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« Voltaire, un bel exemple d’uchronie ! »

Publié le 28 août 2012 par Raoul Sabas

Le 28 août 2012

Courriel :

xxxx.lllll@yahoo.fr

Objet : « Voltaire, un bel exemple d’uchronie ! »

Monsieur Roger-Pol Droit

Chroniqueur philosophique

Le Monde

80, bd Auguste Blanqui

75707 Paris Cedex 13

Fax : 01 57 28 21 21

[A l'attention de Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, repreneurs du quotidien Le Monde, ainsi qu'à celle de la Direction générale et du Comité de rédaction]

« Qui ne gueule pas la vérité dans un langage brutal quand il sait la vérité se fait le complice des menteurs et des faussaires. » [Charles Péguy, Tempête sur l’Église de Robert Senon]

« Le cri de joie spinoziste est un cri de guerre contre les superstitions. » [Balthasar Thomass, Spinoza, le maître de liberté]

« Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire; c'est de ne pas subir la loi du    mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains, aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » [Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, 1903]

Monsieur,

Avant de commenter point par point votre article publié dans le numéro 2081 de l’hebdomadaire Le Point sous l’intitulé, La face cachée de Voltaire, je me dois au préalable de vous faire part de l’abondante correspondance adressée en vain au quotidien Le Monde entre le 24 février 1997 et le 3 juin dernier, notamment à Jean-Marie Colombani, Edwy Plenel et Ignacio Ramonet, en leur temps, ainsi qu’aux repreneurs du Monde et à ses dirigeants actuels.

Pour information, je précise que ce courrier avait constamment pour but essentiel de dénoncer les mensonges et les « croyances au miracle » de notre monde humain, tels que colportés sans cesse, au fil des siècles et des millénaires, sur fondement de penser superstitieux, y compris par les faiseurs d’opinion d’aujourd’hui, tous milieux confondus, à savoir médias de toutes tendances, politiciens de tous bords, intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes) et associations "droits-de-l'hommiste" moralisatrices à sens unique.

Vous ne pouvez d’ailleurs prétendre l’ignorer, car tout ceci était déjà amplement développé dans mes lettres des 15 janvier et 30 avril derniers, qui avaient respectivement pour objet, Le Monde, J'ACCUSE (énième !) : « François Hollande, un président "normal" ? ! », et, Le Monde, J'ACCUSE (énième+1!), « Complicité de lâcheté, malhonnêteté et débilité intellectuelles avec un éventuel président normal ! », sans oublier celle du 3 juin vous informant de ma lettre au Parti socialiste sous l’intitulé, P S, J’ACCUSE : « Après la présidentielle, les "mensonges" continuent ! »

Malgré d’aussi graves accusations sans ambiguïté, démonstration à l’appui, ces lettres attendent toujours du Monde une éventuelle réponse contraire intellectuellement et philosophiquement argumentée. C’est pourquoi, à défaut, votre obstination dans le silence et le refus de débattre, déjà confirmée en son temps par la honteuse capitulation de votre quotidien, en forme de fin de non-recevoir du 26 janvier 2004, m’autorise à dénoncer, une fois de plus, la lâcheté et la malhonnêteté intellectuelles du Monde, telles qu’exprimées par la conclusion ci-après de ma toute dernière lettre, dans laquelle j’avais écrit :

« Sans attendre un éventuel sursaut intellectuellement courageux de votre part, dont vous semblez bien à jamais incapable face à LA Vérité, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, mes salutations philosophiques, laïques et républicaines, sauf à vous-mêmes ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire. »

Aussi, après le « casse du siècle »de l’élection présidentielle 2012, dû en partie à votre silence complice favorisant le candidat socialiste, je ne peux manquer de souligner la responsabilité intellectuelle, professionnelle et morale du Monde dans cette main-bassesur l’État. Votre quotidien ne peut prétendre en effet avoir ignoré la correspondance adressée en vain au candidat Hollande durant les derniers mois précédant le scrutin, preuves matérielles d’envoi à l’appui, pour dénoncer ses mensonges ainsi que ses « croyances au miracle », et pas davantage le défi lancé à son intention, dans ma lettre du 20 décembre dernier, de confronter en justice sa vérité et la mienne, alors qu’il n’a eu de cesse de prospérer durant plus de dix ans, sur ses mensonges et la tromperie de l’opinion, ainsi que toute ma correspondance en apporte la preuve

C’est pourquoi je me dois de préciser, encore une fois, que le penser superstitieux sur lequel il a prospéré pendant plus de dix ans, très précisément depuis le 6 octobre 2000, comme je peux en fournir la preuve écrite, consiste à « absolutiser le relatif », autrement dit à faire passer fictivement, donc mensongèrement, pour LA VÉRITÉ, ou réalité éternelle absolue, le contenu seulement relatif pensé par notre entendement pratique dans et sur (à propos de) notre monde.

Ce faux-penser, ou penser du relatif, se manifeste dans la religion, toutes les religions sans exception (monothéistes ou non), dans la métaphysique, tant matérialiste qu’idéaliste, dans l‘idéologie, toutes idéologies confondues (altermondialisme inclus), et dans le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres, au nom de LA Morale : LAQUELLE ? !], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, dont seule l’inobservation est réellement universelle – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire, à l’aune du devenir du monde depuis sa promulgation par seulement une poignée d’États de la planète, absolutisant fictivement le relatif, au prix de quelques contradictions manifestes illustrées par ce propos surréaliste de Jean-Louis Bianco, alors directeur de campagne de Ségolène Royal, déclarant sur RMC : « On a le droit de tout dire, mais il y a des limites. » [SIC !]

J’en viens à votre article publié dans Le Point pour dénoncer une autre forme de faux-penser, à savoir l’uchronie sur laquelle il se fonde. Ce procédé intellectuellement et philosophiquement malhonnête consiste en effet à refaire en pensée l’Histoire, telle qu’elle aurait pu être et qu’elle n’a pas été, ce qui autorise les « vertueux » de l’époque à juger et à condamner moralement le passé avec notre mentalité droit-de-l’hommiste d’aujourd’hui, ainsi qu’il en va de votre condamnation moralisatrice de Voltaire, mais aussi de celles de l’État français et de la France, respectivement par Jacques Chirac et François Hollande.

En réalité, tous les jugements uchroniques sur fondement moralisateur, et donc aussi le vôtre, appellent à la rescousse rien moins que l’Idéal, un Idéal pourtant à jamais inconnaissable "en soi" pour nous humains. Ceci n'empêche pas pour autant les faiseurs d'opinion d'aujourd'hui de décréter publiquement ce qui est pour eux le Bien et le Mal absolus, autrement dit l'Idéal d'un Bien et d'un Mal, dont ils ne peuvent forcément rien savoir, mais qui est source d'infinies contradictions entre censeurs autoproclamés de différents bords, notamment de toutes races, prêchant seulement pour leurs intérêts égoïstes bien compris, à titre individuel ou collectif.

Néanmoins, pour clouer définitivement le bec à tous ces « vertueux » croyant superstitieusement en la réalité d’un Bien et d’un Mal absolus, et sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire, il me suffit de renvoyer tous ces censeurs autoproclamés à ce jugement imparable de Spinoza, en la matière :

« Nous ne désirons pas une chose, parce qu’elle est bonne (absolument bonne ou bonne "en soi"), c’est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne. »

Quant à son succédané, à savoir le catéchisme prétendument universel, ou Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, il est, non seulement censé pouvoir transposer l'Idéal dans la réalité quotidienne, mais il est utilisé, de surcroît, pour juger un passé révolu de plusieurs décennies (cf. seconde guerre mondiale), voire de plusieurs siècles, comme il en va de Voltaire pour vous, de la colonisation et de l’esclavage, alors que cette Déclaration est postérieure aux faits moralement condamnés aujourd’hui en son nom, ce qui établit le fondement uchronique de vos condamnations moralisatrices partisanes.

A ce propos, je tiens également à votre disposition ma lettre du 18 courant à l’attention des caciques du Parti socialiste (Président de la République, Premier ministre, ministres et autres destinataires de mon courrier antérieur) sur les jugements d'un passé révolu, qui avait comme objet, François Hollande, pour mémoire : « Antisémitisme, colonisation, esclavage, etc., la France a bon dos ! », dont j’attendrai sûrement longtemps la réponse.

Après ce long et indispensable préambule, vous comprendrez d’autant mieux l'appréciation que je porte sur votre article condamnant moralement Voltaire pour misogynie, homophobie, judéophobie et islamophobie, mais en le jugeant dans un contexte complétement différent avec notre mentalité droit-de-l’hommiste d’aujourd’hui – et ce, en toute hypocrisie ignorante de la réalité de notre nature humaine égoïste !

A SUIVRE…


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