Magazine Cinéma

Critiques en vrac 68: Ted – Malveillance – Jason Bourne: L’Héritage – The Expendables 2

Par Geouf

Ted

Critiques en vrac 68: Ted – Malveillance – Jason Bourne: L’Héritage – The Expendables 2Résumé: Un soir de Noël, le jeune John Bennett (Mark Wahlberg) a fait le vœu que son ours en peluche Ted (Seth MacFarlane) devienne vivant, pour enfin avoir un ami. Contre toute attente, son souhait a été exaucé, et depuis Ted et lui ne se sont jamais séparés. Mais John a depuis bien grandi, et sa petite amie Lori (Mila Kunis), bien que très compréhensive, commence à avoir du mal à supporter les frasques de Ted…

Premier film de Seth MacFarlane, le créateur des séries animées Les Griffin et American Dad, Ted débute comme un conte de Noël (le petit garçon solitaire qui voit son ours en peluche prendre vie) pour ensuite imaginer ce qui pourrait se passer une fois le héros parvenu à l’âge adulte. Mais plutôt que de faire de Ted un gentil ourson aimable et bien élevé, MacFarlane a décidé de pervertir le tout en faisant de son étonnant héros un ours queutard, grossier, amateur de bière et de joints. En résulte une comédie assez classique sur le passage à l’âge adulte, dans laquelle le héros doit apprendre à s’éloigner d’un bon pote envahissant, si ce n’est que le pote en question est un ours en peluche.  Beaucoup de gags fonctionnent donc sur le décalage entre l’apparence innocente de Ted et le comportement outrancier de celui-ci. Et il faut avouer que cela fonctionne du tonnerre, notamment grâce à des effets spéciaux sans faille, couplés au doublage assuré par Seth McFarlane lui-même. On ne doute pas une seconde de l’existence de Ted, et il est impossible de ne pas se prendre d’affection pour cet ours en peluche pas comme les autres.

Malgré un script assez classique, Ted enchaine sans temps mort les situations décalées et les gags plus ou moins réussis. Il y a en effet à boire et à manger dans le film, mais l’accumulation de gags est telle qu’on finit toujours par éclater de rire devant un bon mot, ou une situation délirante (le cameo de Ryan Reynolds, le « show » de Giovanni Ribisi devant sa télé). Mention spéciale au combat entre Ted et Mark Wahlberg, ainsi qu’la scène de la pendaison de crémaillère avec le cameo de Sam Jones (l’immortelle incarnation de Flash Gordon dans le film éponyme), qui vire à l’hystérie totale pour se terminer sur un hilarant combat entre Ted et un canard. Visiblement fan du cinéma des 80’s, et en particulier des productions Amblin, Seth MacFarlane ne loupe pas une occasion de placer des références aux œuvres qui lui sont chères (Flash Gordon bien sûr, mais aussi E.T. et Indiana Jones), sans pour autant insister lourdement dessus. Mark Wahlberg confirme quant à lui après Very Bad Cops que le comique lui convient finalement beaucoup mieux que le registre dramatique.

Rythmé et sans temps mort, parfois assez lourd, mais le plus souvent hilarant, Ted est un passage réussi du petit au grand écran pour Seth MacFarlane.

Note : 7/10

USA, 2012
Réalisation : Seth MacFarlane
Scénario : Seth MacFarlane, Alec Sulkin, Wellesley Wild
Avec: Seth MacFarlane, Mark Wahlberg, Mila Kunis, Sam Jones, Giovanni Ribisi

Malveillance (Mientras duermes)

Critiques en vrac 68: Ted – Malveillance – Jason Bourne: L’Héritage – The Expendables 2
Résumé : Concierge dans un immeuble barcelonais, l’affable et serviable César (Luis Tosa) a un lourd secret. Il est incapable de ressentir du bonheur à moins que les personnes qu’il côtoie ne soient malheureuses. Par chance, César a une solution pour être heureux : pourrir discrètement la vie des habitants de l’immeuble et les observer alors qu’ils perdent petit à petit toute bonne humeur et joie de vivre. Seule la jeune et enjouée Clara (Marta Etura) lui résiste encore, mais Raoul a bien l’intention de la faire plier à sa volonté, quitte à aller de plus en plus loin…

Ayant enfin accédé à une certaine reconnaissance publique mondiale suite au succès de la série des REC, Jaume Balaguero n’a pour autant pas décidé de se reposer sur ses acquis. Plutôt que d’enchaîner sur le troisième opus de la saga des zombies énervés, il a préféré laisser celui-ci à son compère Paco Plaza et se lancer dans un nouveau défi avec Malveillance, pur thriller polanskien à l’opposée de ses dernières réalisations.

Là où les REC jouaient sur l’hystérie et la frénésie d’une histoire sous forme de train fantôme, Malveillance est un thriller au rythme lent, prenant le temps d’installer son ambiance. A priori déstabilisant pour les personnes n’ayant découvert le travail du réalisateur que récemment, ce nouveau film opère en fait une synthèse assez parfaite des différentes œuvres de Balaguero, on retrouve le rythme lent d’un Darkness, l’unité de lieu et le microcosme de REC, et le final sanglant de A louer. En usant d’une réalisation et d’un montage sobres mais d’une efficacité redoutable (la scène dans laquelle César tente de s’échapper de l’appartement de Clara alors que celle-ci rentre avec son petit ami est un monument de suspense), Balaguero met en place un suspense redoutable de perversité. Car si Malveillance parait de prime abord bien sage en comparaison des précédents films du réalisateur de La Secte sans Nom, son script ressemblant fortement à celui du très moyen La Locataire, c’est pour mieux entraîner le spectateur dans une spirale infernale dont l’issue ne peut être que tragique.

Luis Tosar est juste monstrueux dans son rôle de concierge ne prenant son pied qu’en pourrissant la vie des gens qui l’entoure. Son personnage est d’abord plutôt attachant, voire pathétique dans ses lamentables manigances pour rendre malheureux les locataires de l’immeuble dont il a la charge. Mais à mesure que l’ampleur de sa folie et de son machiavélisme se dévoile, César devient de plus en  plus effrayant. Face à lui, objet de son obsession malsaine, la belle Marta Etura offre un parfait contrepoint lumineux, et on ne peut s’empêcher de prendre fait et cause pour elle.

Nouvelle pépite dans la filmographie de Balaguero, Malveillance pourra a priori décontenancer certains fans, mais réserve de nombreuses surprises et émotions fortes au spectateur consentant.

Note : 8.5/10

Espagne, 2012
Réalisation: Jaume Balaguero
Scénario: Alberto Marini
Avec: Luis Tosar, Marta Etura, Alberto San Juan

Jason Bourne: L’Héritage (The Bourne Legacy)

Critiques en vrac 68: Ted – Malveillance – Jason Bourne: L’Héritage – The Expendables 2
Résumé : Alors que Jason Bourne est en train de mettre à jour les agissements du gouvernement américain dans le projet Treadstone, d’autres agences gouvernementales s’affolent et tentent de cacher leur implication dans différents programmes secrets. Parmi eux, le programme Outcome, destiné à créer des super soldats totalement autonomes, est enterré par décision irrévocable du colonel Byer (Edward Norton). Les agents et scientifiques impliqués dans le programme sont impitoyablement éliminés. Seuls Aaron Cross (Jeremy Renner) et le docteur Marta Shearing (Rachel Weisz) réchappent de peu à l’hécatombe, et décident de faire équipe pour survivre…

Vu le pactole engrangé par la trilogie Jason Bourne, il était évident qu’Hollywood tenterait par tous les moyens de mettre en chantier un quatrième épisode, surtout que toute une série de livres écrits par Eric van Lustbader ont pris la suite de la trilogie de Robert Ludlum. Mais avec les défections de Paul Greengrass et Matt Damon, le projet sentait le roussi. Rien cependant qui puisse arrêter le studio Universal, qui a donc produit ce quatrième Jason Bourne… sans Jason Bourne.

Se déroulant en parallèle de La Vengeance dans la Peau, Jason Bourne : L’Héritage se concentre sur les ramifications du projet Treadstone, et en particulier sur un autre programme, Outcome, destiné à créer des supers soldats par manipulation génétique. Une manière comme une autre de continuer l’aventure sans produire officiellement un reboot de la série, bien que ce nouvel épisode en ait furieusement les apparences. Nouveau héros, nouvelle conspiration, nouveau méchant, tout ceci ne suffit pas à cacher le fait que cette nouvelle histoire est un décalque sans inspiration des précédents. Malgré une première demi-heure inutilement compliquée multipliant les intervenants et les images de La Vengeance dans la Peau (histoire de donner une certaine légitimité au titre du film), Jason Bourne : L’Héritage ne se résume au final qu’à une banale chasse à l’homme flirtant parfois avec la série B (voire Z) bas du front (le sérum magique qui permet au héros de définitivement rester un super soldat, le combat à mains nues contre le loup, le « super méchant » sorti de derrière les fagots par les vilains). A vrai dire, dans la dernière demi-heure, on a plus l’impression d’assister à un nouvel épisode d’Universal Soldier que de Jason Bourne.

Encore plus gênant, malgré tous les efforts de Jeremy Renner (un peu en mode tueur monolithique) on ne ressent jamais aucune empathie pour le nouveau venu Aaron Cross, celui-ci ne se révélant au final être qu’un camé ayant pour but unique de se trouver son prochain fix pour rester un super soldat. Heureusement, Rachel Weisz s’en sort un peu mieux en scientifique dépassée par les événements, et surtout Edward Norton s’impose avec aisance en bureaucrate véreux dirigeant les opérations de « nettoyage ».

Niveau réalisation, ce n’est guère mieux. Le film souffre d’un manque de rythme assez préjudiciable pour une bande d’action, l’histoire pourtant basique mettant une grosse heure à se mettre en place. Derrière la caméra, Tony Gilroy (Michael Clayton, Duplicity), scénariste officiel de la saga depuis le début, s’en sort à peu près correctement, sauf lorsqu’il tente d’imiter le style si particulier de Paul Greengrass. La poursuite finale est à cet égard totalement ratée, Gilroy ne réussissant qu’à proposer une bouillie visuelle illisible et fatigante.

Premier opus d’une probable nouvelle trilogie, au vu de son final ne résolvant rien, Jason Bourne : L’Héritage ne réussit jamais à renouer avec l’excellence des épisodes précédents de la saga. Encore une suite / reboot inutile à ajouter à la longue liste des films ratés produits par Hollywood.

Note : 4/10

USA, 2012
Réalisation: Tony Gilroy
Scénario: Tony Gilroy
Avec: Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Scott Glenn, Stacy Keach

The Expendables 2

Critiques en vrac 68: Ted – Malveillance – Jason Bourne: L’Héritage – The Expendables 2
Résumé : Après leur coup d’éclat en Amérique du Sud, Barney Ross (Sylvester Stallone) et ses Expendables sont forcés de mener à bien une nouvelle mission pour le mystérieux Church (Bruce Willis).Mais ce qui devait être une simple mission de routine prend un tour beaucoup plus personnel lorsque l’un des membres de l’unité est froidement assassiné par le mercenaire Jean Vilain (Jean-Claude Van Damme), qui tente de monnayer des armes nucléaires russes…

Suite au succès du premier Expendables, sympathique réunion des anciens du cinéma d’action testostéroné, une séquelle a très logiquement été mise en chantier, avec le but avoué de réunir un casting encore plus démentiel. Pari tenu, puisqu’en plus de Sylvester Stallone, Jason Statham, Jet Li, Dolph Lundgren, Randy Couture, Terry Crews, Arnold Schwarzenegger et Bruce Willis, sont venus s’ajouter pour un plus ou moins grand rôle Jean-Calude Van Damme, Chuck Norris et Liam Hemsworth, soit un casting de rêve pour tout amateur de cinéma burné. Sylvester Stallone n’ayant pas souhaité revenir à la réalisation, c’est cette fois Simon West (Les Ailes de l’Enfer) qui est chargé d’assurer le spectacle. Pas forcément un mauvais choix, vue la filmographie du bonhomme. Et il faut avouer qu’avec une ouverture sous forme de bourrinage intensif, West démontre qu’il est l’homme de la situation. Ces quelques minutes synthétisent avec bonheur tout ce qui faisait le sel de ce genre de productions : valeureux héros affrontant une armée d’ennemis 100 fois plus importante, punchlines à gogo, explosions et tuerie de masse, caractérisation des personnages par leur style de combat…

Malheureusement, le reste du film n’arrivera jamais à retrouver cet état de grâce. Le scénario est basique, ce qui n’est pas forcément une surprise ni un défaut, mais l’écriture est d’une lourdeur assez rare. Plutôt que d’exploiter son casting, The Expendables 2 préfère faire dans le basique et le clin d’œil référentiel tellement facile qu’il en devient ridicule : le « I’ll be back » de Schwarzy, conjugué à toutes les sauces, le « yipikaye »  de Bruce Willis, les blagues sur Chuck Norris, le coup de pied circulaire de van Damme, tout y passe avec des énormes sabots, et donne l’impression soit que les scénaristes ne connaissent rien de la filmo des acteurs en question, soit qu’ils prennent les spectateurs pour des incultes. Dommage, car les scènes « originales » sont plutôt réussies, comme la virée en Smart de Schwarzy et Bruce Willis, ou l’apparition surprise de Chuck Norris en sauveur providentiel.

Au niveau du casting, c’est un peu la même chose. Si Stallone se taille la part du lion et assure le côté émotionnel du film, Jet Li ne fait qu’une fugace apparition, Terry Crews et Randy Couture font quasiment de la figuration, et van Damme, pourtant génial en méchant sadique et sans pitié, est honteusement sous-exploité (il n’y a qu’à voir son combat final contre Stallone, du pur foutage de gueule). Seul Dolph Lundgren parvient à tirer son épingle du jeu en assumant le rôle de contrepoint comique.

Mais malgré tous ces défauts, The Expendables 2 s’avère tout de même assez rigolo et divertissant, surtout grâce à son rythme endiablé ne laissant guère la place à l’ennui. Au final, c’est ce qu’on attend de ce genre de production, même si, comme pour le premier opus, on aurait aimé un peu plus…

Note : 5.5/10

USA, 2012
Réalisation: Simon West
Scénario: Sylvester Stallone, Richard Wenk
Avec: Sylvester Stallone, Jason Statham, Jean-Claude Van Damme, Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis, Chuck Norris, Terry Crews, Dolph Lundgren, Randy Couture, Jet Li, Nan Yu


Articles liés


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :