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L'art du jeu de Chard Harbach

Par Sylvie

ETATS-UNIS -PREMIER ROMAN

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Editions Lattès, 2012

Ce premier roman a été un best-seller aux Etats-Unis. Porté aux nues notamment par le New-York Times et Jonathan Franzen, il est en cours d'adaptation par la chaîne HBO. 

Un premier roman écrit par un journaliste littéraire sans doute surestimé mais qui a le mérite de porter un regard acerbe sur la crise spirituelle que vivent les américains. 

Chad Harbach nous plonge avec réalisme dans le monde sportif au sein du système scolaire américain. Il faut savoir que chaque lycée ou université a son équipe locale de football et/ou de baseball. Les écoles se fédèrent en partie autour de ces équipes.

Mais rassurez-vous, ce roman ne parle pas uniquement de baseball mais aussi littérature à travers Hernan Melville...

Le roman a pour cadre une université du Wisconsin, au bord du lac Michigan. Mike, le capitaine de l'équipe de baseball, remarque en la personne de Henry Skrimshander, un véritable don pour le baseball. Il va en faire une star locale jusqu'au jour où ce dernier va rater un lancer facile. 

Cet échec provoque une crise intérieure aussi bien chez le joueur que chez le coach. Et c'est en cela que le roman est intéressant et très abouti. L'auteur examine à la loupe le monde sportif de l'intérieur, dans l'esprit des joueurs. L'art du jeu n'est pas un art solitaire comme la peinture ou l'écriture. Ces artistes peuvent "se rater" quelques fois, dans leur solitude. Le sportif, lui, est condamné, en public, à répéter chaque fois le même geste parfait, à l'infini, comme une machine. L'atteinte de la perfection mais après ? La répétition obligée ou le néant, l'angoisse et la crise. La crise intérieure d'Henry est analysée comme une "angoisse postmoderniste" et comme l'un des symptômes de la crise américaine. Le syndrome de l'échec...

Mike, le coach, quant à lui, se considère uniquement comme un coach et un incapable. En effet, il n'est bon qu'à apprendre aux autres, il n'a aucun don. C'est pourquoi il est aussi pris dans la spirale de l'échec. 

Ces chapitres consacrés à l'angoisse existentielle sont vraiment bons et font tout l'intérêt du roman. Quant aux autres personnages, le président de l'Université, Gert Affenlight, sa fille Pella et un élève en littérature, Owen, ils vont aussi faire face à des bouleversements intimes.

Homosexualité, problèmes de gestion et de financement des universités....

Le roman choral, aux multiples personnages, brasse beaucoup de problématiques et sans doute trop. C'est le duo Mike-Henry qui reste le plus intéressant en terme de personnages même si le duo Affenlight/Owen permet d'aborder le fonctionnement d'une université américaine : la découverte d'un manuscrit d'Herman Melville en fait la mascotte de l'université. On se met à vendre des tee-shirts et des casquettes à son effigie et l'équipe locale de baseball s'appelle les Harponneurs...Bien sûr, tout cela se vend dans la boutique de l'université, fait inimaginable en France.....

Roman sans grandes qualités littéraires, parfois trop démonstratif mais d'un intérêt sociologique certain !


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