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Presse-papiers - Bienfaisance sonore

Publié le 25 mars 2008 par Benjamin Mialot
Noise est le meilleur magazine musical de France et de Navarre, mais c'est aussi le moins verni. Vlan, posé comme ça, une telle phrase ne laisse aucune place au débat et piège le gogo dans ses filets. Fourberie indigne d'un gratte-papier qui voudrait qu'on accorde de l'importance à ce qu'il déblatère, mais c'est chez moi, je fais ce qu'il me plait. Olivier Drago et son armada de pigistes n'ont pas de chance, disais-je, puisqu'après Velvet et Versus, Noise est la troisième manifestation de leur inébranlable volonté éditoriale, laquelle se résume par l'expression suivante : "rock culture". Est-ce que celle-ci sera la bonne ? Aucune idée, ce qui est probant, c'est que c'est de la bonne (oh oh) et que si le rythme de parution devenait moins aléatoire, ce ne serait pas un mal, bien au contraire. Surtout que je viens de m'abonner alors bon, le suspens moi...
Ce n'est pas tant pour ses plumes (encore que, Françoise Massacre et le trop rare Batista imposent le respect) que pour la connaissance qu'ont leurs détenteurs des musiques qu'ils abordent, à savoir le rock au sens large donc, du punk au metal en passant par les disciplines extrêmes, le post-rock, le hardcore et bien d'autres, ainsi qu'un soupçon salvateur de folk, de pop, voire de hip-hop et d'electro dans les grands jours. En effet, plus que l'érudition, Noise transpire la passion de ceux qui l'animent. Une chouette médaille, synonyme d'avis personnels et de transmission, qui a aussi son discret revers : quelques positions trop affirmées ("on ne nous sert que de la daube, heureusement tel groupe dont je vais causer est super mieux"), une sorte de naïveté contestataire (exemple : interroger le moindre groupe américain quant à son avis sur la politique de Bush Jr.) et, pour certains observateurs, une surabondance d'avis positifs dans l'énorme cahier critique. Personnellement, des kilos de disques encensés, c'est autant de musiques que j'ai hâte de découvrir, mais je tape ça, je tape rien, surtout que mon compte en banque s'oppose à cette idée.
Niveau contenu, outre les dissections de skeuds, on trouve tout l'attirail habituel : des DVD, des oldies, des vinyles, des rééditions et compils, des news, des live reports et des interviews fournies, qui abordent des sujets aussi divers et intéressants que la production, les choix d'instruments, le processus de composition, l'émulation artistique, la situation de l'industrie du disque... Petit bonus : un peu de comics, de cinéma et, surtout, des dossiers ou focus sur un label en particulier, la discographie de tel groupe, l'histoire de tel courant. Bref, tout ce qu'il faut pour produire un magazine rock complet, pas superficiel pour un sou (aucun regard sur les apparats vestimentaires que scrutent d'autres publications, par exemple) et riche en informations. Pourtant, un grand absent subsiste : le sampler, physique ou numérique, qui constituerait chaque mois, sans aucun doute une éclatante compilation. Et une galerie d'affiches rock, ce serait la cerise sur le cake, histoire de changer des sempiternelles photos promotionnelles. Olivier, si tu me lis, je compte sur toi, fils.
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