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Certains l'aiment chaud

Publié le 22 août 2012 par Olivier Walmacq

1929. Deux musiciens au chômage tombent malheureusement sur un assassinat de gangsters. S'échappant in extremis, ils décident de se déguiser en femmes pour ne pas attirer l'attention de la mafia. Ils tombent dans un groupe de musique entièrement féminin auquel se trouve la très jolie Alouette...

Affiche de 'Certains l'aiment chaud'

La critique chaude de Borat

Je n'aime pas les anniversaires morbides que les médias font chaque année avec un événement ou un défunt. Par exemple, avec le centenaire du naufrage du Titanic évoqué un million de fois en avril dernier. C'est aussi le cas des cinquante ans de la mort de Marilyn Monroe, "célébré" le 5 août dernier, aidé par la sortie du coffret BR de certains de ses films. Plutôt que de vous évoquer les mille et une rumeurs sur la mort de la sublime Marilyn (digne des magazines people et je ne me sens pas aussi médiocre pour me rabaisser à leurs niveaux!), je préfère chroniqué un des films mythiques.
Billy Wilder avait déjà fait soulever sa jupe dans Sept ans de réflexion, cette fois-ci il la mettait en compagnie de deux acteurs en vogue de l'époque: Tony Curtis et Jack Lemmon. Vous aurez bien sûr reconnu Certains l'aiment chaud, réalisé en 1959.
Pour le rôle de Lemmon, Frank Sinastra était prévu mais refusé d'incarner un travesti. Quant à Marilyn, elle fut imposée par rapport à Mitzi Gaynor.
Des bruits de couloir disaient également que l'actrice était très souvent en retard (ce qui n'était pas la première fois par ailleurs) et avait par moment des égarements.
Des propos venant de Curtis et qui aurait démenti depuis. Néanmoins, beaucoup disaient la même chose à l'époque.

Marilyn Monroe dans Certains l'aiment chaud

Le film sera un grand succès à l'époque et un des plus appréciés de l'actrice avec l'autre Wilder. Il sera récompensé par l'Oscar des meilleurs costumes, le Bafta du meilleur acteur étranger pour Lemmon, les Golden Globes des meilleurs comédie et acteurs comiques pour Lemmon et Monroe.
Un triomphe donc pour une comédie en avance sur son temps. Tout simplement, parce que les héros se travestissent en femmes.
Et quand on sait comment étaient vus les homosexuels à l'époque et même encore de nos jours, on comprend mieux où veut en venir le réalisateur.
D'ailleurs, il avait réussi à contrecarrer la censure ricaine encore plus forte qu'aujourd'hui (souvenons nous de la polémique de Tant qu'il y aura des hommes) en jouant sur les sous-entendus plutôt que la vulgarité. Car le plus ironiquement avec les deux héros, c'est que celui qui est le plus sceptique au départ (en l'occurrence, Lemmon) commence à prendre goût au travestissement !
Alors que celui qui était le mieux parti (Curtis) finira par revenir à un état purement masculin en tombant amoureux de la très jolie Sugar (devenue Alouette sous la plume de Raymond Queneau, ce qui est assez classe quand même et beaucoup moins provocateur que Sucre!).

Tony Curtis & Marilyn Monroe dans Certains l'aiment chaud

Le magnifique et hilarant monologue final ("Tu ne comprend pas Osgood, je suis un homme! -Et bien, personne n'est parfait!") renforce encore plus cette ambiguité.
Outre l'aspect bisexuel bien moins stupide qu'il n'en a l'air, le film fait aussi beaucoup rire. Il n'y a qu'à voir le moment où Marilyn ne cesse d'embrasser Curtis (avec l'accent russe!) qui fait croire à un problème psychiatrique pour en avoir encore !
Et ne parlons même pas de la drague opérée sur Lemmon par Joe E Brown à base de pince fesses et de tango ! Sans compter Lemmon se retrouvant à côté de Marilyn et ne savant pas trop quoi faire pour cacher son enthousiasme particulier !
Voilà trois exemples de gags incontournables du métrage et il y en a beaucoup. Wilder rend aussi un hommage à l'époque de la prohibition avec l'alcool supprimé (Monroe manque de se faire virer pour une bouteille) et ses gangsters. D'ailleurs et au grand étonnement, on retrouve beaucoup de morts au compteur, ce qui s'avère assez étonnant dans une comédie.
Mais on n'est plus à une nouveauté près. Wilder peut évidemment compter sur des acteurs irréprochables: Lemmon et Curtis sont drôlatiques et Monroe a une charme fou.
D'ailleurs, c'est dans ce film qu'elle reprend la chanson phare de Betty Boop (revenue récemment sur le devant de la scène avec une pub de Joann Sfar), I Wanna Be Loved By You. Culte!

Certains l'aiment chaud : photo Billy Wilder, Jack Lemmon

Une comédie incontournable et pas si futile qu'elle n'en a l'air.

Note: 20/20


Certains l'aiment chaud - trailer par enricogay

Certains l'aiment chaud
mais pourquoi tu ne mets pas 20 ? je trouve que ce film mérite cette note maximale !
pour ma part, un de mes films préférés. Je ne suis pas forcément fan de revoir des films, même ceux que j'aime beaucoup, mais depuis que je suis gamine, je ne me lasse pas de le revoir !


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