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Art contemporain et paysage historique toscan

Publié le 28 août 2012 par Marc Lenot
Art contemporain et paysage historique toscan

Antony Gormley, 2012, San Gimignano

En haut d'une des tours de San Gimignano, une statue : comme à son ordinaire, Antony Gormley a parsemé le bourg de ses sculptures (il y en a déjà, en permanence, dans la ville voisine de Poggibonsi) à l'occasion de son exposition à la Galleria Continua (jusqu'au 15 septembre). Il y a bien sûr de nombreuses sculptures 'humaines', et un immense vaisseau minimaliste dans la grande salle, écrasant le plancher : pas assez de recul pour pouvoir y discerner une

Art contemporain et paysage historique toscan

Antony Gormley, VESSEL, 2012, 3.7x22x4.8m

forme humaine, un homme-ville en quelque sorte. Même si on a un peu une impression de déjà vu, c'est impressionnant. Et on peut poursuivre ici la réflexion sur le corps et l'espace, amorcée à la Hayward Gallery et au Moulin.

Art contemporain et paysage historique toscan

Antony Gormley, 2x2 II, 2012, San Gimignano

L'utilisation du marbre pour ces deux statues installées dans le jardin, face à la campagne toscane, relie son travail sur le corps à la sculpture classique, et l'ancre ainsi dans l'histoire du lieu (Continua, la bien nommée...).

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Antony Gormley, BASE, 1993

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Antony Gormley, SUM, 2012

Mais ce sont les pièces insolites qui retiennent davantage l'attention : un dessin rouge fantomatique, cette sculpture en creux, bloc de béton percé de trous pour sa tête, ses mains et ses pieds, le vide d'un homme (on ne peut pas ne pas penser aux corps en creux de Pompéi) et cet 'homme' écrasé au sol, fragmenté, dans une explosion de polyèdres.

Art contemporain et paysage historique toscan

Nikhil Chopra, inside out, 2012, San Gimignano

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Nikhil Chopra, inside out, 2012, San Gimignano

L'autre artiste présenté là (aussi jusqu'au 15 septembre) est un performeur indien, Nikhil Chopra, qui, s'appropriant des caractères du passé, s'insère (lui aussi) dans l'espace historique : personnifiant un peintre errant, inspiré par Gozzoli, il a arpenté le bourg et la campagne pendant 99 heures, dessinant, mangeant, buvant, dormant, silencieux et toujours vêtu d'habits qu'il a créés et peints. Moins politique, moins post-colonial que ses précédentes performances, c'est un travail en osmose parfaite avec le lieu : les paysages toscans, les traces de l'histoire médiévale et de l'art Renaissance se trouvent ainsi absorbés, digérés, retranscrits par et sur l'artiste lui-même, qui les restitue au public, ébahi face à cette collision entre histoire du lieu et art contemporain.

Photos courtoisie de la galerie et des artistes.


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