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Héloïse est chauve d’Émilie de Turckheim

Par Ngiroux

Héloïse est chauve d’Émilie de TurckheimHéloïse Herschel, née en 1977 à  Ajaccio.

«La peau d’Héloïse est sans rides, sans histoires.  Ses longs cils noirs défendent des yeux de requin omniscient.  Héloïse a mille siècles.  Le visage éternel de l’humanité recommencée.   C’est un bébé éblouissant, né en juillet, en avance, à l’heure bouillante de la sieste, à l’hôpital d’Ajaccio, si brusquement que le docteur retenait de sa main gauche, lisse et gantée, le crâne échappé du sexe de Mirabelle, tandis que la sage-femme lui enfilait, à la main droite, l’autre gant de latex.» Héloïse est déjà amoureuse du docteur.

Héloïse,  jeune adolescente est précoce et encore follement éprise du Dr Lawrence Calvagh (chauve en gaélique), de quarante ans son ainé, ils deviennent rapidement, dangereusement, passionnés. Les amants ont de moins en moins peur.  Quelque chose les protège. Peut-être le gouffre du temps qui les sépare ou l’enfance immaculée. L’amant quant à lui,  lui qui a baisé la fille, la mère, la tante et la grand-mère. Il se demande comment revoir sa trop jeune maîtresse à Paris. Ses parents la laissent-ils aller chez des amies ? L’après-midi ? La nuit, n’y pensons même pas.  Est-ce qu’elle va le faire souffrir, le quitter pour un bébé de quinze ans à la peau bizarre, un grand enfant à la vois grave et aigüe ? Est-ce que ce sera au fond, comme toutes les autres fois ? Après la fièvre, l’excès de force et de foi, d’énergie et de pornographie, au premier chapitre de la passion amoureuse, il y aura des instants d’ennui, des silences, une phrase, bête, insidieuse, la peau décevante, quelqu’un d’autre ?

Un kaléidoscope d’émotions, d’époques, de générations, d’érotisme, de poésie. 

Derrière ces phrases courtes, savoureuses,  rythmées, racoleuses au vocabulaire parfois très cru, se perçoit, un style déroutant parfois choquant, un humour incisif. Émilie de Turckheim avec ce cinquième roman apporte un brin de folie, de fraîcheur, d’outrance, de sensualité, un vent de jeunesse balayant les conventions. Que de nombreux secrets nous cache cette jeune femme aux mirages angéliques! Les critiques sont partagées, on déteste ou on adore, mais on en sort sûrement pas indifférent, je l’ai tout simplement dévoré, un roman, une auteure à découvrir.



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