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On peut aller loin avec des coeurs volontaires

Publié le 28 août 2012 par Lorraine De Chezlo
ON PEUT ALLER LOIN AVEC DES COEURS VOLONTAIRESde Raymond Rallier du Baty
Roman biographique - 290 pages
Editions Maritimes & d'Outre Mer - 1991
Editions Livre de Poche - mai 2012
En 1907, Raymond Rallier du Baty, 26 ans, décide d'organiser, avec son frère un voyage au long cours à bord d'une embarcation modeste, un ketch, vers... les îles Kerguelen. Il s'agit d'affiner les cartes marines dont on disposait alors et qui manquaient de précision. Pendant 2 ans, à bord du J. B. Charcot, nom donné en hommage à son maître admiré, Raymond Rallier du Baty et son jeune équipage - 4 matelots normands - vont connaître les colères de la mer, les tempêtes, les accidents, les repas insipides, les trocs lors des escales habitées... Par Madère, puis Rio de Janeiro et l'île Tristan da Cunha, ils rallieront les fameuses îles de la Désolation. Un archipel austral peuplé d'oiseaux, d'éléphants de mer et de phoques. C'est d'ailleurs grâce à ces derniers, en "récoltant" leur lard, le fondant et remplissant ainsi des barils d'huile de phoque qui, une fois revendus à Melbourne, permettra au capitaine de payer son équipage, après 2 ans de navigation... 
Voilà de l'aventure, de la belle, de la vraie, de l'épatante. Un récit écrit d'une plume d'écrivain talentueux, traduit de l'anglais car le Français Raymond Rallier du Baty avait opté pour la langue de Shakespeare. Seul l'omniprésence du passé simple peut un peu grattouiller les sens, mais sinon, vraiment, le ton simple, précis, et plein d'humilité qu'emploie ce capitaine au nom à particule est vraiment inattendu et attachant.
Extrait :"Mais c’est la taille même de notre bateau qui rend notre aventure peu commune et peut-être même risible aux yeux de certains. Je souris moi- même aujourd’hui lorsque je pense au dénuement dans lequel nous entreprîmes ce voyage d’exploration. Il n’y avait pourtant pas prétexte à rire lorsque nous essuyâmes – plus de cent fois – des tempêtes qui menacèrent de nous réduire en miettes, et qui à trois reprises nous jetèrent bel et bien à la côte. Les résultats de notre expédition ne marqueront pas l’Histoire. Nous n’avons pas à notre retour annoncé la découverte du pôle Nord ou du pôle Sud. Telle n’était pas notre ambition. Nous avons néanmoins exploré de nombreuses îles inconnues, nous avons cartographié des côtes inexplorées et des récifs cachés, sondé des passes étroites infestées de cailloux, pour le plus grand profit de nos camarades marins de toutes nationalités qui pourraient un jour passer par ces parages. Nous avons également rapporté bon nombre de spécimens géologiques, botaniques et entomologiques inconnus des musées, ce qui fait que d’un point de vue scientifique, les résultats de notre petite excursion présentent peut-être quelque intérêt."
Un voyage dans le temps et dans l'univers de la navigation aventurière. Une histoire d'hommes, leur labeur, leurs tâches respectives à bord du bateau, les excursions pédestres sur les îles à découvrir, les chasses sanglantes, leurs travers - gourmandise, tabagisme -, leurs distractions - lectures, musique. On les suit avec intérêt, le récit ne s'éternise pas, mais s'attache plutôt à décrire certaines scènes marquantes pour le capitaine et l'équipage. A plusieurs reprises, Raymond Rallier du Baty évoque sa crainte d'ennuyer le lecteur s'il s'étendait sur des explications techniques. Mais même ça, on en redemande.  _____________[merci aux Editions du Livre de Poche !]
Lire la préface et le 1e chapitre - Livre de Poche
"Manger le chou des Kerguelen", par Emmanuel Amar - les Influences

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