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Syrie riot

Publié le 23 août 2012 par Hoplite

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"Alors que l’affaire Pussy Riot n’en finit pas de faire parler d’elle, la condamnation des 3 anarchistes masquées éclipserait presque la terrible guerre civile qui est en train de se jouer en Syrie. Alors que le printemps arabe de 2011 frappe nombre de pays au proche et moyen orient, la Syrie n’est pas non plus épargnée. Dès le début 2011, comme en Tunisie, un jeune Syrien du nom d’Hasan Ali Akleh s’immole par le feu.

Dès le mois d’avril 2011, la situation se complique sensiblement, des clashs violents opposent les manifestants à l’armée Syrienne. Malgré de nombreux gestes et mesures de l’état Syrien à cette période pour tenter de résorber les tensions sociales (baisse des taxes sur les produits alimentaires, embauche de fonctionnaires, non instauration de la TVA ou encore création de fonds sociaux pour aider les plus démunis…), la tension continue d’augmenter et les manifestations gagnent en intensité dans tout le pays. La Syrie connait durant ce printemps 2011 son printemps arabe.

Dès l’été 2011 des soldats démissionnaires créent l’Armée Syrienne Libre (ASL), et les affrontements avec l’armée Syrienne deviennent meurtriers. A cette époque se crée également une hypothétique structure d’opposition : les comités locaux de coordination pour l'avenir politique de la Syrie, qui aboutiront à la création en octobre 2011 en Turquie du Conseil National Syrien (CNS), majoritairement sous domination des frères musulmans.

Le conseil National Syrien deviendra rapidement (dès novembre 2011) la branche politique de l’ASL, et il installe sa base en Turquie. Dès le début de l’année 2012 Le CNS propose aux occidentaux de lancer une campagne de frappes aériennes préventives et verse des salaires aux combattants Syriens qui affrontent l’armée régulière Syrienne. 2012 marquera une intensification des violences et le début d’une guerre civile et politique en Syrie. En avril 2012, l’ONU met en place une mission destinée à faire cesser les hostilités, le plan Annan, qui n’aboutira pas. Dans le même temps sur le plan diplomatique et depuis le début de la contestation en Syrie, la Russie et la Chine ont, chacune, opposé trois vétos aux tentatives de l’ONU de faire pression sur Damas. Bien sur le Main-Stream médiatique ne retient que le veto Russe, suspectant la Russie de soutenir encore une fois un dictateur, comme ce fut le cas en Libye. En réalité la position diplomatique russe est beaucoup plus subtile que cela et surtout elle semble prendre en compte certains équilibres géostratégiques régionaux essentiels.

Les Russes et les Chinois forment au sein des BRICS une sorte de tandem diplomatique. Ils opposent à une vision interventionniste dans les affaires du monde, leur vision, basée sur la non ingérence et la souveraineté nationale. Il s’agit d’un affrontement entre deux conceptions du monde : l’une unipolaire et l’autre multipolaire. Pour la Chine, et la Russie, les expériences Afghanes, Irakiennes et Libyennes sont loin d’être des réussites, au contraire, les interventions militaires occidentales n’ont fait que contribuer à la destruction des états visés. C’est le cas de l’Afghanistan (absolument pas pacifié), de l’Irak (scindé de facto en trois) et de la Libye, désormais sous contrôle d’islamistes radicaux dont les supplétifs affluent pour se battre en Syrie, déstabilisant un état voisin.

En outre ni Russes ni Chinois ne souhaitent voir se réitérer l’option Libyenne ou leur non opposition aux sanctions contre le régime Libyen a abouti à une intervention militaire, non pas cantonnée à empêcher un massacre a Benghazi, mais à une guerre ouverte pour renverser Kadhafi. Comme le précise Pascal Boniface : " à ce moment Russes et Chinois mais également les autres grandes nations du Sud ont estimé qu'ils avaient été trahis d'où la persistance de leur refus d'une nouvelle décision du Conseil de sécurité".

La Syrie Baasiste de Bashar-El-Assad est un état musulman laïc et autoritaire. Contestable comme beaucoup d’autres dans la région, ce régime politique présente néanmoins d’indéniables points forts. La minorité Chiite Alaouite à laquelle appartient le président a su jusqu’à présent imposer une cohabitation pacifique entre toutes les religions en réprimant d’une main de fer les extrémistes islamiques, et protégeant les nombreuses minorités présentes dans le pays, à savoir 30 à 35% de la population. Les 65 ou 70% restants sont des musulmans sunnites au sein desquels existe une minorité extrémiste des frères musulmans, qui a pris le contrôle politique de la résistance Syrienne. Cette tendance ne représente pourtant pas la majorité des sunnites, ni même celle des opposants au régime Assad.

Dès lors on peut se demander pourquoi cette ASL bénéficie d’un tel soutien à l’étranger et d’une telle complaisance médiatique malgré des scènes abominables d’égorgements, de tortures et de massacres de partisans (civils ou militaires) de l’état Syrien qui ont fait le tour de la planète. On sait désormais parfaitement que la Syrie est devenue la terre sainte des Djihadistes du monde entier (voir ici) et que ces groupes armés d’opposition sont majoritairement financés et aidés par la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite d’une part, et par des états occidentaux (Angleterre, Allemagne, Amérique) d’autre part.

Par conséquent la Syrie est actuellement victime d’une agression de l’étranger, organisée par une bien étrange coalition de dictatures Islamistes, de pays occidentaux et du principal allié de l’Otan dans le monde musulman, la Turquie. Curieusement (?) ces états ne semblent pas du tout concernés par la situation au Bahreïn, ou une minorité Sunnite qui détient le pouvoir est fortement contestée par la majorité Chiite, et ou le pouvoir n’hésite pas à faire ouvrir le feu sur la foule désarmée, ce qui n’est à ce jour jamais arrivée en Syrie. (...) source/suite

Alexandre Latsa, 2012.

photo: pas de rapport, trouvé ça joli.


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