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Dylan Thomas – J’ai rêvé ma genèse (I Dreamed My Genesis, 1934)

Par Stéphane Chabrières @schabrieres

Dylan Thomas – J’ai rêvé ma genèse (I Dreamed My Genesis, 1934)J’ai rêvé ma genèse dans la sueur du sommeil,
défonçant
La coquille enroulée, puissant
Comme un muscle moteur au perçage, traversant
La vision et le nerf aussi épais qu’une poutre.

Des membres taillés à la mesure du ver, chassé
De la chair chiffonnée, passé
A tous les laminoirs dans l’herbe, métal
De soleils dans la nuit de l’homme en fusion.

Héritier des veines brûlantes gardiennes de la goutte
d’amour
Avec cette créature précieuse dans mes os j’ai fait le tour
Du globe qui m’a échu en héritage, croisière
En première à travers l’homme dans l’embrayage de la
nuit.

J’ai rêvé ma genèse et suis de nouveau mort, shrapnel
Enfoncé en plein cœur, trou
Dans la plaie recousue et le vent coagulé, la mort
Muselant la bouche gazée.

Vif dans ma seconde mort j’ai marqué les collines,
moisson
De ciguës et de brins, rouillant
Mon sang sur les morts durcis, cherchant
A m’arracher de force à l’herbe.

Et la vigueur s’est propagée dans ma naissance, seconde
Aurore du squelette et puis
Rhabillage de l’âme nue. La race humaine
A giclé comme un crachat de la douleur resoufferte.

J’ai rêvé ma genèse dans la sueur de la mort, tombé
Deux fois dans la mer nourricière, usé
Dans la saumure d’Adam jusqu’à ce que, vision
D’un homme à la vigueur nouvelle, je cherche le soleil.

*
I dreamed my genesis in sweat of sleep, breaking
Through the rotating shell, strong
As motor muscle on the drill, driving
Through vision and the girdered nerve.

From limbs that had the measure of the worm, shuffled
Off from the creasing flesh, filed
Through all the irons in the grass, metal
Of suns in the man-melting night.

Heir to the scalding veins that hold love’s drop, costly
A creature in my bones I
Rounded my globe of heritage, journey
In bottom gear through night-geared man.

I dreamed my genesis and died again, shrapnel
Rammed in the marching heart, hole
In the stitched wound and clotted wind, muzzled
Death on the mouth that ate the gas.

Sharp in my second death I marked the hills, harvest
Of hemlock and the blades, rust
My blood upon the tempered dead, forcing
My second struggling from the grass.

And power was contagious in my birth, second
Rise of the skeleton and
Rerobing of the naked ghost. Manhood
Spat up from the resuffered pain.

I dreamed my genesis in sweat of death, fallen
Twice in the feeding sea, grown
Stale of Adam’s brine until, vision
Of new man strength, I seek the sun.

***

Dylan Thomas (1914-1953)Dix-huit poèmes (18 Poems, 1934) – Traduction de Patrick Reumaux



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