magnolia et de Punch Drunk Love. Les critiques étant dithyrambiques, le film est-il vraiment à la hauteur de sa réputation particulièrement flatteuse ?

There will be blood – Western pétrolier

Daniel Plainview, prospecteur de pétrole, entend parler d’un très gros gisement non encore exploité. Accompagné de son fils adoptif H.W. il décide de s’y rendre et de racheter les terres des locaux. Mais la conquête de l’or noir est semée d’embûches, entre accidents, spéculateurs, fanatiques religieux, mensonges et trahisons.

Splendide affiche, mettant Daniel Day Lewis en valeur

Paul Thomas Anderson (à ne pas mélanger avec Paul W. Anderson, réalisateur de Mortal Kombat, Event Horizon et Resident Evil) livre un film étrange et particulièrement original. Je crois que jusqu’ici personne ne s’était attaqué de manière frontale au thème des prospecteurs, à une période où tout était encore à faire et où les fortunes se bâtissaient sur des coups de chance, du bluff et un certain sens des affaires. Sujet donc intéressant puisque peu défriché.

Pour traiter sa thématique, Paul Anderson décide de se concentrer sur ses personnages pendant une vingtaine d’années et de voir leur longue évolution, fonction de leurs obsessions. A ce titre, le personnage de Daniel Plainview, misanthrope attiré par la réussite coûte que coûte, quitte à trahir ses proches est particulièrement réussi. Porté par un Daniel Day Lewis plus en forme que jamais, le personnage est profondément attachant malgré sa roublardise, son rejet progressif des valeurs humaines et ses accès de colère.

Le derrick, centre de toute l’attention, et véritable enjeu du film

Paul Anderson décide d’avoir une approche particulièrement naturaliste, parlant de la vie de tous les jours, des petits tracas, des incidents mineurs qui ont des répercutions lourdes. A titre personnel, c’est cette approche qui m’a particulièrement déstabilisé. Si je caricature un petit peu, sur les deux heures trente que dure le film, j’ai eu l’impression d’avoir une heure de film pur (faisant avancer l’histoire) et une heure trente de reportage façon Jean-Pierre Pernaud sur un des premiers prospecteurs de l’histoire américaine.

Non pas que cette description exigeante de la vie de tous les jours et de comment on travaillait à l’époque soit ratée, mais au bout d’un certain temps, j’ai vu poindre l’ennui. C’est d’autant plus frustrant qu’un peu comme pour MR73 chroniqué vendredi, les éléments épars du film sont particulièrement bons, mais que le mélange ne prend pas tout à fait.

Daniel Plainview et son fils H.W. (Dillon Freasier)

Que ce soit la lumière du film réaliste et belle, le casting de gueules jouant au millimètre (et Daniel Day Lewis qui vaut clairement l’oscar), le thème original, les situations imprévues… tout est réussi. Mais pourquoi donc suis-je sorti avec un sentiment de m’être quand même ennuyé ?

Peut-être est-ce le côté délibérément non spectaculaire de l’histoire. On aurait pu s’attendre à quelque chose de totalement épique, à la manière d’un western, sur comment de petites gens sont devenus de riches moguls. Mais vu la période couverte (1902-1927) difficile puisque les USA étaient totalement conquis. Peut-être finalement est-ce le sujet lui-même qui est particulièrement casse-gueule… On peut également évoquer la musique qui, comme sur Punch Drunk Love, donne une ambiance étrange au film car totalement en décalage.

Le pétrôle vient de jaillir, mais les répercussions négatives seront légion…

Donc, si je résume, film intéressant puisque montrant un pan de l’histoire méconnu et étant méticuleux dans sa description d’un corps de métier. Interprétation magistrale également. Mais attendez vous à un rythme lent, sans être soporifique, mais où votre intérêt est relancé trop peu souvent.

Dommage, j’aurai bien aimé adorer ce film…


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