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Passerelle

Publié le 25 mars 2008 par Rendez-Vous Du Patrimoine

(Cliché I. Rambaud, passerelle au château de Montglas, Cerneux, 77)

"Passerelle" était l’un des 10 mots choisis pour mettre en scène la semaine de la langue française qui vient de s’achever. Mais qui, je suppose, doit se pratiquer toute l’année, pour les amoureux de notre langue commune, non ?
Je vous l’offre à mon tour, et après son « parrain » Yann Arthus-Bertrand, (de préférence à « rhizome » ou « s’attabler ») pour sa valeur et sa force tant symbolique que réelle.
Le Dictionnaire de l’Académie (6e édition de 1832) indique que c’est une « sorte de pont étroit, qui ne sert qu'aux piétons ». Cette définition est reprise par Littré.
Dans sa 8e édition, l’Académie ajoute que ce mot désigne aussi "la petite plate-forme dominant à l'avant le pont du navire entre tribord et bâbord, et d'où le capitaine et les autres officiers peuvent explorer l'horizon ".

Passerelle Simone de Beauvoir (Paris entre Bercy et BNF)
Il s’agit donc de passer et d’observer. Car la passerelle s’offre au piéton, à celui qui marche, qui a le temps donc, qui le prend, bien obligé peut-être, et qui regarde « à l’horizon ». Elle lui permet d’aller d’un bord à l’autre, de traverser pour aller à la rencontre de l’autre bord.
Elle lui permet de penser à sa marche, au paysage à l’entour mais aussi à ce qu’il traverse : rivière, marécage, route à voitures, embarras chaotiques.
Dans tous les cas, il prend de la hauteur, la passerelle monte et le piéton s’élève peu à peu avant de revenir à la même hauteur, de l’autre côté. Le sol, un temps, s’est dérobé, ses contingences avec.
(Cliché I. Rambaud, passerelle à Dammarie-lès-Lys, bords de Seine)
Durant son passage, le promeneur sait bien qu’il a, lui seul, ce privilège, puisque la passerelle est étroite et qu’elle lui est réservée, avec peut-être un ou deux autres piétons comme lui, pas plus. Le risque pourrait être grand que la passerelle ne cède en précipitant ses voyageurs dans l’abîme.
Ce petit pincement au cœur fait aussi le charme de la passerelle où l’on met le pied avec précaution et douceur.
Un monde entre deux, un monde à lui tout seul mais qui mène où l’on veut, si l’on veut se donner la peine : pour dialoguer, pour échanger, pour partager.

(cliché David Boreau, la passerelle des trois pays , Allemagne, France, Suisse)

On ne reste pas sur une passerelle. On l’emprunte, comme un livre, comme les mots, comme une langue.
Merci pour votre lecture ! Thank you for reading !

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