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[Critique] POURSUITE MORTELLE

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : A Lonely Place To Die

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : Grande-Bretagne
Réalisation : Julian Gilbey
Distribution : Melissa George, Ed Speleers, Eamonn Walker, Sean Harris, Alec Newman, Karel Roden, Kate Magowan, Garry Sweeney, Stephen McCole, Holly Boyd…
Genre : Thriller/Aventure
Date de sortie : 1er février 2012 (DTV)

Le Pitch :
Alors qu’ils font de l’escalade dans les montagnes écossaises, cinq amis trouvent par hasard, au milieu de nulle part, une petite fille prisonnière dans une grande caisse de bois enterrée dans le sol. Une découverte qui fait des cinq alpinistes les proies d’un mystérieux duo de chasseurs. Commence alors une traque impitoyable dans les montagnes…

La Critique :
Encore une fois, le titre français plombe l’ambiance. Qui a aujourd’hui envie de payer (ou même de regarder gratuitement), pour voir un film appelé Poursuite Mortelle ? Pour visionner ce genre de truc, il suffit de se brancher sur M6 en pleine après-midi, ou sur l’une des nombreuses chaines de la TNT qui diffusent ce genre de téléfilms aux titres aussi appétissants qu’un plat de pâtes au beurre réchauffé au micro-onde. Le fait que Poursuite Mortelle ne soit pas passé par les salles de cinéma est en soi, un argument supplémentaire. Rien, à première vue, ne laisse présager qu’il pourrait s’agir d’un truc intéressant. Alors il faut creuser. Sous le titre français tout d’abord, qui cache un autre titre, beaucoup plus accrocheur, à savoir, A Lonely Place To Die. Quand on sait que l’intrigue du long-métrage se déroule au cœur des montagnes écossaises, l’appétit revient au galop. La présence de la trop rare et super magnétique actrice australienne Melissa George, finissant de renverser définitivement la donne.

Car oui, Poursuite Mortelle (arg) est un bon film. Présenté comme une version féminine de Cliffhanger, avec son affiche où l’héroïne apparaît accrochée à une paroi rocheuse, alors qu’un type est en pleine chute libre, le film de Julian Gilbey arrive néanmoins à surprendre. Et au final, il convient de le ranger aux côtés des meilleures séries B (non ce n’est pas péjoratif) comme Randonnée pour un tueur, Cliffhanger donc, pourquoi pas À Couteaux Tirés et dans un sens, un petit peu aussi Delivrance, de John Boorman. Et cela même si ici, personne ne se fait violer par un détraqué crasseux tout en étant forcé d’éructer comme un cochon.
Pas malsain (du moins pas au premier degré du terme), Poursuite Mortelle est par contre haletant, comme se doit de l’être un film qui raconte une course-poursuite dans les montagnes. Simple et vif, le long-métrage de Gilbey se découpe alors en deux parties plus ou moins distinctes et relativement rattachées l’une à l’autre. La première est sans conteste la meilleure, avec son exposition pleine de souffle et ses scènes d’escalade vertigineuses sublimées par les magnifiques décors des Highlands écossais. Ensuite vient le coup de théâtre, simple lui aussi mais suffisamment bien emballé, pour être crédible. La chasse se poursuit dans la vallée, le mystère n’est plus quant aux intentions des différents protagonistes, et les choses de prendre une tournure plus conventionnelle. Sans pour autant remiser les intentions de départ au placard, Poursuite Mortelle fait preuve jusqu’au bout d’un bel aplomb, toujours rehaussé par une mise en scène immersive et surprenante.

Rappelant sur certains points le très bon Vertige d’Abel Ferry, Poursuite Mortelle tient carrément parfois du film d’horreur, dans sa dynamique proche du slasher et d’œuvres radicales comme le cinéma britannique peut en enfanter parfois. Les craintes précédemment évoquées sont loin. Rien ici ne rappelle les téléfilms estampillés Hollywood Night et la surprise, si elle reste modérée, est bien là pour maintenir un intérêt constant.
Et puis il y a les comédiens, tous très bons. À commencer par la trop rare Melissa George, vue récemment dans l’excellent Triangle de Christopher Smith. Plus que jamais parfaite dans le rôle d’une femme d’action non dénuée d’émotions, l’actrice fait face à un Sean Harris (le géologue de Prometheus) glacial. De quoi rendre ce jeu du chat et de la souris sur les hautes cimes encore plus prenant. À noter aussi la présence du grand Eamonn Walker, vu dans la série Oz, qui, finit de par son charisme imposant, de rendre la distribution de Poursuite Mortelle tout à fait recommandable.
Le film lui, file le vertige et des sueurs froides. En soi, il remplit son contrat haut la main et fera peut-être passer l’envie aux apprentis alpinistes, de laisser tomber leur mur en salle pour s’aventurer en pleine nature.

@ Gilles Rolland

[Critique] POURSUITE MORTELLE

Créditis photos : Carnaby International


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