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Le grand soir

Publié le 26 août 2012 par Lorraine De Chezlo
LE GRAND SOIRde François Dupeyron
Roman biographique - 270 pages
Editions Actes Sud - 2006
Editions Babel Poche - 2008
Au soir de sa vie, le peintre Gustave Courbet ne va pas fort. Quasiment réfugié en Suisse, il rencontre dans un bordel une prostituée qui lui rappelle son grand amour passé, la belle Jo, sa muse pour l'Origine du Monde. Il se met à lui parler sans détour, lui racontant ses misères, ses déceptions, ses luttes. 
D'abord, c'est le langage qui surprend. Un texte brut, une ponctuation chaotique, un style très familier, voire argotique. Ce serait donc ça le personnage de Courbet. Un homme bon vivant, grossier, entier, passionné. Le narrateur use de ces expressions populaire pour décrire son héros torturé. On apprend, via ses confessions intimes à la fille de joie, sur le passé de Courbet, son travail, ses commandes, celle inespérée de Khalil Bey pour qui il va peindre l'Origine du Monde, cette Jo qui le quitte, ses problèmes d'argent, l'alcool, les évènements chauds de la Commune de Paris, ses déceptions politiques qui s'ensuivirent.
Extrait :"Elles vont viennent au milieu des hommes, chienne, chatte, tigre, cheval, tout le bestiaire, tous les goûts... tout ce qui est bon pour les exciter, les monter, leur tirer un billet avant de les moucher. Jamais elles ne s'arrêtent c'est la règle, la patronne y veille, jamais répondre à quelque saloperie, parce qu'ils en bavent, en écument, ils s'échauffent là, si près du but, les morts de faim... ils les boivent, se rincent, les yeux écarquillés, ils essayent aussi de tâter, pincer, ils se penchent pour frôler, humer et on dirait qu'ils ne se décident qu'à la toute dernière extrémité, presque à regret, comme s'ils allaient se jeter dans une eau trop froide. Alors, ils prennent le bras d'une fille et se laissent conduire au pied de la chair... là, ils règlent leur dû contre un jeton que la patronne remet à la fille, et puis c'est l'escalier, tout de suite à droite, derrière la chair... pas qu'un escalier ! Il fascine, les hommes gardent toujours un oeil dessus pour savoir qui monte qui descend... et c'est pas triste ! il y a à voir là aussi, ceux qui descendent se croient obligés de commenter et ceux qui montent goguenardent, se gonflent... Il faut bien dès lors qu'ils sont en vue, mais à vouloir se cacher, ils se trahissent, y a plus de gueule que d'estomac, ici comme ailleurs. Courbet s'est allumé, on dirait... une étincelle, une idée, il s'avance, se fraye, pour croiser le chemin d'une formidable crinière rousse. On ne voit que ça, rousse ! la masse mousseuse, orageuse presque, plus affolante que la chair pour celui qui s'y laisse prendre... et il est pris Courbet."

Si on s'intéresse aux tableaux de Courbet, on est forcément ravi d'apprendre ainsi un peu du quotidien - certes romancé - qui fût celui de ce peintre qui a su réaliser des tableaux classiques et audacieux. Le style est indéniablement vivant, François Dupeyron donne chair à l'homme célèbre. Par contre, les épisodes sur la Commune de Paris m'ont profondément ennuyée, c'était impossible pour moi de suivre Courbet dans ces évènements tragiques. Alors j'ai sauté quelques pages...
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