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Je ne mourrai pas tout entier, Serge Koster

Par Mango
Je ne mourrai pas tout entier,  Serge KosterPrésentation de l'éditeur:Souvenirs mêlés, racontés dans le désordre, comme ils viennent, regrets, remords, joies, deuils et, au-delà de tout, le bonheur d'écrire, le désir irrépressible de tout dire: Je ne mourrai pas tout entier est de ces livres testamentaires qui, malgré la sombre lumière qui les baigne, sont les plus vibrants éloges de la vie. On y retrouve, l'intime et le public interférant sans cesse, aussi bien une histoire familiale tragiquement marquée par la Seconde Guerre mondiale que les obsessions amoureuses, les joies et les échecs de la carrière littéraire que les rencontres d'écrivains, d'artistes comme Francis Ponge, Graham Greene, Michel Tournier, Claude Lanzmann ou Bernard Giraudeau.
Je le dis tout net: j’ai adoré ce livre!  Voilà deux jours qu’il ne me quitte plus. Enfermée dans le silence sous prétexte d’un mal de dent qui m’exclut de toute compagnie,  j’en ai profité pour dévorer les chapitres de ce que Serge Koster a bien voulu retenir de sa vie d’enfant juif né en 1940,  mais français avant tout par amour de la langue  qu’il a enseignée et défendue tour à tour.
L’auteur commence par ses funérailles et termine devant des acras et un punch coco savourés avec la femme de sa vie, à la Rhumerie de Saint-Germain-des-Prés,comme si nous avions l'éternité pour nous.Entre ces  moments forts que sont la mort, la vie,  la postérité, circulent  ses souvenirs qui,  pour mon plus grand intérêt, se révèlent essentiellement littéraires. C'est un livre d'une sincérité étonnante, violente même, sur lui, sa vie, ses maladies, ses maladresses aussi avec les autres écrivains ou éditeurs qu'il a côtoyés, sur ses lectures, les auteurs qui font partie de sa vie. On ne s'ennuie pas une minute à lire  cette succession d' anecdotes et de  réflexions croustillantes,  inattendues et savoureuses sur le milieu littéraire et journalistique, parisien pour l'essentiel.
Quelques-uns de mes titres de chapitres préférés: Francis Ponge placé en abîme,  Petit corps malade, Ce que j'ai connu de Bernard Giraudeau,   L'amitié avec Tournier. Éloge de l'égocritique.
D'où me vient le goût d'écrire?De l'enfance.De l'insuffisance du sentiment d'exister.De la pénurie de caresses. Mais encore, d'où vous vient le goût d'écrire?Du désir de naître, de se faire connaître, reconnaître, renaître, être né.Et de ne pas mourir tout entier. (p.69)
Son quartette fondateur? Ponge, Proust, Léautaud, Racine, mais  "à son plus haut éclat, la prose française est portée par cinq auteurs: Montaigne, Saint-Simon, Rousseau, Chateaubriand, Proust, qui sont aussi, chacun selon sa mode, les champions du moi."
Cependant, plus que les remarques sur la littérature, ce sont les récits de ses rencontres avec les auteurs connus ou pas, les inquiétudes lancinantes et les angoisses sur  le corps qui faiblit et se fait douloureux, sur  la fin qui approche et la façon dont se jouera le dernier acte, toutes ces interrogations sur l'inévitable à venir  c'est tout cela qui m'a passionnée. C'est écrit dans une langue des plus classiques, claire et simple comme j'aime. Bref c'est un livre que je voudrais lire et relire, un livre de chevet comme on disait dans mon enfance.
Qui est Serge Koster? Je ne mourrai pas tout entier,  Serge KosterAuteur d’une quinzaine de romans ainsi que d’un ouvrage couronné par l’Académie française où il défend la grammaire, il a écrit aussi sur Francis Ponge, Michel Tournier  et a traduit Catulle et Martial. Il est aussi passé deux fois à Apostrophes chez Pivot et  a travaillé comme critique à la Quinzaine littéraire et à France Culture. Chaque année, depuis plus de vingt  ans,  il anime  le Printemps des livres de Cassis avec Antoine Spire,  journaliste à La Vie et au Monde. 
Bien entendu ceci n’est qu’un résumé beaucoup trop bref de ses activités mais  le livre est là pour mieux le découvrir. Moi, je l'ai aimé malgré les défauts qu'il semble s'amuser à accumuler sur sa tête. En ont déjà parlé : Yann MoixDavid FoenkinosJe ne mourrai pas tout entier de Serge Koster,  (Editeur: Léo Scheer, mars 2012, 280 pages )
Première participation au Challenge de Métaphore
Je ne mourrai pas tout entier,  Serge Koster

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