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Un Tramway Nommé Désir

Publié le 06 août 2012 par Olivier Walmacq

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Genre: drame
année: 1952
durée: 2 heures

l'histoire: Après une longue séparation, Blanche Dubois vient rejoindre sa soeur, Stella à la Nouvelle Orléans. Celle-ci vit avec son mari, Stanley, ouvrier d'origine polonaise, dans le vieux quartier français. Ce dernier n'apprécie guère les manières distinguées de Blanche et cherche à savoir quel a été le véritable passé de sa belle soeur.

La critique d'Alice In Oliver:

A la base, Un Tramway Nommé Désir, réalisé par Elia Kazan en 1952, est l'adaptation d'une pièce de théâtre homonyme écrite par Tennessee Williams.
Au niveau des acteurs, ce drame réunit Marlon Brando, Vivien Leigh, Kim Hunter, Karl Marlden, Rudy Bond et Nick Dennis. Aujourd'hui, Un Tramway Nommé Désir peut se targuer d'appartenir aux grands classiques du cinéma.
Le film remportera un grand succès et obtiendra quatres oscars: meilleur actrice pour Vivien Leigh, meilleure actrice dans un second rôle pour Kim Hunter, meilleur acteur dans un second rôle pour Karl Marlden et meilleure direction artistique.

Pourtant, à sa sortie, Un Tramway Nommé Désir fera polémique. Pour éviter la censure et/ou un énorme scandale, le studio Warner Bros ordonne au monteur d'effectuer plusieurs coupes, soit quatre minutes de montage au total, sans tenir Elia Kazan au courant.
Le film ressortira en 1993 dans son intégralité. Plus que jamais, Un Tramway Nommé Désir a une forte connotation psychanalytique et sexuelle.
Il suffit de prendre les premières minutes pour s'en convaincre.

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L'introduction du film nous présente un ouvrier d'origine polonaise, Stanley (Marlon Brando), incroyablement musclé, bombant le torse et attirant le regard et le désir de le gente féminine. L'acteur symbolise ici la puissance, le dominateur et la virilité.
Pourtant, au niveau de la mise en scène, le film se veut particulièrement austère et s'apparente à un huis clos paranoïaque, se déroulant presque exclusivement dans un appartement.
C'est d'ailleurs le sujet principal de ce superbe drame, à savoir la plongée dans la folie de Blanche Dubois (Vivien Leigh).

Pour cela, il est nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! Après une longue séparation, Blanche Dubois vient rejoindre sa soeur, Stella à la Nouvelle Orléans. Celle-ci vit avec son mari, Stanley, ouvrier d'origine polonaise, dans le vieux quartier français.
Ce dernier n'apprécie guère les manières distinguées de Blanche et cherche à savoir quel a été le véritable passé de sa belle soeur.
Perturbée par le quotidien hostile de Stella, Blanche ne va pas tarder à révéler son véritable visage, à savoir celle d'une mythomane.

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Difficile d'en dire davantage sur l'histoire. Toujours est-il que l'ouverture du film nous plonge au coeur de la Nouvelle Orléans, décrit comme un quartier sombre, ouvrier, pessimiste, noir, mélancolique et sans espoir. En vérité, le film prend toute sa dimension dès l'entrée de Stanley, qui apparaît tel un félin, voire un prédateur dangereux pour la bonne santé de Stella.
A partir de là, le drame tourne à un véritable affrontement psychologique entre ces deux personnages, entraînant Blanche dans les abîmes de la folie.

Clairement, cette dernière est psychotique et sujette à de graves troubles de la personnalité. On pourrait parler ici de dédoublement de la personnalité, de discordance et plus largement, de schizophrénie. Mais cette plongée dans la folie va se faire lentement et progressivement.
Plus que jamais, Stanley apparaît comme un persécuteur obligeant Blanche à dévoiler son véritable visage. Cette dernière se tapit dans l'ombre et tente de masquer ses failles.
A partir de là, Elia Kazan joue sur les cadrages, les effets d'ombres et de contrastes mais également sur le physique de ses acteurs.

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D'ailleurs, le film doit beaucoup à l'immense interprétation de Marlon Brando et de Vivien Leigh, totalement investis dans leurs personnages.
Certes, la conclusion finale aura le mérite de révéler le véritable visage de Blanche Dubois, mais pas celui de Stanley, qui semble lui aussi se tapir dans l'ombre.
Paradoxalement, ce dernier semble aussi fou que celle qui vient perturber sa petite vie tranquille et ses instincts de dominateur confiné dans sa toute puissance.
Finalement, ce combat quasi animal ressemble à une bataille psychologique entre un psychopathe et une schizophrène. Encore une fois, la tension sexuelle est permanente et tournera au véritable réglement de compte. Nul doute que ce film mériterait une plus grande analyse via plusieurs articles et/ou billets. Mais ne l'oubliez pas, vous êtes sur Naveton Cinéma !

Note: 20/20


Marlon Brando & Elia Kazan


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